Chers lecteurs,
Toute l'équipe d'afric'edu vous remercie de suivre notre grande aventure. Nous tâcherons de vous faire partager nos impressions et de vous donner une description la plus complète possible de nos actions. Mais avant tout, une petite présentation des membres de l'association et de notre contact local s'impose. Nicolas Crussy, Pierre Guiol, Geoffroy Horaist, David Jousset, Guillaume Maisonnier, Patrick Parchoux, Joël Penka et Olivier Perraud constituent l'équipe d'Afric' Edu. Mme Sylla est la coordinatrice principale du réseau associatif locale. Vous découvrirez les différents partenaires au fil des newsletters.
Notre avion partant de Roissy Charles De Gaulle mardi 6 à 11h, il fallu se rendre à Paris et passer la nuit chez la soeur de Patrick, aux alentours de Rambouillet. Nous avons donc pris le départ lundi 5 en début d'après midi, après avoir mangé ensemble au foyer ECAM. Pour des raisons financières, nous avons fait le choix de monter sur Paris en voiture en passant par la national 7. Le voyage fut long et périlleux, mais après huit heures de voiture, nous avons enfin pu atteindre notre première étape. La nuit fut courte; malgré une journée fatiguante, l'excitation du départ et un réveil très matinal nous ont laissé que peu de repos. Mardi matin, levé à 6h, départ en train île de France à 7h, suivi du RER et enfin, arrivée à l'aéroport à 9H pour l'enregistrement des bagages. On retrouve au passage Joël, qui était monté sur Paris la veille afin de régler ses problèmes de VISA. Décollage Pour Madrid à 11h40 à bord d'un A320 de la compagnie Air Libéria. Deux heures de voyage insoutenable pour Billy, qui manifestement n'a pas une confiance absolue dans les nouvelles technologies! Après trois heures d'attente à Madrid, nous décollons enfin pour Dakar; six heures de vol avec une escale aux Iles Canaries. Nous arrivons sain et sauf à Dakar à 22h20 ou Mme Sylla nous attendait avec son mari. Toutefois, Djo ne trouve pas son sac aux tapis roulants. Nous apprenons aujourd'hui qu'il est resté à Madrid et que Djo pourra le récupérer demain (le 8). Mme Sylla nous accueille chez elle, à trois kilomètres du coeur de Dakar, dans la cité Isra, à coté du port commercial et de la baie. Nous nous installons dans une grande pièce où l'on met en place les moustiquaires, élément indispensable pour dormir sans être agressé
Aujourd'hui, 7 juillet, après une nuit salvatrice, nous prenons la route pour l'ambassade afin de signaler notre présence au Sénégal et pourquoi pas, avoir des entrées pour la réception de lambassadeur du 14 juillet. Le trajet est surprenant. Nous marchons pendant une heure le long de routes sans trottoir agitées par une circulation dense, passant d'une petite charrette de marchant de légume à un vieux camion rongé par la rouille transportant des ferrailles, sans parler des taxis jaunes et noirs. Une fois en centre ville, nous ne pouvons pas passer inaperçu, stoppés constamment par des marchants d'objets divers. Là commence de longues négociations et finalement, nous trouvons notre bonheur, plus ou moins bon marché. Une fois passée à l'ambassade et à la pharmacie pour prendre d'autres moustiquaires, nous regagnons la maison de Mme Sylla, en taxi cette fois.
La nous attend Rose, la fatou de la maison), avec un bon repas traditionnel, le Tib....... constitué de riz, poisson et épices. Avec ça, de délicieux cocktails à base de mangue, gingembre et Roy Boi (thé africain).
Aujourdhui, 8 juillet, grand départ pour Saint Louis de léquipe toute entière, et ceci à 6 heures du matin pour éviter la chaleur. Mme Sylla nous accompagne pour visiter les salles des futurs centres et nous présenter aux contacts locaux. 4-5 heures de routes pour faire 200km, assez dépaysant pour nous, de nombreux villages sont sur le trajet. Il y aura même un petit PV de 3000 FCFA (5 euros) pour un des chauffeurs qui navait pas vu un stop Le voyage que nous faisons nous montre un pays que lon peu décrire ainsi : une terre de sable avec des buissons éparses puis des arbres qui semblent secs et anciens. Parfois une forêt de baobab fait son apparition. Pour la foret de baobab il faut simaginer des troncs énormes distants de cents mètres sur lesquels quelques feuilles rappelle la chaleur. Le pick-up Toyota plein de ses 7 passagers en cabine roule prudemment sur la route. Doublant les fameux cars jaunes que chacun a déjà vu dans une revue, nous progressons à travers les villages traversés par la route bien goudronnée à leuropéenne. Les cultures napparaissent pas comme en France, denses et colorées, mais plutôt par les taillis qui les séparent du reste et les protègent du bétail croisé ici et là.
Dans tous les cas la présence de lhomme est apparente. Si ce nest pas directement cest par des installations ou des déchets bien trop nombreux. Dune manière générale lactivité est partout présente.
Arrivés à St Louis nous nous arrêtons dans ce qui sera notre premier centre et aussi notre logement pendant notre séjour à St Louis. Après un accueil très chaleureux par lensemble des partenaires locaux, nous visitons les lieux des autres centres ainsi que la salle qui nous servira à dispenser la formation. Nous apprenons que nous avons trois anges gardiens pour nous aider et nous faire découvrir le coin ainsi quune équipe de femme pour notre nourriture qui soit dit en passant est délicieuse (la dorade sénégalaise est fameuse). Après un copieux déjeuner, nous partons à la découverte de lîle, haut lieu touristique mais aussi le centre historique de Saint Louis qui fut la capitale Sénégalaise lors de la colonisation. Nous sommes assistez de As et Mamadou qui nous évite bien des tourments pour les toubab (blanc) que nous sommes. Nous avons eu aussi le droit à des noms Sénégalais car les prénoms européen sont un peu trop olé olé pour le coin, une liste arrivera bientôt pour ceux que cela intéresse Nous avons profité de cette visite pour envoyer quelques mails à partir dun cybercafé local afin de rassurer nos familles (No news, good news ????) et aussi pour faire une petite pause chez As qui habite juste devant le quartier des pécheurs.
Le centre de St-Louis, « lIle » ressemble à un décor colonial, un peu vieilli. Les maisons à deux étages montrent leurs généreux balcons inutilisés. Dun coté de lIle le pont Eiffel construit en 1931, de lautre les longues et lourdes pirogues traditionnelles qui font leurs balais quotidien. Le soir le marché réuni une activité débordante dans une nuit qui vacille au rythme des lumignons des taxi dont les propriétaires sont fières. Des étalages se dessinent dans la nuit ; les enfants dorment derrière les denrées et les senteurs des grillades portées par la brise marine allèchent le passant pour être immédiatement couvert par les gaz déchappements, omniprésents. Les voitures forment un balai incessant, infatigable profitant de la fraîcheur de la nuit. 3 Francs Français pour la course, le taxi est incontournable. Quant à léquipe, elle commence à se fondre, à comprendre les mécanismes de la vie africaine Nous faisons notre entrée.
A bientôt pour de nouvelles aventures
Chers lecteurs,
Nous voilà parti pour la deuxième partie de notre aventure, nous espérons que la 1ere partie vous a plu et quelle na pas été trop douloureuse à lire.
Vendredi 9 Juillet
Première nuit à Saint Louis, plutôt reposante, malgré lappel à la prière de la mosquée toute proche vers les 5h et 5h30 du matin. Ce matin, accompagné de Asse, une partie de léquipe part sur lîle pour aller au consulat de France afin de nous déclarer et prendre contact avec le consul qui nous a reçu après une bonne heure dattente, bonne nouvelle pour joel, camerounais, qui devrait pouvoir assister à la petite fête du 14 juillet.
Lautre partie reste au premier centre pour préparer un peu le planning des premiers jours de la formation qui, pour les gens dici, sera un véritable séminaire. Nous travaillons avec 4 associations qui ont sélectionné chacune 6 personnes et ceci avec CV, lettre de motivation et tout le tutti ! Nous sommes plutôt impressionné par cette organisation mais cela est un gage de réussite. Nous avons aussi réglé au cours de cette réunion les différents aspects de notre séjour, linge, restauration, etc Les Saint Louisiens sont vraiment des gens très accueillants et nos contacts sont véritablement motivés, cela nous réjouit réellement. Nous profitons aussi de lattente de lautre groupe pour discuter longuement avec Mme Diop de lAfrique et des problèmes omniprésents.
Notre adresse est Route de Dakar, quartier Pikine (après la pharmacie pikinoise). Cest ladresse que nous donnons aux « taxi drivers ». Cependant les dimensions de St Louis rendent certains trajets possibles à la marche, dautant plus quil nous faut exercer une certaine activité physique pour justifier les repas abondants et de qualité. Fatim, qui nous prépare à manger, à lhabitude des estomacs européens fragiles : elle nous ménage et pour linstant aucun ennui gastrique nest à déplorer ; bien au contraire. Il semblerait que la cuisine anime certaines passions puisque David a filmé la préparation de la viande. Mis à part la cuisine il y a aussi les détails comme lencens, le Thiouly, qui se répand dans notre chambre dans la quelles les 5 moustiquaires et le ventilateur dépaysent jusquà nos nuits ! Les repas sont tantôt Sénégalais tantôt européens. Nous pénétrons la vie locale par tous ces détails, lappel de la prière, les tapis déroulés à moitiés dans le sable, les mouvements des dos qui se prosternent et la voix arrivant du Minaret. Tu as besoin de tongues ? OK. On va à 30 mètres dans la boutique, tu as des chaussures pour 5FF.
Laprès midi se décompose en une bonne sieste et un petit tour à hydrobase, la plage la plus prisée de Saint Louis, des rouleaux de plus dun mètre et un très fort courant ne nous découragent pas mais attire quand même notre attention. A vue dil, leau doit être à 25 degrés, plutôt agréable donc pour les européen que nous sommes. Le voyage de retour nous permet, tout comme lallée dailleurs, de passer au travers du quartier des pécheurs, le Genda (gens de la mer en Wolof) avec son lot dodeurs et de dépaysement pour nous. Les étalages de poissons séchés dégagent une forte odeur dans laquelle baigne un concentré de vie africaine : des zébus, des chèvres, des moutons, des pirogues et leurs pêcheurs saffairant. De partout une nuée de gamins jouant ; les baby foot sont dehors. Une grande partie des personnes sont habillées à leuropéenne, et souvent mieux que le français moyen. Le goût est plus éclatant, le sourire contrebalançant largement les imperfections ou lusure des vêtements. La touche luxueuse que peu amener certaines parures contraste trop souvent avec le cadre. Le cliché choc est constitué dune belle femme dans une belle parure préparant à manger dans un décor quun toubab (homme blanc) caractériserait de chaotiques.
Samedi 10 Juillet
Après une bonne nuit, malgré lappel à la prière quotidien (à 5h) de la mosquée, bien protégés sous nos moustiquaire, nous nous réveillons frais et dispo pour cette nouvelle journée sénégalaise.
La matinée fut tranquille, un groupe est allé au cyber sentoo pour vérifiez les emails avec Tine Macoumba, un de nos ange gardien, qui sur le voyage du retour nous a présenter Moussa Ndiaye, un de ses amis qui nous parait très calé en informatique, il pourra donc nous aider si nous devons acheté du matériel sur Saint Louis. Un autre groupe a été se promener dans le quartier pour retirer de largent. Au retour de tout ce beau monde, il a fallu commencer à être sérieux, nous avons donc commencé le test de niveau que nous donnerons à nos élèves lundi matin.
Dune manière générale on peu dire que les journées sont peu remplies et que la tranquillité règne. Pour nous comprendre il faut se souvenir et remonter dix jours en arrière : dernière épreuve (Génie électrique) écrite de la série des examens qui nous auront mis la pression pendant plus de 2 semaines et demies (et oui, lingé ECAM sait se faire exploiter !). Ces épreuves sanctionnant lapprentissage dune année trop pleine et finies, nous avons du déshumaniser nos logements étudiants dans lesquels nous avions accumulé 4 ans de vie. Puis les répartir chez soi, reprendre contact avec nos parents et préparer le sac pour le Sénégal.
Faut-il plutôt tel ou tel médicament ? Comment faire avec largent ? Moustiquaire ? Trop de questions, du stress et beaucoup de fatigue. Les préparatifs puis les adieux, les copains quon ne reverra pas, les copines. Les Travaux de Fin détudes vont nous séparer pour un an ; après 4 ans passés ensemble sur le campus de l ECAM La vie professionnelle (expression effrayante trop pleine de liberté et de laideur) arrive vite, très et peut être trop vite. Cest triste mais on en avait besoin. Ca y est, on est en voiture pour Paris, la nationale Pas le temps de réaliser ce qui nous arrive, de nous poser chez soi en ayant une perspective Le soir à Paris il faut dormir car levé à 5 heure pour la traversée de Paris. Puis une journée passée dans les avions et leurs ruches. Ambiances bruyantes ou sévit la faim labellisée IBERIA AIRLINES : impossible de réfléchir. Lendemain : Dakar, folie urbaine. Puis St Louis, calme, ambiance reposante. Nous avons nos repères. Notre maison, enfin notre chez nous. Même sil ressemble plutôt à un campement détudiants en déroute nous pouvons nous asseoir ici chez nous.
Enfin du calme. De la liberté, on peut aller et venir à notre guise sans préoccupation. La lecture prime, les ballades en ville, les discussions. Et mêmes les moments de vides. Regarder cette route ou les klaxons sont différents. Contempler une vie qui nest pas la notre mais lest quand même ; par définition. Entendre les klaxons, amicaux, ils préviennent «fais attention, jarrive ». Ils ne sont pas parisiens, plein de haine pressée. Ils ne sont pas là pour protéger la valeur dune Porsche Turbo mais pour protéger la vie disposée le long de la route.
Léquipe remercie les personnes qui lisent nos aventures et essaye de nous comprendre. Elles en tirent un bénéfice et nous prenons le temps de faire de notre mieux. Malgré cela vous pouvez avoir des remarques : newsletter trop longue, pas assez fréquente, trop chaotique... Nous attendons vos remarques.
Les contributeurs : Geoffroy, Pierre. (Alioume et Abasse)
Chers lecteurs,
Nous voilà parti pour la troisième partie de notre aventure, nous espérons quelle vous plait. Ces récits ne sont pas à lire devant vos écrans, ils sont à imprimer et à lire dans les embouteillages, le métro, bus, tram, et ceci pour vous sortir de la vie européenne que nous connaissons tous Pour ceux que le nombre de fautes dorthographe et de grammaire gêne, nous nous en excusons par avance, le but de cette news letter étant, à nos yeux, un moyen de vous faire vivre lexpérience unique que nous vivons, et non un devoir.
Le dimanche au Sénégal est synonyme de repos, surtout après un retour tardif de lIguane Café, pub dansant qui se situe sur lîle. Cest Tine et As qui nous ont guidé dans ce lieu, et cest avec leur aide que lentrée fut gratuite. Nous avons ainsi pu découvrir la bière locale, mais tout cela est resté très européen quand même. Les ventres malmenés on laissé leurs possesseurs assis alors que les autres ont pu danser dans un ambiance bon enfant.
En effet, ici personne ne boit dalcool à part les étrangers. Aller dans un bar, pour un St louisien musulman, nest pas une bonne chose et est mal vue. Tine habite dans le centre et connaît beaucoup de monde, on le surnomme « le maire » ; son grand père était un grand notable. Malgré sa petite carrure Tine a 20 ans et est en première S. Ici cest lâge normal, la scolarité commençant plus tard. Demain il participera à la première matinée de formation théorique que nous dispenserons au 24 candidats. Nous lui apportons un savoir et lui nous guide la journée pour nos déplacements, nos achats, etc Il faut savoir quici, il ny a pas détiquettes dans les magasins, mais surtout des profits augmentés avec la clientèle blanche. Il faut dire que, mis à part les Toubab (hommes blancs) qui vivent ici, les touristes se repèrent bien. Dailleurs nous commençons tout juste à prendre de lassurance vis-à-vis des locaux. Repousser les vendeurs itinérants devient plus aisé.
Cest ainsi que la journée de dimanche sest déroulée tranquillement, nous avons comme dhabitude pus goûté une nourriture sénégalaise exquise qui nous change des plats de pâtes que tout bon étudiant connaît peut être trop bien.
Lundi, premier jour de formation, elle restera théorique car les ordinateurs, actuellement, voguent sur locéan atlantique, et oui, eux aussi ont de la chance Cest ainsi quun réveil matinal nous a sorti de notre torpeur, trop tôt pour beaucoup dentre nous. Les cours commençants à 9h, il fallait que lon y soit plus tôt pour imprimer et photocopier le test que nous avons concocté. Un peu de marche à pied dans le quartier de Sor qui se réveil nous rappel la chance que nous avons de dormir à un par matelas. Des enfants sont encore à dormir par terre, avec des chiens à lhygiène douteuse qui traînent dans les parages. La pauvreté est parfois effrayante, elle touche beaucoup de monde et cest dans ces moments que lon se rend compte réellement que le projet que lon monte va aider. Cest peut être une goûte deau, mais petit à petit, si chacun essaye, cela fera avancer les choses et nous arriverons à quelque chose avec ce magnifique continent quest lAfrique.
Il est vrai quavant le départ le moral du groupe nétait pas au plus haut avec le refus du ministère des affaires étrangères de nous verser une bourse (60% du budget prévisionnel). Nous avions alors décidé que nous emprunterions de largent à lECAM pour maintenir le projet, chose faite. Nous ne regrettons pas, bien au contraire nous aidons et recevons beaucoup en échange. Nous aurions bien sur aimé vendre plus de T-shirt, être un peu plus supportés par notre environnement que par des encouragements. Le premier cours à été donné par Patrick et David qui ont essayé tant bien que mal dadapter leurs discours à un auditoire de niveau varié. En effet, comme les résultats du test nous lon montré, certaines personnes nont jamais allumé un ordinateur et par conséquent pour qui le clique gauche de la souris ne signifie strictement rien, alors que dautres personnes savent déjà rédigé un rapport complet sous Word.
Le déjeuner nous à été gracieusement offert par Mme Diop Nafissatou. Un délicieux tieboudien (désolé pour lorthographe phonétique, le wolof à une prononciation étrange qui a un peu de mal à rentrer, et de toute façon cest une langue qui ne sécrit pas). Tout cela suivit par le thé et un bon jus de pain de singe, fruit du baobab, pour nos estomacs un peu secoués en ce moment. Le soir, cela a été la fièvre du jeu, des machines à sous, des tables de poker, de la roulette, du bruit des pièces tombantes après le triplé gagnant Tout cela au Laser, casino de Saint Louis. Nous avons espérer pourvoir gagner le dédouanement de notre container, et bien cela nest pas gagné En fait nous avons été dans ce lieu de « perversion » pour aller à une soirée co-organisée par une des association avec qui nous sommes partenaires sur Saint Louis : le carrefour de la femme. Cependant, les sénégalais ont des heures de sortie plutôt tardives, et nous avons appris le lendemain que les « people » sont arrivés vers 2h du matin. Comme nous travaillons ardemment le matin pour la formation, nous quittâmes les lieux vers minuit Des places gratuites nous attendent pour samedi prochain, on pourra leur montré de quel manière les toubab dansent et font la fête (En essayant déviter le modèle Bar ECAM).
Le Domaine est le lieu de formation de nos 24 candidats. Il est situé à 20 min à pied de notre maison. Chaque matin nous parcourons les ruelles ensablées, bordées de marchands de mangues, de vielles carcasses de camion. Les enfants vêtus de T-shirts imprégnés de cambouis jouent au foot avec des canettes de coca vide. La simple vue dun « Toubab » les fait sourire. En parlant de sourire, jaimerai vous faire part de ce que jai pu lire dans un des bureaux du Domaine, dans un petit cadre accroché au mur :
Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup. Il enrichit les gens qui le donnent. Il ne dure quun instant mais son souvenir est parfois éternel. Personne nest assez riche pour pouvoir sen passer, et personne nest trop pauvre pour ne pas le donner. Il crée le bonheur au foyer. Il est le signe sensible de lamitié. Un sourire donne du repos à lêtre fatigué, qui rend du courage au plus découragé. Et si quelquefois vous rencontrez une personne qui ne vous distribue pas le sourire que vous méritez, Donnez lui le votre car nul na autant besoin dun sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.
Pour les St louisiens, le Domaine est la zone industrielle. Cest ici que lon trouve des usines de tournage, fraisage. Trouver dans un tel lieu de si belles paroles est tout à fait surprenant. Mais ce nest quun exemple de ce quon peut trouver à St Louis. Les murs de la ville sont remplis de messages de paix et despoir. Lun dentre eux ma particulièrement plu : « Au lieu de te donner du poisson tout les jours, je vais tapprendre à le pêcher » Je vous laisse comparer ces paroles à celles que nous voyons taguées dans nos rues françaises.
A bientôt,
L'équipe d'Afric'Edu
Chers lecteurs,
Nous voilà parti pour la quatrième partie de notre aventure, nous avons reçu quelques remarques. En fait, elles viennent principalement de nostalgiques de Saint Louis ou de Dakar qui ont de fortes envies de nous rejoindre. Merci aux autres qui nous soutiennent.
Nous commencerons cette 4eme lettre par un petit récapitulatif des associations avec lesquelles nous travaillons :
Nous allons installer un centre pour chaque association, une quinzaines de PC à chaque fois, avec apparemment une connexion ADSL via satellite.
Deuxième journée de cours, ce sont Guillaume Mamadou et Geoffroy Alioume qui se sont chargés de répandre la bonne parole aux infidèles. Cela a consisté à dispenser un cours et à corriger le test de la veille, ce ne fut pas chose facile mais, tels les croisés devant Jérusalem, ils ont tenu bon et ont réussi.
Ce test a permis de faire des groupes de niveaux et de définitivement résoudre les problèmes deffectif. En effet, lassociation AFSDN, étant la plus nombreuse, avait présenté plus que les 6 élèves requis. Notre président à tranché, cest 6 élèves par assoc, et pas plus. Cela afin que la formation soit la plus profitable possible et que plus tard, les centres que nous montons soient correctement administrés, avec une certaine pérennité.
Pendant ce temps là, les autres membres de lassociation ont pu vaquer à leurs occupations : se reposer, lire tranquillement des journaux qui commencent à devenir périmés (car pris à laéroport pendant le voyage de départ), aller au cyber pour envoyer quelques mails, en bref une matinée harassante. Rien de tel quun bon plat de spaghettis pour rassasier nos estomacs qui crient famine et cest parti pour une bonne sieste suivie du traditionnel thé Les débuts daprès midi sont très durs ici au Sénégal, mais nous nous efforçons de respecter les coutumes locales le mieux possible. Et oui cest loin dêtre des vacances pour nous La suite est légèrement plus sérieuse, grosse réunion avec les responsables des formations et les président(e)s (ou délégué(e)s) des quatre associations pour faire le point sur le début de la formation, les groupes de niveaux, les problèmes deffectifs et le problème de lassociation du réveil de la femme qui na toujours pas de local pour le centre. De plus le niveau des membres de cette association nous fait craindre que le centre ne puisse pas tourner correctement. Heureusement, toutes nos questions trouvent réponse, cela nous rassure mais nous attendons de voir.
Après ce gros effort intellectuel, nous avons continuer les activités physiques, quatre au cyber et quatre en vadrouille pour aller tâter du ballon de basket avec les Saint Louisiens. Lhonneur est sauf, Joël, Patrick, Nicolas et Olivier, aidés dun sénégalais, ont gagnés. Seul soucis pour Joël qui à un peu la poisse en ce moment, son sac à été visité pendant les félicitations finales : un portefeuille et un maillot de basket ont décidés daller se promener sans autorisation. Heureusement rien de grave, les documents importants nétaient pas là. Le soir aussi a été sérieux, et oui ça arrive, il a fallu préparer les cours du lendemain. Joël, Patrick et Pierre pour le groupe renforcement; David, Nicolas et Olivier pour le groupe initiation. On va bientôt devenir des profs aguerris
Aujourdhui, fête nationale, on va rater le traditionnel défilé sur les champs Elysée, dommage On va se rattraper avec la petite réception du consul de Saint Louis ce soir, espérons quil sait recevoir Ce matin, les cours ont été dispensés correctement, pas de problèmes apparemment. On a quand même un peu de mal pour ce qui est du niveau de nos cours, les groupes sont très hétérogènes. Cependant les élèves sont motivés et attentifs en cours, cela aide grandement. Petite visite chez le docteur pour Geoffroy, il en fallait un dans le groupe qui attrape une gastro, cest chose faite Rien de grave.
Sinon mauvaise nouvelle ce matin, Mme Sylla nous a prévenu que le container était arrivé à Dakar mais que le trajet Dakar - Saint Louis navait pas été payé, nous on dit que oui Il va y avoir du sport Les négociations sont à venir, il va falloir jouer de la ruse et de la fermeté pour nous faire entendre La météo commence à changer et à la place de la brume protectrice accompagnée dune légère brise marine nous avons le soleil direct. Les murs, peu épais, chauffent les maisons comme de fours et le peu de vent qui reste peine, le soir, à pousser les moustiques vers lintérieur des terres. Il faut maintenant faire attention aux insolations ; mais la bonne nouvelle vient du docteur consulté par Alioune qui assure que leau de St Louis est bonne et que nous pouvons donc éviter dacheter les bouteilles deau minérale (3FF).
Après une bonne sieste, nous voilà sur le départ pour le consulat, le rendez vous est à 18h, lassociation se regroupe devant, en effet un petit groupe à commencé les démarches pour contacter notre transporteur. Un jolie discours du consul (Vive le Sénégal, Vive la France), le levé des couleurs françaises et sénégalaises, les hymnes nationaux et le banquet est ouvert avec en fond la retransmission du défilé du 14 Juillet de Paris, finalement, on y aura eu le droit Les personnes présentent à cette réception sont de tous les horizons, entre les touristes ou associations comme nous, les expatriés, les officiels français et sénégalais, les invités dhonneurs, les anciens combattants, le ministre du tourisme qui est maire de Saint Louis, lévêque du diocèse, limam de la région de Saint Louis et jen oublie certainement. Cela fait du beau monde, peut être un peu trop protocolaire à nos yeux. En tout cas les petits fours était très bons, et les verres bien remplis. Les sénégalais ne buvant pas ou peu dalcool, les serveurs avaient un peu de mal à doser correctement les verres.
Pendant la réception, nous nous sommes divisés en deux, un groupe est reparti à Pikine pour dîner tranquillement et a ainsi pu profiter dun magnifique couché de soleil sur lîle de Saint Louis. Des couleurs de carte postal reproduisant toute la gamme des oranges sur une mer paisible, avec en fond les palmiers de la langue de Barbarie et la pirogue juste dans le halo de lumière un vrai régale qui nous laissa rêveur dans un taxi affichant plus de 450 000 Km au compteur.
Lautre groupe a profité pleinement des petits fours et des verres bien rempli, mais aussi du bal guinguette organisé au Tennis Club, haut lieu de rencontre des toubab sédentairesLe barman ayant goûté aux différents alcools avant de les servir (histoire de vérifier quils nétaient pas empoisonnés sûrement ???), offrait généreusement à boire à qui le demandait. Tout cela donna une atmosphère au son de laccordéon assez épique. Cependant, ce petit bal nous permis de rencontrer dautres jeunes qui sinvestissent dans le développement de lAfrique, notamment des étudiant de pharmacie ou de médecine qui travaillent à lhôpital régional de Saint Louis. Une soirée bien remplie au final.
Il est à noter lambiance particulière qui régnait au tennis club : « expat. ». Cest une ambiance très particulière que lon peu difficilement décrire. Il a tout dabord quelque chose danormal : une majorité de blanc. Beaucoup de vieux à la peau cuivrée par les années St Louisiennes ; quelques touristes et des hommes daffaires aux allures marseillaises qui on préféré quitter la France pour exercer leurs talents de « commerçants » ailleurs. Mais dans tout ce monde on sent quelque chose de commun, sûrement le manque de la métropole, ou peut être de lhiver (pourquoi pas) ou tout simplement la vue dun arbre « normal ».
Toujours est-il que lassemblée arrosait bien notre fête nationale. Lalcool permettant une communion commune à des prix dérisoires (un paradis pour ECAM ?).
La vie est constituée de différences. Dieu la voulu comme ça. Ici les enfants des plus pauvres vont à lécole coranique (la moins chère). Ils mendient toute la journée pour limam et gare à celui qui, le soir, ne ramènera pas ses 250gr de sucre et les 250 CFA. Ces gamins, habillés de haillons noirs de crasse vous suivent sur plus de 100 mètres en tendant leur main. « Non, jai déjà donné, non » refuser encore et encore. Cest injuste, juste au moment ou je remarque que jai une pâtisserie dans la main achetée il y a deux minutes aux « Délices du Fleuves ». Trop tard, nous sommes déjà dans le taxi ; il démarre, juste le temps de tendre par la fenêtre un bout de gâteau et de recevoir un sourire unique dans ce visage de mendiant plein de sable. Un sourire radieux.
Merci à nos fidèles lecteurs, quils soient de nos familles, de nos amis, du personnel ECAM ou des sponsors sans qui ce projet naurai pas eu lieu. A bientôt pour un nouvel épisode de votre saga préférée de lété.
L'équipe d'Afric'Edu.
Chers lecteurs,
Nous voilà parti pour la cinquième partie de notre aventure, et oui déjà 10 jours que nous sommes en Afrique et nous ne sommes pas aux bouts de nos surprises, que vous découvrirez en temps et en heure
Réveil difficile après la soirée dhier qui nous a amené dans les bras de Morphée fort tard. Cela ne nous posa pas de problème grâce à lentraînement que tout bon étudiant subit tout au long de lannée. Et oui, que ce soit à lECAM ou à luniversité Lyon 2 (pour Nicolas), nous sommes des étudiants brimés et soumis à la dure loi de la fête entre les examens Nous vous certifions que ce na pas été facile tous les jours.
Trêve de plaisanterie, le cours a été dur, de la concentration, de la craie, beaucoup de craie Ici, il faut tout noter au tableau noir, la prise de note est inexistante. Pourtant le niveau en « renforcement » est très satisfaisant, ce qui nous rassure sur lavenir des centres.
Les après midi commencent à se ressembler, cela prouve que nous commençons à nous poser un peu, les jours sont chargés, la santé générale du groupe laisse un peu à désirer en ce moment sauf pour Joël qui tient le coup, donc pas de folie de jeudi après midi et dans la soirée. Il y a bien eu quand même une petite prise de tête sur les cours à dispenser le lendemain, le niveau initiation rencontre réellement des difficultés. La question qui se pose est la suivante : comment faire en sorte que des personnes qui nont pas de cours/formation depuis très longtemps, qui nont jamais vu dordinateur avant le début de la semaine, apprennent à surfer sur Internet tout en sachant ce quest un disque dur, un périphérique, etc en très peu de temps. Un vrai défi pour nous mais on y arrivera.
Bientôt le week-end, nous avons encore dévoré des craies, rempli de charabia des tableaux noirs, transpiré, expliqué. Tout cela na pas été vain, les élèves progressent, nous sommes fiers deux. Nous entrons enfin dans un grand week-end. Pour linstant nous navons rien prévu mais la langue de barbarie nous attire Nous commençons à être familiers de lîle, ses rues dune autre époque. Parfois on sattend à voir la tête dun colon, négociant bordelais, passer la tête par la fenêtre. Lancien mess des sous officiers, qui semble avoir été le terrain de combats destructeurs, donne un aspects fantomatique. La colonisation semble avoir été inversée. Les chèvres et les moutons sont légions. Les détritus, jetés par terre à tout moment finalisent un tableau peu flatteur mais tellement vivant.
Ce soir, alors que les estomacs tentent de reprendre le contrôle, nous avons mené une guerre totale contre les moustiques. Après avoir abandonné 50 % de la maison (salle où nous stockons les sacs + sanitaires) à lennemi, nous nous sommes retranchés sous nos moustiquaires. A lintérieur de ces casemates imprenables, tel le fromage sous sa cloche, nous contrôlons lespace aérien extérieur et écrasons impitoyablement lennemi qui se pose inconsciemment sur notre dernier rempart.
Le samedi repos et sport. Nous dormons beaucoup tel les locaux. Il faut rattraper les heures passées à écouter, bien malgré nous, lappel à la prière qui est fait par une sorte de chant dissonant avec une voix rauque. De plus il faut ajouter lamplification sonore qui donne un aspect métallique à la voix sans oublier les grésillements. Pour finir, ajoutons les 5 mosquées environnantes qui nous arrosent également par leurs émissions sonores. Pour consolation, nous avons des mangues aux saveurs uniques et la perspective de pouvoir faire un tour en taxi pour 3FF.
Il y a encore dautres choses qui dérangent : les convois officiels. Nous qui sommes sur la route de Dakar, aux premières loges dun ballet à 70km/h. Il est composé dune vieille Harley montée par un gros policier gesticulant (toujours le même), dun gros 4WD Toyota transportant les forces de lordre puis dune ribambelle de 607 nickels au vitres noires, ensuite suivent les moins importants dans diverses voitures plus ou moins chargées. Le tout roule à une allure supersonique comparée aux calèches et aux camions poussifs habituels.
On retrouve toutes ces voitures devant lhôtel xxx qui les reçoit plutôt quà lintérieur du palais du gouverneur où ces personnes auraient pu travailler. Daprès les dires de locaux ces voyageurs nont pour objectifs que de passer une bonne soirée et de profiter des ressources tant nutritionnelles quhumaines de St Louis. Triste sort réservé à lélite qui a la dure tâche de tenir les rênes dune calèche géante.
Le samedi soir, la jeunesse sénégalaise qui a la chance davoir des sous est de sortie. Cest pour cela que nous sommes allez faire un petit tour au laser, discothèque renommée de Saint Louis avec son casino. Pas de frénésie devant les machines à sous mais plutôt la fièvre du samedi soir sur la piste de danse. La musique sénégalaise nous change des habituelles musiques techno et RnB de la France. La nuit fut longue, les soirées commencent à 1h du matin, le retour fut donc au moment du premier appel à la prière de la mosquée voisine, soit 5h du matin. Cest dur dêtre au Sénégal.
Réveil tardif, il faut récupérer de la nuit Un bon petit déjeuner et hop, à la sieste on souffre beaucoup ce matin Pour le déjeuner, Pierre, Olivier et Nicolas sont invités chez Time, un bon plat local les attendait : du poisson grillé nommé Yassa dans nos souvenirs, à vérifier. Pendant ce temps, les autres sont restés tranquillement à Pikine pour finir de récupérer avant daller braver locéan sur une nouvelle plage : la plage Salsa.
Cette plage se situe complètement au nord, à quelques mètres de la Mauritanie. Cest un lieu qui à nos yeux est bien plus agréable que lhydrobase, il y a beaucoup moins de monde, pas de vendeurs pour les toubab, un sable fin, tel celui des films. De plus, cet endroit paradisiaque se situe juste à coté du village des pécheurs, on peut donc voir des pirogues séchant sur la plage, les petits enfants criant « toubab toubab ! » en nous voyant. Leau y est aussi plus propre, en effet ce lieu magique se situant au nord, cest avant Saint Louis, les courants ne ramènent donc pas de pollution. En résumé un petit coin de paradis pour nous, on y retournera pour des jogging et des séries de pompes face au sénégalais.
Bonne semaine à vous.
L'équipe Afric'Edu
Chers lecteurs,
Nous voilà parti pour la sixième partie de notre aventure, si vous avez des requêtes, nhésitez pas. Garry, on attend toujours le container de mars et de twix
Cest reparti pour une semaine de cours, le container nest toujours pas arrivé, il nest même pas sorti du port de Dakar. Cela commence à nous inquiéter un petit peu, raison pour laquelle Joël et Guillaume partiront demain aux aurores avec les poches pleines de billets pour trouver un terrain dentente avec les autorités sénégalaises et avec le transporteur.
Les cours se déroulent toujours très bien. Léquipe renforcement va bientôt atteindre le niveau administrateur réseau ;-) A base de passerelles et de HUB, leurs cours doivent les dépayser des chèvres qui gambadent dehors, des boissons à base de fruits maisons. Vous pensez que nous déconnectons les cerveaux ? Non ! On a juste été très surpris par les préparations de Fatim qui sont dignes des grandes boissons américaines mais purement à base de fruit.
Cet après midi, cest à dire après la sieste vers 5h nous sommes retournés à la plage. Une heure de baignade dans la mère nourricière pour faire disparaître toute trace de fatigue, de stress. Dans leau nous avons joué comme des gamins, dautres locaux se joignent à nous. Mass, pêcheur depuis 4 ans a déjà une musculature impressionnante. Il le sais et joue avec, il jette son frère puissamment dans leau pour jouer et pour montrer que cest lui le maître.
Cependant lorsquils samusent à faire de lapnée et que je mintroduis (Marvine dit Abass), ils sétonnent de me voir gagner contre les deux frères. La règle est simple. On forme un cercle en se tenant les mains et on plonge après avoir compté jusquà trois. On peut ainsi sentir ses rivaux dans ses mains. Attirés, les autres membres dAfric Edu se joignent et le résultat donne une demie finale constituée de Guillaume, Mass, David et moi. Lamateurisme étant de mise nous arrivons environ à 30 secondes. Pour la finale Mass et moi sommes retenus. Malheureusement, grâce à une ruse de son petit frère qui me donnait gagnant et me fit relever la tête trop tôt, la finale est remise à plus tard. Mass parle mal le français car il na pas été longtemps à lécole. On arrive tout de même à se dire à bientôt, et à se promettre une finale le lendemain ou sur lendemain.
Mardi 20 Juillet
Cest reparti pour une matinée de cours, le double clique et la création de dossier dun côté, translation dadresse IP et routage de lautre côté ça avance, un peu douloureux de temps en temps, il faut du calme, beaucoup de patience et ça roule comme sur des roulettes.
Sinon notre équipe sest, comme prévu, réduite ce matin par le départ de Guillaume et Joël en taxi brousse. Il faut les imaginé à 5 entassés à larrière dune 505 break qui doit aligner quelques centaines de milliers de kilomètres au compteur, peut être des poules dans le coffre, qui sait ? Je pense quils vous raconteront avec joie cette aventure épique, à leur retour.
Bonne nouvelle aujourdhui, le litige sur le fait que nous navions pas payé le transporteur entre Dakar et Saint Louis est résolu, un quiproquo parait-il. Il nous reste donc à voir pour le dédouanement et le tour est joué.
Nous avons pus goûter aux joies de lhivernage avec notre première coupure de courant ce soir. Cela avait commencé par des baisses de tension puis dun seul coup, vers 8h, black out complet dans tout le quartier et aux alentours. Rapidement les bougies se sont allumées pour aider Fatim dans la préparation du repas. Ce qui nous a réellement frappé cest la réaction des gens : il ny en a pas, toujours autant de monde dans les rues, les phares des taxi allumant les trottoir par intermittence, les chèvres continuant à tourner autour des maisons. Cest comme ci rien ne sétait passé, surréaliste presque. La coupure dura un certains temps (2 petites heures) ce qui nous amena à un dîner aux chandelles, plutôt à la chandelle pour 8 ; et une vaisselle à la lampe frontale
Les cours senchaînent les uns après les autres, les élèves tiennent le choc, il ny a toujours pas eu de démission volontaire, tant mieux. Larrivé des ordinateurs commence à se faire attendre, la théorie cest bien mais il ne faut pas en abuser.
La grande nouvelle du jour nous vient de Dakar, des chiffres sont tombés : 200000 FCFA (300 euros) pour le port de Dakar (déchargement du container, etc) et pour le dédouanement 385000 FCFA (590 euros). Et oui, Afric Edu ne fait pas que monter des centres informatiques en Afrique pour développer les NTIC, lassociation sponsorise aussi la construction de piscines dans les riches villas des douaniers autant dire que le moral nest pas au top et que les rires tendent vers le jaune. Il faut savoir que lon a tous mis 1000 euros dans laffaire et que nous avons emprunté à lECAM 2000 euros juste avant de partir, qui seront à rembourser plus tard (les bourses du CROUS devraient nous aidé mais pas complètement). No comment On attend des précisions de Guillaume et Joël.
Suite des aventures dans la newsletter 7
Chers lecteurs,
Nous voilà parti pour la septième partie de notre aventure, en voiture pour de nouvelles aventures dAfric Edu
Aujourdhui nous avons donné le dernier cours théorique au groupe renforcement. Quelle joie ! Pour information voici les points qui ont été abordés pendant les 21 heures de cours :
Voici le mot de Tine, notre guide qui fait parti des trois C : On est très content de recevoir des cours de renforcement et on attend les pc pour la pratique
Pour les soirs j essais de les faire découvrir la ville de Saint-Louis : nous avons comme sites touristiques :
Daprès nos dernières infos le container doit arriver ce soir, dans la nuit. ERRATUM par rapport à la dernière news letter, nous navons pas sponsorisé la piscine (paroles écrites sous le coup de la colère et de la frustration) dun douanier. Il savère que sur les 395000 FCFA payés, 100 000 (=150 euros) correspondent à la valeur à payer (i.e. 5% de la valeur déclarée du container) et le reste (295000 FCFA = 400 euros) des frais de dossier, taxes, et autres. Contre ordre dans la soirée : le container narrive pas et il est très loin darriver car un douanier a voulu faire du zèle et a fouillé tout le container pendant la journée. Il estime que la valeur déclarée nest pas suffisante. Il y a eu aussi une petite visite aux urgences de lhôpital de Saint Louis pour lun dentre nous, réhydratation forcée sous perfusion (1,5 litres injectés en 3h !) après une longue nuit difficile causée par une bactérie au nom imprononçable, rien de grave heureusement.
Samedi 24 Juillet
Rien de spécial aujourdhui, on essai de garder le moral en attendant des nouvelles du container, qui narriveront pas en ce jour
Dimanche 25 Juillet
Midi : invité chez Nafi donc grosse sieste puis manger puis sieste. Cest quelque chose de particulier : linvitation. On arrive, on est guidé jusquà la salle, généralement ce quon appellerait le salon. On nous allume la télé si elle ne lest pas déjà. Au cas il ny a pas de télé on nous met de la musique. Il y a aussi les coussins quon nous apporte. On nous installe confortablement et nous avons pour devoir dapprécier le confort. Pour cela cest très simple, par exemple, si vous prenez place sur un canapé, on peut savachir dedans. Puis le temps passant on finit rapidement par obtenir une pose qui scandaliserait toutes les murs connues. Précisons : la tête sur laccoudoir, un pied sur lautre et le deuxième sur le canapé du voisin. Accessoirement, un bras peu pendre ou être replié si la personne dort. Enfin, pour dormir, il vaut mieux se mettre sur le lit. Dans les salons, il y a généralement un lit, voir plusieurs si la pièce fait aussi office de chambre. Si on vous amène un coussin, ne jamais le refuser. Lhôte est toujours sacré. Par rapport aux gentils français qui sont bien polis et bien serviables, ici essayer de ramener un plateau à la cuisine est une très grave erreur qui peut être vexante.
On aimerait tant parfois aider. Mais non. Un des principes de bienséance se base sur lembonpoint. Une personne qui revient amaigrie dun voyage dans une contrée véhiculeras une information capitale : les habitants de cette terres ne savent pas recevoir ou alors ils nont plus à manger ! Cest dur pour nous qui avons tous perdu quelques kilos, et encore plus dur de sarrêter au milieu du plat pour cause de douleurs gastriques. Dur pour nos généreux hôtes et pour nous qui ne pouvons pas continuer à se régaler de ces mets dépaysant et agréables. Le Yassa, poulet grillé accompagné de riz, est simplement magique. On le mange à la cuillère, accroupis autours du plat. Chacun se fait son petit mélange de sauce avec le riz. Mais attention, boire pendant le repas est une offense car cela sous-entend une trop forte quantité dépices. Encore dommage pour nous qui ne sommes pas habitués. Pourtant on sy fait bien.
Les boissons viennent une fois que le rythme des cuillères a diminué jusquà limmobilité sur le plat. Les bouteilles arrivent avec les verres (on ne boit pas à la bouteille). En même temps circulent une serviette ; au cas ou le plat aurait nécessité les mains (dorades grillées) un petit passage vers la bassine (le robinet pour les européens) et le savon ne fait pas de mal. On boit enfin, cest meilleur. Coca, Fanta ou eau nous est servis à grands verres. Pour finir, bananes ou mangues. Les mangues sont coupées un peu comme nos melons et on les mange comme cela, directement. Ceci nécessite généralement un deuxième tour de serviette. On notera également que les bananes sont ouvertes à lenvers de notre habitude qui est de « casser » la queue pour louvrir.
Sieste (optionnelle). Le danger, pour la digestion, étant de sallonger trop vite. Puis le premier thé arrive.
Chaud, sucré tel une liqueur. Il correspond à notre café. Sauf que sa préparation nécessite une gestuelle technique qui occupera le garçon de la maison. Le but de ces manuvres consistant à faire de la mousse, signe de respectabilité dune tasse de thé. Une heure et demie et deux autres thés (avec la menthe ajoutée) après, on peut envisager dattaquer une activité. Il est 17h.
Curieusement, les invités toubab mangent souvent dans un plat séparé du reste de la famille. Seuls nos guides nous « suivent ». Enfin, il arrive carrément que nous mangions dans des pièces séparées. Voir même de ne voir notre hôte que quelques minutes ! Pourquoi pas, ici lhospitalité prime ! Pas question dattendre la maîtresse de maison pour attaquer.
Lundi 26 Juillet
Toujours dans lattente de nouvelles pour notre container, nous avons jusqu'à jeudi pour le faire sortir sinon il y aura des taxes dimmobilisation et il faudra sûrement rediscuter avec le transporteur. Autant dire que dans nos esprits il est sorti avant jeudi, pas dautre alternative. Ce matin, notre cher président a été discuté avec Mme Sall, coordinatrice du projet sur Saint Louis. Elle est partie sur Dakar dans la foulée pour essayer de faire fonctionner au maximum ses relations dans la capitale. Espérons que cela portera ses fruits, Inch Allah.
Autre grande nouvelle, nous sommes passé à la radio ce matin (Sud FM : émission nationale), Nicolas et David avaient été enregistrés hier et Tijane a fait la traduction en Wolof.
Linterview parle essentiellement du projet et des problèmes rencontrés au port de Dakar. Peut être que cela portera aussi des petits fruits qui nous aiderons bien
Après un bon déjeuner et une bonne sieste, une après midi sportive sest organisée, foot ou basket au lycée Charles De Gaulle pour les uns, plage Salsa et ses rouleaux à faire pâlir un hawaïen pour les autres. Sur la plage, nous avons eu le droit à un étrange ballet. Des dizaines denfants, se suivant à quelques dizaines de mètres décart, portant chacun un kilo de sucre sur la tête. Ils avançaient à vive allure, regardant à gauche et à droite comme sils redoutaient quelques choses. Renseignements pris, ils revenaient de la Mauritanie où le kilo de sucre est à 200 FCFA alors quici il est à 550 FCFA, cétait donc de la contre bande. Leurs craintes venaient des douaniers qui apparemment rôdent souvent sur les plages avec de jolies 4x4 qui leurs ont été offerts pas la CSC (Compagnie Sucrière Sénégalaise). La proximité de la Mauritanie entraîne beaucoup de commerce à Saint Louis, légal ou non. Par exemple, nous échangeons des euros dans des boutiques à 650 FCFA lun, taux de change imparable, ils sont revendu en Mauritanie jusqu'à 680 lun, voir plus.
22h ici, minuit en France, la nouvelle est tombée : les douanes demandent 216000 FCFA (330 euros) comme surplus pour lerreur dévaluation du container. Il faut multiplier cette somme par 2 pour lamende due à un essaie de fraude (!!) de notre part, il nous faut donc trouver 660 euros dici Jeudi ou alors régler le problème avec nos relations. Cependant, le port de Dakar étant entrain de se mettre à des normes strictes pour pouvoir accueillir des portes containers venants des USA, les règles sont appliqués à la lettre et si le douanier ne veut pas se montrer conciliant, il sera dans ses droits et nous nous serons Avis à des généreux donateurs de dernière minute :-)
Chers lecteurs,
Nous voilà parti pour la septième (NDLR : huitième en fait, le copier-coller a du faire des dégats...) partie de notre aventure, en voiture pour de nouvelles aventures dAfric Edu
Nous tenons dores et déjà à remercier tous ceux qui nous ont fait des promesses de dons, ce qui laisse augurer un avenir serein à AfricEdu. Cependant, il est toujours temps pour ceux qui ne lont pas encore fait
Rappel :
ordre : Fondation ECAM
adresse : ECAM, 40 montée St Barthelemy, 69005 Lyon
noubliez pas de joindre un petit mot précisant que le don est pour AfricEdu Merci davance !!
Hier soir nous avons eu une grande nouvelle : Mme Sylla a mis en ordre les choses avec la douane et a pu payer la somme demandée par les douaniers. Merci M. Sylla ! Le bon de sortie du container est signé et il ne reste quà le transporter jusquà Pikine, notre quartier. Au mieux il arrive ce soir, sinon demain soir.
Nous avons, dans la soirée dhier, planifié tout un tas de choses pour lorganisation des installations. Nous en déduisons, les résultats suivants (hypothèse de larrivée du container ce soir) :
LE CONTAINER EST ARRIVE CE SOIR A 22h !
Le douanier qui est venu avec a demandé 60000 CFA sans aucune facture ni reçu. On a payé car nous ne savions rien et les femmes qui soccupent de nous nous ont dit que sétait comme ça. Sinon nous étions en infraction. Nous avons filmé et nous espérons que vous pourrez voir ce moment de folie pure. Notre déception devant un système si mal en place na pas complètement abattu notre courage mais cest tout de même triste de voir un fonctionnement aussi bancal.
Dispatching des ordi dans laprès midi.
Les 3 centres sont :
Explications : ici à St Louis très rare sont les possesseurs dordinateurs et de téléphone. Beaucoup de monde possède un tel portable à carte (type mobicarte) mais personne na de crédit dessus. Donc tout le monde va téléphoner dans les télécentres. Un télécentre cest au mieux une salle dont on a divisé un bout en cabines téléphoniques avec ventilo et lumière. Dans certains cas cest une cabine bricolée dans le coin dun boutique (entre les sacs de riz et le coin comptabilité du magasin). Une fois la communication finie on paye en regardant le compteur. Pour les cyber cest comme en France sauf quil faut, en général, sappeler Bouddha pour arriver à ne pas sénerver sur la souris qui patine dans la graisse.
Dans la nuit du 29 au 30 nous avons préparé un ghost qui permet de mettre en route un ordinateur directement avec Windows 2000 et ses mises à jour ainsi que divers programmes comme Word, Excel et FireBird (un navigateur internet qui est plus sécurisé). Tout cela en 15 minutes et un seul CD !
Première journée dinstallation. Beaucoup de problème techniques ; il semblerait que les disques dur aient eu du mal à supporter le voyage, au moins pour la série des Caviar.
Matin : installation, constatations de problèmes, résolutions des problèmes constatés !!
Après midi : installation, constatations de problèmes, résolutions des problèmes constatés !!
Ensuite : plage pour détendre les neurones et les muscles fatigués des bricolages dans des positions inconfortables.
Matin : installation, constatations de problèmes, résolutions des problèmes constatés !!
Après midi : installation, constatations de problèmes, résolutions des problèmes constatés !!
BILAN :
Elle est mise en place par un certain Babakar DIOP, haute personnalité st Louisienne puisque cette personne a organisé la lutte des sans papiers avec la grève de la faim dans léglise de Saint Bernard à Paris. Il a aussi fait parti de la marche des sans papiers. Enfin, quelquun dactif ! Actuellement à la tête dun boîte de réseaux informatiques et de cyber il installe des connexions www via la norme WiFi. Cette norme permet de connecter des sites éloignés grâces à de puissantes antennes. Babakar profite de lessor de linformatique et du WiFi pour connecter les entreprises car ladsl nest que très peu disponible. Etant st louisien il accorde des tarifs préférentiel aux associations qui oeuvrent pour le développement des IT.
Le soir nous nous sommes rejoints sur la plage de Salsa pour un bain sous la pleine lune. Un moment magique. Des masses deau noires considérables formes des vagues à faire rêver des surfeurs français. Et nous pouvons nous détendre tranquillement ! Le mer est chaude. Ici il ne faut pas se poser de problème quant au dehors. Pas de problème, le soir en se promenant dans la rue on voit des gamins qui dorment de partout. Mis à part les problèmes de nourriture et deau la vie pourrait se multiplier sans problème ici.
Derrière ce nom de code évolué ce cache un système millénaire en vigueur ici. Un des principe de base est : « Ca va marcher, pas de problème. » Un deuxième principe important est : « Cest dangereux, mais cest pas grave » Lensemble donne un mécanisme qui mène généralement au résultat escompté ou plus souvent le résultat en mode dégradé. Il est obtenu en une quantité de temps qui à priori pourrait sembler grande à nos yeux. Mais pourquoi comparer à une durée. Si il faut 15 minutes pour prendre un taxi alors que ça pourrait être fait en 2 minutes où est le problème ? Personne nest mort alors cest bon De tout façon ça va marcher.
Par curiosité jai (Marvine) demandé à Mamadou (notre pote) sil existait un mot en Wolof pour dire urgent. Il en existe effectivement un (que jai oublié) .
Une des apparitions du système D peut se faire aussi dans la communication. Par exemple : Il est 11h du mat. ; je demande à Tine : « Est-ce que Moussa (pote informaticien local) arrive ? »
Tine répond : « Oui, il arrive. »
A midi moins le quart je redemande : « Tu es sûr quil arrive ? »
Tine : « Oui, oui, il arrive à seize heure »