Listes des Newsletters

Les newsletters sont une longue tradition d'Afric'Edu afin de retranscrire les missions en quelques paragraphes. J'ai ici réuni quelques séries de ces fameuses newsletters... Bon voyage !

Dakar 2003 : Newsletters

Au mois de mai, les membres d’Afric’Edu, association d’étudiants lyonnais, acceptaient que je les suive dans la réalisation de leur projet d’ « aide au développement ».

Quelques jours avant, je réalisais les interviews d’« avant voyage » où tous me confiaient leurs craintes et surtout leurs attentes. Ils s’étaient investis pendant un an. L’inconnu effraie toujours mais l’excitation les enveloppait palpable. Au-delà du projet, le voyage résonnait autrement, bien plus. Un désir profond de rencontres, d’échanges humains avec un peuple, une culture, le Sénégal, l’Afrique. Les espérances n’étaient pas les mêmes mais tous cherchaient un ailleurs, autre chose.
Je les retrouvais à l’aéroport Léopold Sedar Senghor de Dakar. Leur atterrissage était prévu à trois heures du matin.

Les Newsletters qui suivent sont celles que j’envoyais chaque semaine pour informer partenaires, famille et amis de l’aventure africaine de ces douze « toubabs ».

Newsletter 1. Semaine du 23 au 28 juin.

Diam’n gen wa Dakar...

_Nouvelles d’une première semaine mouvementée._
Première réunion avec les membres partenaires de l’association Bokk Jang / Bokk Jef, récupération du container, visite chez les officiels locaux, découverte des deux futurs centres de formation et…l’équipe démarre activement la réalisation du projet.
Et tellement de décalages, d’images, de « claques » qui vous laissent songeur les soirs aux abords de son carnet, allongés sous les moustiquaires.
Et puis à côté, oui juste à côté, l’accueil de Magatte Sy, doyenne du quartier qui nous héberge, son dynamisme, sa chaleur et son sourire. Les repas, tous ensemble, assis en cercle dans la cour sur une natte. Ces deux grandes assiettes creuses pleines de nourriture qui ne cessent de se remplir.
Tous ces sourires, ses mains fermement serrées, ces « Nanga def », comment ça va ?Les gamins du quartier que les photos amusent, mille portraits à faire.
Enfin, peu à peu, chacun prend ses marques et Dakar l’impressionnante se dessine.
Tous les jours, les étudiants la traversent, s’arrêtent, déambulent, s’y baladent. Il y a les routes, entre goudron, sable et poussière, sans aucun panneau de circulation, cette circulation effarante sans aucune règle. Ces détritus entassés sur le bas côté, la misère. Malgré la foule inquiétante qui sans cesse vous aborde, il reste cet étrange sentiment de bien être, de sécurité. Ici, la chaleur n’est pas qu’une question de température. Ici, le temps est différent, les montres ne se nouent plus aux poignets mais dans les sacs et dans les placards. Ici, les jours se comptent aux cachets de Savarine…

Premier objectif, sortir le container…

Parcours Initiatique dans l’administration sénégalaise
Quand Jean et Bertrand arrivent samedi, le container est bloqué dans les entrepôts du transitaire MAERSK. Pendant trois jours, accompagné de Magatte, ils vont de bureaux en bureaux, serrer mains et mains, rencontrer telle ou telle personnalité. Ambassade française, bureau des douanes, ministère du développement social. Un périple administratif de trois jours en plein Dakar. Du mouvement, beaucoup de mouvement…

Malgré les démarches commencées en France, l’envoie de nombreuses lettres aux officiels, de dossiers, les destinataires ne sont pas tous au courant. Lettres égarées ou atterries ailleurs…
Après deux jours de démarches solennelles, le problème se règlera finalement de façon moins officielle mais plus efficace. Le colonel de la direction des douanes et le transitaire habitent tous dans la cité où les étudiants logent. Mardi matin, Bertrand et Jean rendent donc visite au colonel des douanes, à quelques mètres.
Dynamique et encourageant, il est enthousiasmé par leur projet. Depuis quelques années, le gouvernement sénégalais pratique une politique d’ouverture aux nouvelles technologies. Les frais de douane du matériel informatique sont d’ailleurs moins élevés que ceux des denrées alimentaires.
De retour, nous allons voir le transitaire, il lance le dédouanement, trois heures après Bertrand et Jean apportent l’argent en liquide. Mercredi, le container est amené dans le quartier. Efficace, rapide, grâce à la motivation et le dynamisme de quatre personnalités bien placées nous obtenons le container. Gros soulagement lisible sur les visages.

Première rencontre Bokk Jang / Afric’Edu
Mardi, première rencontre avec tous les membres de l’association Bokk Jang, partenaire locale du projet. La réunion a lieu dans les locaux de l’entreprise informatique de Madame Sylla, en plein Dakar. Magatte Sy, chez qui certains logent, préside la réunion.
Ils ont préparé un planning serré pour les étudiants d’Afric’Edu. L’installation des deux centres doit être réglée avant le 30 juin afin de démarrer la formation.
La cérémonie officielle d’ouverture des centres est prévue pour le 5 juillet en présence des personnalités locales et de la presse.
Pendant trois semaines, les étudiants d’Afric’Edu se scinderont en deux équipes pour familiariser des « formateurs » locaux volontaires aux logiciels informatiques et à la maintenance du matériel, du réseau. Le choix du système d’exploitation demeure encore indécis. Petite préférence pour Linux bien que peu répandu. Ses licences sont gratuites.
Bokk Jang attend beaucoup de la formation. De retour chez eux, les dix se sont mis à bûcher fermement leurs manuels de fonctionnement. L’image fait sourire, ils travaillent sur la formation dans la cour, assis en tailleur ou étendus au soleil sur les nattes…

Réception du Container…
Les étudiants étaient en train de manger assis en cercle quand le colonel à franchit l’entrée de la cour. « Le container arrive dans une demi-heure… ». Rapidement, tous s’activent, excitation et crème solaire sur les visages, il faut décharger les ordinateurs en plein soleil. Ouverture des portes du camion. Tout est là même le mouchoir de Jérémy abandonné à Lyon.
Certains gamins du quartier, filles et garçons, nous aident à le décharger. Les plus petits s’amusent à porter des cartons qui font la moitié de leur taille. Aller retour incessant mais amusé dans la maison d’un habitant qui nous prête une pièce pour entreposer les ordinateurs. Fin du déchargement autours de bouteille de coca, photos, les gamins accourent pour être dessus. Ils se voient sur l’écran, ça les éclate…
Cette petite parenthèse permet de sympathiser avec les habitants du quartier. Désormais, certains viennent jouer chez Madame Sy qui nous logent. Partie de foot dans le sable devant la maison. Conversations tardives, échanges.

Visite des deux centres….
Nous gagnons les quartiers en taxi. Dix francs la course. Traversons la ville de Dakar pour se rendre dans le quartier de HANN puis de FASS. Le local mis à disposition dans le quartier de HANN appartient à l’ONG ORT-SEN. Un centre où école maternelle, ateliers de coutures et bureaux administratifs sont regroupés. Nous allons déloger le maire pour installer la salle de formation et le cybercafé.
Fass est un quartier plus populaire. « Construit sur une plage… ». Il n’y a que du sable, les immeubles sont bas et les maisons blanches.

PHOTOGRAPHIES « GRAND-ANGLE »

Une arrivée en Afrique…
Un rectangle de douane grillagé côté hall de l’aéroport, de larges vitres côté rue. Des mains, des poignées, des sourires à la peau tannée par le ciel. Méfiez-vous, mon frère, méfiez-vous. Un nouveau vol arrive d’Europe, la foule s’agglutine aux grilles du rectangle des douanes. A plus à peine plus d’un mètre de distance de la rue, des alignements de barrières bien gardées par le Service pour la Sécurité des Touristes.
Dakar se tient là, derrière ça, plus très loin. La ville vous appelle, vous happe, cette foule des « rend services » qui guète les « toubabs », touristes blancs, pour les aider, moyennant finance, avant qu’ils ne se cloîtrent dans leurs taxis.
« Tu veux une adresse, t’es français ? ». A peine émergés des longues heures de voyage, séchés par la chaleur épaisse et soudaine à la descente de l’avion, les arrivant s’éveillent doucement Les yeux grands ouverts, éberlués par cette masse qu’ils traversent. « Tiens, je te porte tes bagages. Tu veux téléphoner ? Viens! Je t’emmène téléphoner, suis-moi… ». La tête vous tourne. Les étudiants d’Afric’Edu hallucinent et sortent deux par deux du hall de la douane. Il s’agit que l’on se regroupe. Guillaume, Jeh et Papa sortent les premiers. On leur fait signe, ils nous ont vu. Les visages se décrispent. Une claque dans la tête. Autours, des mains veulent empoigner les bagages, aider à porter. « Non, c’est bon, merci, on n’a besoin de rien…. » Guillaume s’est fait avoir. « Eh, il part où avec ma valise…. » Pas loin… Ca braille, ça propose, empoigne gentiment, interpelle. Les premiers mots de Wolof résonnent. Premières sonorités. « Comment tu t’appelles ? On vient te chercher ? » Oui, nous venons les chercher. Berti et Jean sont là, à Dakar depuis samedi. Cheikh (prononcer cher) le chauffeur de madame Sylla nous accompagne. Ils traversent la rue pour les aider ramener leurs bagages. Vite, ça va vite.
Tout le monde est là. Au milieu des sacs, tous assis sur le rebord d’un trottoir, chacun reprend ses esprits et son souffle. « J’y crois pas on est tombé où… » sourit Papa. Romain me demande, « On peut faire confiance à qui là ? vous connaissez qui ? ».
« C’est Sénégal ! » répond souriant Abi, un rasta avec ses dreads et drapé d’une longue toge. Impassible, il est assis au beau milieu des dix posés en tas. Il discute avec chacun. Deux autres échangent, demandent si l’on désire un taxi. Ils sont rapidement cinq à vouloir nous aider. Cheikh se démène à en trouver deux, il négocie avec eux. « Ici, il n’y pas de boulot et on veut pas voler. Donc tu comprends, il faut que l’on vive… Je passe toute la nuit à l’aéroport… oaui, t’aurais rien pour ton pote… Allez après tout ce que je viens de te dire ». Puis quand Abi nous laisse un autre reprend. « Ici, c’est la porte d’entrée de l’Afrique… tous les Africains viennent y chercher du boulot. Ivoirien, malien…». Jérémy discute avec eux, les interrogent. Puis dans le taxi, Guillaume raconte. « J’adore ! Le gars, il me dit : nous les Sénégalais, on colle mais on ne pique pas. La phrase est terrible !».
Oui, c’est ça Sénégal, ces contacts humains exubérants auxquels nous ne sommes pas habitués. Ces échanges, parfois intéressés, mais derrière lesquels s’esquisse une véritable chaleur, profonde, de corps, de mentalité… de culture.

Quartier Bel air, l’avancé dans la baie de Hann

Nous logeons dans le quartier résidentiel de Bel air, aux abord de la baie de Hann, à trois quarts d’heure à pieds de la place de l’Indépendance, centre de Dakar. Une enclave fermée par une barrière, surveillée par un gardien en uniforme. Bertrand et Jean dorment dans la maison de Madame Sylla, présidente de l’association Bokk Jang. Le reste du groupe est chez Magatte Sy, doyenne du village et membre de l’association. Nous sommes chaleureusement accueillis. Les moustiquaires fermement tendues et bordées sous les matelas. Certains dorment dehors. Un souffle frais souffle du large. Un quartier aisé vraiment paisible.

Dakar 2003 : Newsletter 2

Newsletter 2. semaine 29 juin au 6 juillet.

Fass Delorme. Hann Bel-Air. Parcelles Assainies.

Trois quartiers loin bien loin des endroits les plus visités de la capitale. Quartiers populaires plus ou moins récents, plus ou moins pauvres, éloignés des bâtiments administratifs, des arcanes de la place de l’Indépendance où banques et bureaux trônent bien gardés, loin du centre « officiel » grouillant et chaotique. Plus proche des maisons basses et blanches aux fondations ensevelies dans le sable, des chèvres qui beuglent dans les rues, au cœur même des habitations, de cette chaleur et de cette spontanéité sénégalaise, la teranga des Lions. Cette même envie de partage de culture, de langues, de traditions… Cette semaine, Thibaud, président d’Afric’Edu et Madame Sylla, présidente de l’association Bokk Jang ont rejoint les équipes. Les étudiants ont terminé l’installation du matériel à Fass Delorme, à Hann Bel-Air et attendent les réparations et l’aménagement des Parcelles pour l’équiper. Entre gros coups de speed, petites fatigues et la nécessité de clarifier les incompréhensions, ce fut une semaine chargée et parsemée de réunions… Afric’Edu a sélectionné les six formateurs de chacun des centres. L’inauguration du premier centre, samedi 5 juillet, à Fass Delorme fut une véritable réussite. Maimouna Sourany Ndir, Ministre du Développement Economique et Social, est venue saluer l’initiative des étudiants d’Afric’Edu. Elle a également affirmé son soutien à Bokk Jang/ Bokk Jëf et promet de débloquer 1 million de francs CFA pour soutenir leur action. Les étudiants continuent de vivre Dakar, de respirer Dakar, de baigner dans Dakar mais Dakar use. Les orages abondants qui éclatent certaines nuits (Saison humide oblige…) et qui « marrent » de flaques la ville rafraîchissent un temps les esprits. Et notre supplément week-end !!! Retour à l’Université Gaston Berger, première structure équipée par Afric’Edu en 2000.

Fass Delorme, au cœur de Dakar, quartier aux portes ouvertes

Dès samedi, les étudiants d’Afric’Edu chargent le matériel. Direction le quartier de Fass Delorme, premier centre disponible pour l’équipement. Magnifique traversée de Dakar, tassés au milieu des cartons à l’arrière du camion. « Toubab, Toubab… » s’esclaffent les passants… « Et oui, c’est nous les toubabs ! ». Dakar vue d’en haut, ses odeurs et ses vents. Eclats de rire, excitation, le camion chevrote, tremble, tente tant bien que mal de se tracer un sillage dans la circulation grouillante, abondante. Coups de klaxons, taxis, « calèches sur pneus » tirées par un cheval, vendeurs à la sauvette. La foule en effervescence. Les étudiants gagnent Fass Delorme, qui, selon ses habitants, est le « véritable Cœur de Dakar ». Quartier populaire, traditionnel. Ici, tout le monde semble se connaître. A leur arrivé au Centre Social, les gamins accourent, les aident à décharger. Les responsables du centre sont là aussi. Immense chaîne humaine et photos. Hurlements joyeux, enthousiasme d’un quartier qui nous attendait. Les gamins viennent un par un serrer les mains. Timides, amusés de voir tous ces Toubabs. Ils s’emmêlent entre eux, veulent être pris en photos, s’avancent, font quelques pas puis filent se planquer… Fass Delorme est un quartier traditionnel et populaire à deux pas de la Médina. Blocs de maisons basses aux façades usées, décrépies. Entre de larges routes ensablées, bordées de minuscules baraques -coiffeurs, épiceries, restos « bouibouis » et milles ruelles étriquées qui mènent à une succession de cours intérieures que l’on traverse. Le linge y sèche. Il y a aussi tous ces tas… de cailloux, de papiers, de sable. Un Endroit où il n’est pas courrant de voir déambuler douze « Toubabs ». Ca se lit dans les regards, sur les visages des habitants, debout sur le pas des portes, s’écoute dans la bouche des gamins qui s’arrêtent de jouer, un instant, les observent et hurlent en souriant « Toubabs, toubabs ! ». L’installation du matériel prend plusieurs jours. Il s’agit de régler les problèmes d’électricité, de tables, de chaises et de climatisation. Il fait plus chaud à l’intérieure qu’à l’extérieure. Les ventilateurs tournent sans cesse. Les câblages et amas de fils électriques baignent dans la sueur. L’équipe responsable du centre, Romain, Nicolas Ortiou (dit Papa), Nicolas, Jérémie et Julien travaillent d’arrache pied à ce que la salle soit prête pour l’inauguration de samedi.

Hann Bel-Air : salle de classe deviendra salle de formation.

Autre quartier, autre ambiance. Le second centre est hébergé par l’ORT-SEN, une ONG consacrée à l’Education, partenaire de Bokk Jang et propriétaire de plusieurs annexes dans Dakar. Un quartier de terre et de taule plus que de pierre et de sable. Autres couleurs, autres odeurs. L’annexe d’Hann Bel-Air est accolé à une large route maigrement goudronnée, en face des citernes Mobil. Il suffit de faire quelques pas, de rentrer plus en profondeur, pour découvrir des maisons de pêcheurs, une large plage, la mer. Les pirogues se dispersent par centaine, ancrées au sable, au milieu de papiers gras, d’amas de poissons morts et déchets de toute sorte. L’annexe d’Hann accueille déjà un atelier couture, le bureau du maire de la commune, un dispensaire et une école maternelle. La direction de l’ORT-Sen a mis une salle de classe à la disposition d’Afric’Edu- Bokk Jang. Aux murs, empruntes bariolées de mains minuscules, au sol, petites tables et chaises sur lesquels Mathieu, Jean, Bertrand, Guillaume puis Thibaud épluchent les premiers CV des personnes intéressées par la formation. Au devant, un tableau noir trône où figure, tracé la craie, l’alphabet Wolofs. Une bonne vieille affiche pour un dentifrice, gondolée aux coins et jaunis par l’humidité est affichée au fond. Les étudiants d’Afric’Edu aménagent la salle et commencent l’installation. Imaginez une large cours d’école, les gosses qui se collent aux vitres, observent curieux les Toubabs. Le bruit des hurlements, quelques chansons saisies au vol, claquements des pas des institutrices… La salle d’Hann Bel-Air ne sera pas permanente. Les enfants sont en vacances, elle sera utilisée le temps de la formation puis re-déménagement dans une salle cette fois-ci permanente. Malgré quelques démêlés et maintes palabres avec l’ORT-SEN, ONG partenaire de Bokk Jang, qui héberge le centre de formation et le cyber, madame Sylla et Afric’Edu ont posé les choses au clair. Les tergiversations n’ont finalement pas causé de ralentissement notable sur leur timing, simplement quelques inquiétudes. Afic’Edu s’est un instant vu devoir rapatrier tout matériel en une après-midi.

Sélection des formateurs…

Toute la journée de vendredi est consacrée aux entretiens avec les futurs formateurs. Ils sont une quinzaine en moyenne à postuler dans chacun des centres. Seuls six sont retenues avec le quota voulu de quatre filles pour deux garçons. Pour une fois, les étudiants se trouvent côté « employeur », rôle qu’ils ne semblent pas véritablement tous apprécier. 

Inauguration du Centre de Fass Delorme

Rendez-vous à 10 heures pour l’inauguration. Les membres d’Afric’Edu attendent une demi-heure, une heure… le temps sénégalais. Les invités arrivent les uns après les autres, l’assistance se remplie. Doucement. De plus en plus de bruit de fond, de monde, ne reste plus qu’à attendre l’arrivé du maire du quartier de Fass Delorme. Les journalistes sont là. Enfin, le maire prend place, s’assoie à gauche de Madame Sylla, en costume vert, cravate, une large paire de Rayban qu’il ne quittera qu’au moment de parler. Il est le seul à être habillé ainsi. Il paraît distant et ne pas franchement être concerné. Thibaud va parler. Il se tourne vers moi. « Là je commence un peu à flipper… ». Iba anime la cérémonie. Thibaud entame les remerciements puis les discours se succèdent. Monsieur Diop, parrain du projet d’Afric’Edu, le directeur du centre social, le chef du quartier, responsable de l’association des jeunes puis Madame Sylla. Acclamation, tonnerre d’applaudissements avant même qu’elle ne parle. Sûre d’elle, heureuse de voir se concrétiser le projet, elle salue le partenariat avec Afric’Edu, raconte l’origine du projet, les lenteurs, les obstacles et l’Aujourd’hui… Cette fois-ci, Nicolas Pallin se tourne vers moi…les yeux un brin rouge. Dans les mots, dans l’enthousiasme généré, l’émotion est palpable. Madame Sylla est soudainement interrompue. Enorme brouhaha de chaises, l’assistance s’agite, les yeux se tournent vers la rue. « Madame la Ministre est là… ». Madame le Ministre est effectivement là… Maimouna Sourang Ndir, Ministre du Développement Economique et Social, traverse l’assistance et vient s’asseoir aux côtés de Madame Sylla. Les discours reprennent… Le maire s’accapare la parole et en profite pour alpaguer le ministre. Il fait maintes promesses et justifie ses actions (A priori guère existantes…) par une foule de… contradictions. La tribune ne cesse de réagir. Nous apprendrons plus tard qu’il n'est guère apprécié. Madame le Ministre conclu la cérémonie. Elle affirme son soutien à Bokk Jang, salue l’initiative des étudiants d’Afric’Edu et fait une promesse de 1 million de francs CFA afin de garantir le fonctionnement de la structure. Heureuse surprise. Avant de repartir, elle visitera accompagnée de son garde du corps, les locaux fraîchement installés. Après deux semaines non-stop, les levés à 7 heures du matin, les rares couchés avant minuit, toute l’équipe est fatiguée. On s’accorde le lundi et le dimanche… une partie part pour Saint-Louis et l’autre pour les îles du Saloum. Histoire de prendre l’air, le large, de souffler un peu…

Retour à l’Université Gaston Berger, sur les traces des Anciens

Il y a deux ans, la bibliothèque de l’université Gaston Berger de Saint-Louis était la première structure à bénéficier de l’action d’Afric’Edu. L’équipe de cette année a fait un détour par le campus. Qu’est devenu le matériel ? Est-il toujours là ? Est-il toujours utilisé ? Petite visite surprise, histoire de voir ce qu’il en est. « Non, mais ça fait du baume au cœur. Le fait que cela existe toujours, que ce n’est pas été piqué… ». Un vaste campus au milieu de nul part avec des bâtiments disséminés aux creux de dunes de sable. Une verdure sèche où l’air est frais. Un bureau bien gardé. Visite chez le Chef de la Sécurité et de l’Environnement qui se souvient bien du projet. « Nous allons pouvoir donner des nouvelles à l’ancienne équipe. Je pense qu’ils seront contents de voir des photos et de se dire qu’ils n’ont pas fait ça pour rien et qu’au bout de deux ans ça existe encore… » Grève administrative, la bibliothèque est fermée. Le responsable de la sécurité accepte tout de même de nous y conduire. « …les mêmes postes ? ouais, ouais sûr. Des pentiums 60, enfin des 486 DX2 60 à mon avis. Ce sont de vieux PC, cela correspond bien à ce qu’il avait récolté il y a deux ans… » Longue montée de marches pour atteindre l’étage. Silence solennel. Mathieu et Guillaume reconnaissent le lieu aux photos qu’ils ont pu voir. La même salle, même piliers blancs au centre… même disposition des postes en L. Aucun doute. Seize postes bâchés d’une housse verte « Université Gaston Berger », disposés dans un angle. Sur chacun des postes, la première équipe avait collé des noms de villes. Elles y sont toujours. Les étudiants allument un ordinateur. A la vue du bureau, chargé d’icônes, le matériel demeure encore « copieusement » utilisé. « Nous avions su qu’il y avait quatre PC qui ne marchaient pas et dans le coin, nous en avons vu quatre PC…donc depuis deux ans ça n’a pas trop bougé. Ils n’ont même pas enlevé les quatre PC qui ne fonctionnaient pas… » Un détail… qu’importe, l’essentiel y est. Alors que les étudiants petit déjeunent dans un cabanon à deux pas de l’entrée, qu’ils échangent leurs impressions, trois étudiantes sénégalaise s’arrêtent, pas tout à fait par hasard, pour échanger. L’une d’elle nous explique que les postes de la BU restent les plus utilisés malgré l’implantation d’un CYBER-Centre sur le Campus. Il y a deux ans, Afric’Edu avait monté les postes sur un Modem, aujourd’hui, l’université les a connectés à l’ADSL. « Nous serons contents d’avoir la même chose, un jour ou l’autre en retour. Essayer de reprendre contact…savoir ce que cela devient… » conclu Thibaud.

Dakar 2003 : Newsletter 3

Newsletter 3. Lundi 7 juillet au lundi 14 juillet 2003.

Les formations ont débuté dans les deux centres.

A Hann Bel-Air, Mathieu anime la formation. Cours littéral, un écran de Pc accolé au tableau monté au sommet d'une unité centrale, en équilibre sur une table. Les "élèves" sont disposés en rangés de quatre ou cinq. Une craie dans la main gauche, une souris dans la droite. Bertrand et Guillaume, plus en retraits, circulent entre les rangs pour encadrer chacun des élèves. A Fass Delorme, les futurs formateurs des centres de Parcelles et de Fass sont regroupés. L'équipe adopte un enseignement de "proximité". Romain, Jean, Nicolas (Papa) et Jérémie se sont partagé les élèves en groupes de deux ou trois, selon les niveaux. Madame Sylla compte sur “ la concurrence ” entre les deux centres pour dynamiser les formateurs. La rénovation du troisième local des Parcelles Assainies est terminée, les étudiants pourront occuper les locaux dès le lundi 14 juillet pour installer le matériel.
Les étudiants se font à Dakar. Les habitants de ses quartiers se font aux douze toubabs qu'ils voient passer chaque jour. Les orages éclatent toujours aux soirs, la chaleur est toujours énorme, les personnes que l'on croise, que l'on rencontre, le temps d'un repas, d'une conversation, sont toujours les mêmes, un sourire, des partages, des tapes sur l'épaule, des "faites comme chez vous, revenez quand vous voulez..." Léguilégui.
La fin de semaine fut marquée par la visite de Thibaud et de Madame Sylla dans les bureaux du Ministre du Développement Social. Comme promis lors de la cérémonie de lancement, elle a remis une enveloppe de 1 million de FCFA. Elle a affirmé son soutien à Bokk Jang et souhaite que l'association élargisse son action en intégrant comme autre “ cible ” prioritaire les handicapés. Elle a vivement remercié et encouragé l'association Afric'Edu pour son implication dans le projet.
Isabelle, dernière membre d'Afric'Edu parvenue à Dakar, a rejoint l'équipe. Quelques grammes de féminité dans un monde de chambres mal rangées, de crasse et de mauvaises odeurs. En stage avec Thibaud, l'année dernière à Dakar, ils avaient tous les deux rencontré Madame Sylla et évoqué les prémisses d'un partenariat. Le soir de son arrivé fut l'occasion d'ouvrir le Livre d'Or de l'association Bokk Jang et d'y relire quelques phrases écrites il y a un an, le 31 juillet 2002.

“ Nous sommes vraiment très motivés pour ce projet et nous souhaitons de tout notre coeur tenir notre engagement. C'est un formidable espoir !
Comme vous le dites si bien,
Inch Allah ! ”
Inch Allah...

L'inauguration du 5 juillet s'est fait en présence de quelques journalistes locaux. Un article fut publié dans le Soleil, quotidien national, parut le mardi 8 juillet 2003.
Le lancement a également été couvert par le quotidien privé “Le Témoin ” dans un article publié le dimanche 6 juillet.

Hann Bel-Air ou le “silence” d'une cours d'école.

Mathieu, posté au tableau, anime le cours. Face à lui, neufs futurs formateurs dont huit filles disposées en lignes sur trois rangs de bureaux. L'ambiance est studieuse, certains prennent des notes. Guillaume et Bertrand circulent entre les rangs, se penchent par-dessus les épaules, répondent aux questions, accompagnent les mains sur les souris. Le professeur débute son cours, sa voix porte. “ Le répertoire que vous venez de créer, on va faire une première chose?", il interrompt."ah, ce n'est pas fait." Cinq à dix minutes s'écoulent. “ Bon maintenant le fichier que vous venez de créer avec votre nom, on va d'abord essayer de le copier ailleurs. Vous cliquez une seule fois dessus pour qu'il soit une seule fois en bleu. ” Explications. De longues minutes s'écoulent. Le bruit des touches qui s'enfoncent, les clics répétitifs de la souris, les affalés des fonds de classe appellent le formateur d'un claquement de doigt. Entre temps, Guillaume reste en retrait et s'acharne patiemment à expliquer comment se déplacer avec une souris. “ Il ne faut pas avoir peur de bien tenir sa souris. Tu ne vas pas la casser !Tu as appuyé sur quel bouton là ?” Il est rouge, il fait chaud, il sue. Il sourit un brin crispé.
Les niveaux sont disparates. Si certaines n'ont jamais touché un ordinateur, d'autres possèdent quelques bases. Elles sont secrétaires, directrices, d'anciennes étudiantes.
“ Elles utilisent des ordinateurs tous les jours, m'explique Mathieu à la pause, mais elles résonnent selon des rails. Elles font tout le temps la même chose. Ce sont des automatismes. Une fois sorties de ces trames, elles sont complètement perdues. J'essaye de leur faire comprendre le fonctionnement global, un raisonnement. Essayer qu'elles acquièrent une autonomie vis à vis des logiciels. Travailler en automatismes ne résout rien. Il faut cerner le schéma global et acquérir des réflexes adaptables à tout type de logiciels. Il faut qu'elles comprennent ce qu'elles font et qu'elles puissent se débrouiller seules.”
Au bout trois heures, Guillaume sort. Passe sa main dans les cheveux une bonne centaine de fois ? “Mes impressions ? Il ne vaut mieux pas que je te les donne mes impressions?." Il se jette à nouveau à l'intérieur. Bertrand débat toujours avec Monsieur Fall, Directeur de l'ORT, ONG qui héberge le centre. Une lutte de plusieurs heures et de plusieurs réunions afin d'obtenir un devis pour la réhabilitation des installations électriques. Monsieur Fall est un homme à palabres.
Il arrive que des chèvres piétinent le gravier, s'attardent un instant curieuses entre les jeux pour enfants. Dans le silence d'une cours d'école désertée pour les vacances, elles dénotent avec le paysage. En fond, la rue et ses habitudes bancales et bruyantes, son bruit, ses camions qui font friser les murs. Toujours.

Fass Delorme, bruissements de ventilateurs et coupures de courant.

Les pièces de Fass Delorme regroupent les six formateurs du centre et les six autres du quartier des Parcelles Assainies. Douze personnes au total disposées en rectangle, le dos des écrans accolés aux murs. Dès neuf heures, les ventilateurs tournent déjà bruyants, l'atmosphère est suffocante, la climatisation, actuellement en réparation, laisse un creux béant dans le mur. Et ces fissures qui courent et écaillent la peinture.
“ Tu vois, il faut double cliquer très rapidement. Vous commencez à lire le poly? ”. Nicolas Ortiou dit Papa Malick a parlé. A droite. “ C'est bon, ajoute Jean, vous lisez bien les cours ”. A moins de vingt centimètres, Romain. “ Tu vas aller voir dans mes documents? ”. Droite, gauche, tout autour, au milieu, les étudiants encadrent deux à trois formateurs chacun. L'ambiance est conviviale, studieuse, quelques murmures de Wolof.
Deux coupures de courant sont intervenues les deux premiers jours de formation. Les étudiants démontent alors quelques machines et expliquent en cercle le fonctionnement du “ HARD ”. Disque dur, carte mère, fiche. Papa Malick prend une craie, s'installe devant un tableau noir vétuste et grinçant. Quelques dessins à la craie pour schématiser un réseau. L'assemblée en cercle, les bouches fermée, les yeux ouverts suivent attentifs. Jolis schémas Papa, jolis schémas !
“ Le plus dur est d'expliquer les choses qui sont devenues naturelles pour nous. Copier/ Coller et même aller chercher des fichiers, cela parait logique, tu n'as pas besoin d'expliquer. Il faut aller le chercher là où tu l'as enregistré. Mais c'est toute une démarche qui est difficile, il faut manipuler. C'est quelque chose qui est difficile à inculquer.” m'explique Thibaud. La complexité du décalage entre les attentes d'Afric'Edu et la réalité concrète oblige les étudiants à revenir un peu sur leurs objectifs de départ. “ Cela va au-delà de lacunes informatiques, ce sont des lacunes scolaires.”
Les étudiants adaptent leurs cours et reconnaissent que dans les personnes sélectionnées, certaines ne seront pas “formateurs”. “ Le problème est que toi tu veux directement aller aux choses qui te semblent compliquer à comprendre. Il faut revenir à la base, des trucs sur lesquels tu n'avais pas prévu de passer du temps. Mettre ton curseur au bon endroit, sauter une ligne, ce genre de chose. ” conclu Romain.

Directrice, Couturière, anciens étudiants aujourd'hui sans profession

La plupart des futurs formateurs possèdent un faible niveau d'études. En moyenne âgées entre vingt et trente ans, elles ont arrêté en seconde, première ou terminale. Elles sont couturières, coiffeuse ou sans emploie. Lors de la sélection des formateurs, les étudiants ont lourdement insisté sur les motivations. Il ne s'agit pas de bénéficier de la formation puis de quitter ensuite les centres. Les formateurs ont l'obligation de rester dans les centres pendant un an afin de transmettre leur enseignement à d'autres jeunes. Ici, les formations privées coûtent excessivement chère, tout le monde n'y a donc pas accès, en faciliter l'accès à des jeunes issus de quartiers défavorisés constitue une véritable opportunité.

Bien que le gouvernement Sénégalais investisse un tiers de son budget dans l’éducation, le niveau de scolarisation demeure faible. 55,7% dans le primaire, 16% dans le secondaire et 3% dans le supérieure. Sur une population d’environ neuf millions neuf cent milles habitants, le taux d’analphabétisme est de 2,4 millions dont 1,5 millions sont des femmes.

Photographie Grand-angle

Un Taxi humide pour Dakar...

L'ensemble des étudiants patiente devant le centre des Parcelles Assainies. Il n'est pas loin de seize heures, le ciel pèse lourd. Quelques premières gouttes puis l'orage éclate. Les t-shirts mouillés de sueurs deviennent rapidement gorgés de pluie.

Lors de ces orages d'été, les rues de Dakar sont des flaques puis des fleuves. La pluie bat les pare-brise, rythme les taules, déplace par vagues les détritus, inonde les cours et fait tomber la terre des toits. Dakar s'arrête, s'immobilise, ne laissant vivre que sa circulation décidément imperturbable. Le paysage devient chaotique. Le vent fait voler les papiers en de vastes tourbillons. Des étincelles éclatent de certains pylônes électriques. Les passifs des bords de route se rangent à l'abri et regardent tomber la pluie. Il n'y a que des toubabs pour courir. Oui, il n'y a que cinq toubabs pour courir et faire marrer les sénégalais penchés à leurs fenêtres.
Thibaud, Isabelle, Mathieu et moi, nous engouffrons dans un taxi. Un rideau de flotte s'abat violent sur la voiture alors que les visages terminent sommairement de s'essuyer. Monter dans un taxi Dakarois, c'est comme prendre l'avion. Pour être tranquille, se rassurer, il s'agit d'admettre que quoi qu'il arrive, on ne peut rien faire. Il faut accepter son impuissance, sinon les trajets sont invivables. Les taxis, jaunes et noirs, les officiels, tremblent, grincent, cognent mais roulent. Leurs carrosseries sont écorchées de parts et d'autres, les capots enfoncés, les pare-brise fissurés et ne tiennent qu'à un rétro viseur curieusement orienté. Certains n'ont pas de freins et terminent leurs courses en rétrogradant, s'aidant d'un trottoir pour s'immobiliser. Etre un taxi à Dakar, c'est se faufiler sans cesse, dépasser par la gauche, transformer une deux voies en quatre (Six, si le chauffeur est en forme), le tout avec une habilité impressionnante.
Le nôtre, malgré les "conditions climatiques", ne ralenti pas sa vitesse. Le taxi trace son sillage, ses pneus créent des déferlantes. L'ensemble de la circulation fait la houle. Des gerbes aspergent les passants passifs, qui râlent et improvisent des gestuelles. De la fenêtre du taxi, la route est un océan de boue vu du ciel. La pluie cogne, résonne. Elle est métallique, solide. L'eau ruisselle, abonde mais ne s'écoule pas. Le taxi gagne l'autoroute, les vitres se couvrent de buée. A l'arrière, la visibilité est nulle, nous en déduisons, par un habile raisonnement, que le chauffeur doit être confronté à un problème similaire. Dans la voiture, les visages se crispent un brin. Plus personne ne parle. Il freine brusquement, glisse sur un mètre et s'immobilise à vingt centimètres de la voiture de devant. L'inquiétude s'installe oscillant entre le silence et les rires nerveux.
Entre deux plaques de buée, nous distinguons vaguement les couleurs. Qu'importe, il ré-accèlère, se faufile. Isabelle regarde effarée. "Mais il ne voit rien là..." Les phrases sont peu nombreuses. "Tenez, un mouchoir..." propose Mathieu insistant. "Attendez, bougez pas, je vais le faire. Voilà, vous verrez mieux et... ça me rassure..." Thibaud chope mon micro. "Je demande pardon à tout le monde, ma famille mes amis..." Éclats de rires nerveux suivis de longs silences. Des accoups, des coups de frein, des relances, des glissades. Certes, à l’avant la vision est nulle mais il y a le paramètre arrière auquel nous n'avions pas songé. Sur le côté nous apercevons la route, les voitures qui se suivent étroitement et l'eau qui engorge les trottoirs, déferle sous les châssis. Le chauffeur se range sous un pont, sur le bas côté, manquant d'écraser les pieds d'une dizaine de personnes abrités. Nous mettons un certain temps à réaliser qu'il vient de crever. Il ne manquait que ça. Il sort de la voiture, ouvre son coffre et commence à changer la roue. Imperturbable, non paniqué. Nous descendons. Il a de l'eau jusqu'aux chevilles, les voitures circulent à moins de dix centimètres de son dos incliné. Il se fait éclabousser de tous côtés. Il change sa roue, pataugeant sans un mot. Les torrents s'écoulent des murets, impressionnants. Dix minutes plus tard, nous repartons, l'air de rien.
Nous parvenons à rentrer sains et saufs et humides. Ici, les orages durent à peine une heure mais quelle heure...

Dakar 2003 : Newsletter 4

Newsletter 4. Lundi 14 juillet au 26 juillet.

Fin et épilogue au voyage…

Les clôtures du projet ont eu lieu vendredi 18 juillet à Hann Bel Air et samedi 19 juillet aux Parcelles Assainies. Dès le samedi soir, le centre des Parcelles fonctionnait jusqu’à trois heures du matin. Une longue file pour accéder aux ordinateurs saluait l’ouverture du Centre.
A Fass Delorme, la connexion ADSL fut une des premières mise en place, mais les associations du quartier repoussent l’ouverture. Quelques détails de « température » à régler ralentissent le lancement des formations.
A Hann Bel-Air (Yahkar), le maire de la commune traîne lui aussi à signer l’abonnement ADSL. Magatte, futur chef de centre, veille et campe des heures entières dans le bureau du Maire. Toujours est-il que dans les trois locaux, les fondations (équipement, formateurs, administrateur et gestionnaires, etc.) sont organisées.
Après quatre jours de repos sur la plage somptueuse de Kayard, nous regagnons Dakar, sa pollution, ses embouteillages. Visites surprises dans les centres. Le centre des Parcelles impressionne. Tous les responsables sont présents. Belle image avant le départ. « …ils se débrouillent sans nous. Ils se sont pris en main, se sont organisés. Un peu l’impression de voir son bébé marcher seul ».
Puis les étudiants songeront de plus en plus au retour. La nourriture sénégalaise lasse. « Le riz, c’est fini et dire que je pensais que c’était mon premier amour, le riz c’est fini, je ne sais si j’en remangerai un jour… » chante Julien, Hassan, explosé de rire. Afric’Edu, fatiguée du riz, du poisson…
L’heure des premiers départs arrive. Bertrand et Jean nous quittent pour un autre voyage, empruntent une autre route. De la Mauritanie, à l’Espagne, en passant par le Maroc, l’adieu sur une plage.
Entre la fin de leur action à Dakar et le retour en France, les étudiants d’AfricEdu reviennent sur les étapes et dressent un bilan du projet. Une année d’investissement, cinq semaine d’immersion et au bout, tout au bout, trois centres de formation fonctionnels au lieu de deux et dix huit formateurs locaux préparés. « Concernant le projet, le bilan est plus que positif. Nous avons respecté nos engagements. Maintenant reste à savoir si le projet va perdurer… conclue Thibaud, j’en sais rien. Nous avons respecté les « clauses » de notre contrat. C’est désormais à eux de prendre définitivement la suite… »

Clôture des formations et lancement officiel à l’ORT d’Hann Bel-Air.

La clôture des projets eue lieu le vendredi 18 juillet à Hann Bel-Air et le samedi 19 juillet aux Parcelles.

Aux parcelles, DEGO, l’association des femmes du quartier prend le projet en cours, fermement en main.

Afric’Edu n’attendait que la réhabilitation du local pour installer le matériel informatique. Ce lundi 14 juillet, les travaux ont été réalisés et le matériel mis en place. Les formatrices et formateurs, formés jusque là à Fass Delorme, regagnent désormais leur propre centre.
Les Parcelles. Un quartier, hier encore, recouvert par la mer. Dakar s’étend, s’étire, loin de son centre. Vous voilà aux Parcelles. La devanture du local fait l’angle. Il y a encore deux semaines, la salle était dévastée, les murs fissurés, le sol défoncé, la poussière salée épousant le tout. En une semaine, Dego, l’association des femmes du quartier, a fait carreler le sol, aménagé l’intérieur du local, bâtit un muret pour éviter les infiltrations de pluies et dresser un auvent où figure inscrit à la peinture blanche « Centre d’Excellence et de Formation… ». L’équipe d’Afric’Edu salue l’initiative et le dynamisme de l’équipe des Parcelles. « On demande des nappes, on te les apporte dans l'heure... » m’explique Papa Malick, ravi.
Quelques jours après l’inauguration officielle du centre, formateurs et formatrices s’étaient tous créés leurs propres adresses mails et s’organisaient en équipes. Le Centre ouvre à dix heures et ferme à trois heures du matin. Dès le samedi, les responsables des Parcelles décident de lancer le cyber. Il tournera jusqu'à cinq heures du matin, les habitants font la queue pour accéder aux ordinateurs. Des scènes et des témoignages qui laissent espérer, démontre que l’action ne fut pas inutile.

Mails envoyés de Dakar à Lyon, le 29 juillet 2003.

« Bonjour j espère que tu bien arrivé je voudrai te dire que ça été un grand plaisir de travailler avec vous tu as été cool tout le monde vous dit merci je vous dis que le projet connaîtra un grand succès inchallah. Actuellement je suis entrain d installer le Norton dans les p3 c est un grand boulot car il n ont pas de lecteur de cd mais quand même j ai réussi à installer 3et il ne reste que 3 bon il faut que je te laisse.bonjour à la famille »
Ly Malick, Fass Delorme, administrateur du Centre

« allo bouillon , je commence a te demander si t'as commence a récupérer physiquement après
un séjour vraiment mouvemente au Sénégal
saches q j'ai vraiment ta nostalgie
tchao et a bientôt sur le net
(LE CYBER CA MARCHE A PART QUELQUES FOIS ON A DES PROBLEMES DE CONNEXION) »

abdallah dia, L'administrateur de parcelles

Tarifs et gestion des centres.

Les formations informatiques au Sénégal sont excessivement chères. Le tarif s’élève à 15000 francs CFA (soit 150 francs français) pour un mois avec 24 heures de cours réparties en trois séances de deux heures par semaine. Le Smic sénégalais varie entre 40000 et 50000 francs CFA (soit entre 400 et 500 francs français). Bokk Jang a établi des tarifs bien inférieurs de façon à « ouvrir » les centres aux plus démunis. Dans les trois centres, la formation coûte 5000 FCFA (soit 50 francs) pour les garçons et 3000 FCFA ( 30 francs) pour les filles. Toujours cette volonté pour Bokk Jang Bokk Jeff d’appliquer une discrimination positive à l’égard des couches populaires et en particulier des jeunes filles.
Bokk Jang est une association de bénévoles, non lucrative. Les rentrés d’argent réalisées par le centre assureront la pérennité du projet. A la fin du mois, l’argent permettra de régler la facture de la connexion Internet, l’électricité, le reste étant intégralement reversé aux six formateurs, administrateurs et animateurs de chaque centre sous forme d’une prime d’intéressement.

Photographie Grand-Angle.

Aux étudiants d’Afric’Edu, aux partenaires, à ceux qui ont partagé le voyage, l’aventure…

Car l’Essentiel n’est pas ce qui se trouve dans le cadre mais juste à coté, ce qui déborde sur la photo. L’à côté qui donne au sujet toute sa justesse, sa puissance et son honnêteté.

L’aéroport de jour. Il y a cinq semaines, j’étais arrivé de nuit, seul à Dakar. Les entassés des barrières sont toujours là. Je me souviens d’une arrivé, hier, mes sacs fermement serrés contre moi, la foule, leurs paroles, la tête baillant, à l’ouest, les yeux écarquillés, la profusion et l’enivrement d’une première claque. L’Afrique crue et nue. Aujourd’hui, je passe au milieu d’eux mon sac ballant et les yeux grands ouverts, sûr de moi, confiant. J’ai trop d’avance, je m’assois en haut d’un escalier griffonner les pages d’un journal de bord que je refuse de clore et une petite fille passe avec sa sœur, me sourit, légère, je lui souris. Elle s’arrête, revient sur ses pas, me tend sa main, amusée. Quelques mots de wolof à sa sœur, un « toubab » désormais bien connu glissé au milieu. Elle attrape délicate la main de sa petite sœur, me la tend amusante. Elles repartent toutes les deux, l’air de rien, comme elles s’étaient posées, souriantes, lentes, attentives. Le temps sénégalais, l’attention, la conviction agréable qu’au milieu du fouillis hallucinant d’un aéroport, d’une gare routière, d’un centre de Dakar grouillant, clinquant, bruyant, agité, un ou plusieurs regards « silence »vous posera, apaisant, une chaleur rassurante aux creux d’un visage aux dents blanches. Je note. « Ici, j’ai appris à sourire ».
Je regarde derrière les larges baies vitrées de l’aéroport.
Je revois ses terres rouges, ses peuples, ses couleurs, tout ce hors champs. Le trajet en taxi jusqu’à l’aéroport, un chauffeur auquel je ne dis pas grand chose. Je me chargeais une dernière fois d’images. « Pas un mot…», me confiera Jérémie plus tard, à Lyon. « Dans le taxi, tout le groupe était silencieux ». Pendant cinq semaines, j’ai accompagné la route de douze étudiants en école d’ingénieurs qui n’étaient pas là par hasard, qui recherchaient un ailleurs, autre chose. Le bordélique Nicolas, Papa Malick, son magnifique short « patchwork bariolé » ( !!) qu’il n’a d’ailleurs pas beaucoup mis, son « stand by me » guitare à répétition, son optimistes, sa barbe fleurie dont il est si fier et ses rêves hallucinants, entre « dévoré par des bêtes »ou « mangé par le ventilateur ». Romain, Daouda, son compagnon de chambré, à se raser tous les jours au poil près, petite tourista d’une semaine, le seul qui a été « bénéfiquement » marabouté, un coup de téléphone très matinal. L’autre Nicolas, Cheikh, qui dormait toutes les nuits à la belle, rabattant sa moustiquaire en fric frac juste avant que la pluie ne s’abatte sauvagement, ses bouteilles de Sprite achetées à la supérette du coin, ses biscream, toujours à amuser les gosses, les faire rire, à les faire s’envoler. Mathieu et Guillaume, nos deux supers toubabs. Mathieu cartésien, rigoureusement français mais à impressionner toute l’équipe d’Afric’Edu par sa patience, sa pédagogie et sa facilité à transmettre l’enseignement informatique. Guillaume, Moumoudou, rapidement rougi par le ciel, sa prudence perpétuelle à l’égard des partenaires, son sérieux à tenir les comptes, à tout noter. Jean, plus discret, introverti, curieux de voir, à tout prendre, qui se préparait déjà à un autre voyage. Bertrand, toujours en quête, plus solitaire, déambulant, échangeant, la guitare au sac ou à la main, saluant la moitié de la cité Isra d’un « salut à toi, ça va toi ? », tellement lui. Julien, Hassan, dit « le gouffre », comptez sur lui pour finir les plats, même ceux qui ne passent pas les portes, son éternel sourire, son succès auprès des habitants de Fass, surtout des petites demoiselles toutes amoureuses de lui. Jérémie, tellement heureux de pouvoir marcher dans la rue, « Salut, ça va ? » à droite, à gauche, au milieu. Prenant les sénégalais qui nous accostait pour nous traîner dans leur boutique à leur propre jeu. Il parlait plus qu’eux, de manière qu’ils se lassent aux bouts de quelques rues. Thibaud, le président, qui a su assumer son rôle à chaperonner le tout, à recadrer avec vigueur, à ne pas se laisser faire. Isa, Fatoumata, la « Dame » du groupe, ces coups de gueule contre les irrespectueux d’un monde qui nous a adopté, nous accueils bras ouvert, sa conviction intime que l’amour et la foi en quoi que ce soit, à l’image de Magatte, sont le moteur l’existence. Un groupe hétérogène, éclectique, dynamique et tenace. Des futurs ingénieurs qui ont su adapter et modeler leur rigueur scientifique à un pays, à un public qui n’en avait pas ou peu.
Il est cinq heures du matin, j’arrive à Madrid. J’enfourne ma montre dans le fond de ma poche, encore un temps. Prendre son cachet de Savarine encore…deux semaines.
« Saaaaaavarine !!! ». Petits déjeuners quotidiens assis en tailleur sur les nattes. Chaque matin comme l’appel à la prière rituel du Mufti… « Ah, j’allais oublier…».
Les gens ne se regardent pas. J’allume un petit cigare que Bertrand m’a laissé pour le départ, me replonge dans les premières pages.
Je me souviens de notre première rencontre avec Madame Sylla, présidente de Bokk Jang. Sa présence, ses paroles, son sourire avaient suffit à apaiser les esprits et les doutes d’Afric’Edu. Des épaules solides sur lesquels les étudiants se sont appuyés confiants, rassurés. Les murs s’abattent ou se contournent, toujours avancer. Afric’Edu au travers de Bokk Jang a compris l’importance d’avoir un partenaire local fiable et entreprenant. « Trois jours pour dédouaner le container ! ! ! ! », L’ambassade de France n’en revenait pas. Rien que ça, déjà. Ses contacts et ses relations. Et Magatte, la maman de ces douze toubabs, qui s’est occupé de nous comme de ses propres enfants, que l’on a épuisé tant elle était têtue et de cœur. Je les revois toutes les deux avec Thibaud dans le vaste bureau-salon du Ministre du Développement Social. Je me souviens de Cécile et Sophie qui nous ont fait à manger, se sont occupé de nous comme de leurs frères. Je revois le tas énorme de linge au milieu de la cour et ses réveils turbulents. « Allez, sortez tous vos affaires sales. La dame de la lessive est là… ».
Je revois l’installation des ordinateurs, les étudiants en train de monter les câbles réseau en plein cagnard. Cette vieille femme sur le bord de la route menant au centre de Fass qui les saluait à chaque passage, serrant ses poignes, les dressant vers le ciel. « Merci, Merci, Merci.. » « A chaque fois que l’on passe, elle nous dit bonjour avec ce sourire. Elle n’ira sans doute jamais au centre. Elle a du entendre parler du projet… » m’avait expliqué Julien, Hassan.
Aux Parcelles, je me souviendrai de ces enfants qui regardaient intrigués les écrans. Jérémie et Nicolas, prenant garçons et petites filles « tresses » sur leurs genoux, leur ouvrant les logiciels de dessin sur les bureaux. En quelques explications, les enfants sourient et dessinent. En dix minutes, ils ont assimilé le fonctionnement de la souris, les boutons....
Dans les trois centres, les formations sont gratuites pour les enfants.
Au centre de formation de Fass Delorme, je me souviens du calme et lent Bangoura, une cinquantaine d’année, membre de Bokk Jang/Bokk Jëf, qui a dormi sur un matelas dans une des pièces pendant toute la durée de l’installation. Son réveil qui sonnait en pleine après-midi. J’entends encore résonner sa radio dans cette salle du fond vide. Les quelques grésillements d’une antenne mal réglée.
Je termine le journal. J’embarque bientôt. J’ai retrouvé les journaux français. Je souris devant cette « fameuse » actualité qui ne fut pas la notre pendant ces cinq semaines. Des affaires qui semblent bien fades, bien petites et bien loin.
Certains vous expliqueront que l’Afrique ne pourra jamais s’en sortir. La corruption, les aberrations, les paresses. Certes, nous avons vu la belle Afrique. Un beau visage, celui du Sénégal, une impressionnante mégalopole métissée et tissée, Dakar. Un pays leader en Afrique de l’ouest, politiquement passé à l’opposition il y a quelques années ce qui laisse entendre que la démocratie est véritable et non celle du plus fort. Un sol sur lequel tradition et modernisme ne dessinent pas un paradoxe mais s’enlacent sans surprendre. « Mais pour combien de temps ? » vous dirait Bertrand. Une terre où musulmans et chrétiens cohabitent dans un respect mutuel et une entente profonde. A Djola, je sais que catholique et musulmans sont enterrés ensemble, le même cimetière, le même sol, la même terre. Une société où le rôle des femmes est indéniable. Dynamiques, entreprenantes, élégantes. Un pays où les ethnies se taquinent, « cousins plaisantins », mais se respectent dans leurs différences. Un pays ont le taux de personnes contaminées par le virus du sida demeure relativement stable et parmi les plus faibles d'Afrique, à 1,4 %, selon les derniers chiffres officiels (2001). Les campagnes d’information et de sensibilisations sont de plus en plus fréquentes. Sensibilisation également aux problèmes sanitaires. Le 5 juillet 2003, un événement télévisuel, la première fois qu’était organisé par le ministère de la Santé un Téléthon pour lutter contre le paludisme. 8 000 décès par an au Sénégal. 440 millions de CFA furent recueillis.
Bien sûr, il y aussi le reste… Cette pauvreté, pas la misère qui fait crever de faim, mais la pauvreté dans laquelle on vit, de laquelle on se débrouille. Tous ces petits boulots qui font d’un bordel apparent un fouillis terriblement organisé. Je revois un sénégalais circulant toute la journée entre les files de voitures arrêtées pour vendre une canne à pêche. Demeurent la saleté, la pollution et la crasse. Un détail au côté de ces gamins encore nombreux, les talibés, serrant leurs boîtes de conserve, mendiant aux feux, à qui il semble interdit ‘être un enfant.
Je gagne un pays sans couleur, sans odeur, aux lignes peintes en blanc, droites, en rang. Je rejette le pessimisme et le défaitisme des coopérants du Corto, bar à l’entrée de la cité où nous logions tenu par un couple de français à l’âpre et amère saveur encore trop « coloniale ». Cet enseignant de longue date en lycée français, ici à Dakar, que l’on a croisé, dépité d’une terre sur laquelle il vit depuis des années. L’Afrique est condamnée. Il y a un siècle, en pleine colonisation, l’Afrique tuait, puis l’Afrique a rendu malade, épuisé. Peut-être qu’aujourd’hui l’Afrique use. Je ne sais pas. Je refuse de le croire….
Comment communiquer cette Afrique que l’on a partagée à douze. « Va dire aux gens que pendant cinq semaines, tu as vécu au milieu de déchets, de crasse et de pollution et que tu as adoré ça…. » Va leur faire comprendre.
Enfin, je me souviens de ce grand gaillard de seize ans que le groupe avait surnommé affectueusement Dam Dam, qui passait chaque soir à la maison se poser avec nous. « En France, vous êtes tous riches comme dans les films ? » Sa curiosité et son envie terrible de venir là-bas, en France. Il nous demande les salaires de toutes les professions, d’ingénieur à électricien…bien-sûr pour toi Dam Dam. « Mais alors il suffit que je me débrouille et je gagnerai bien ma vie ». Le SMIC sénégalais se maintient entre 40000 et 50000 francs CFA par mois (soit entre 400 et 500 francs français). Tu sais Dam Dam, ce n’est pas si simple… « Mais tous ceux qui partent. Ils reviennent au bout de dix ans et ce font construire des maisons ». Que lui répondre, il a raison. Comment lui expliquer d’autres réalités tout aussi justes qu’il ne veuille pas entendre. Ils sont nombreux à être partis, à ne pas avoir franchi le hall d’un aéroport de France, à être revenu. Il le sait. Ils sont appelés les « Modoumodou », ces africains qui partent pour la France, l’Espagne, l’Allemagne ou l’Italie et qui reviennent tôt, tard ou pas.
J’écris une dernière ligne. « L’Afrique, comme toutes ces terres à cent lieues de la notre, finit par être un voyage intime. Quel que soit l’objectif du voyage… »

J’entends l’hôtesse au micro. « Lyon, le temps est nuageux, la température extérieure est de 30 degrés. Pour votre confort et votre sécurité, veuillez attacher vos ceintures, nous allons traverser quelques zones de turbulences... ». L’atterrissage sera long et mouvementé. Pour certains d’entre nous, elle ne croyait pas si bien dire...

Dakar 2003 : Article paru dans Le Soleil

Article extrait du quotidien national Le Soleil paru le mardi 8 juillet 2003 rubrique EDUCATION-SCIENCES & CULTURE

REDUCTION DE LA FRACTURE NUMERIQUE : Fass Delorme étrenne son centre multimédia

Fass Delorme a fait un pas dans la lutte contre la fracture numérique. Samedi dernier, les populations, femmes et Asc de jeunes ont pu constater, satisfaites, la vingtaine d'ordinateurs et accessoires disposés dans deux salles au premier étage du centre Socioculturel du quartier.
Le cadre de pratique des Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) est le fruit du projet "2B1-SN" (lire en anglais To Be One) de l'ASsociation Bokk Jang/ Bokk Jëf Sénégal (en langue wolof, "étudions et agissons ensemble pour développer le Sénégal"). Le projet a été développé en partenariat avec l'Association pour la Fromation de réseaux Internet commise à l'éducation et au développement des Universités (Afric'Edu). Cette association a été créée en 2000 par des jeunes lyonnais (France), dont la plupart des membres sont élèves ingénieurs.
de l'Ecole catholique des Arts et Métiers (Ecam Lyon). Aux dires du président d'AFric'Edu, Thibaud Helluy, l'association a pour vocation de "récupérer du matéreil informatique donné par des entreprises françaises, de l'acheminer jusqu'au pays d'accueil, l'installer sur place dans une université ou structure de formation et de rendre le projet viable sur le long terme par la formation du personnel". Depuis deux semaines à Dakar, ces jeunes (une dizaine) lyonnais de 22 ans de moyenne d'âge ont apporté un peu plus de soixante ordinateurs et matériels informatiques divers, dont une vingtaine de Pc alloués au centre de Fass Delorme. Mis en place, il y a trois ans, le projet 2B1-SN de "recherche et développement sur les Ntic" a pour but d'introduire celles-ci dans les communautés locales comme FAss Delorme. Selon Mme Fatimata Sèye Sylla, présidente de l'association sénégalaise créée en septembre 1997, à Dakar, Bokk Jang/Bokk Jëf s'intéresse à l'éducation, la formation professionnelle et la vulgarisation des Ntic en milieux défavorisés, au bénéfice notemment de la Femme et de la Jeunesse.
Le quartier Fass Delorme a été choisi juste à propos. Le maire de la commune d'arrondissement de Gueule Tapée-Fass-Colobane, Adama Bâ, venu présider la cérémonie de présentation du centre informatique en compagnie du ministre du développement social, Maïmouna Sourang Ndir, a fait savoir que "FAss est l'une des 19 communes d'arrondissement de Dakar les plus pauvres". En témoigne l'état du bâtiment abritant le centre Social de la localité. Murs défraîchis, lézardés et terrassement craquelés par endroits sur le point de s'écrouler. Les ordinateurs réceptionnés sont installés dans des salles en piteux état où règne une chaleur étouffante préjudiciable à la conservation des machiones qui ne peut assurer les deux ou trois ventilateurs mis en service.
Le ministre du Développement social, Maïmouna Sourand Ndir, a promis une enveloppe d'un milion FCFA déstiné à l'achat de chaises, de tables, etc. Fortement applaudie par l'assemblée de notables et de jeunes, elle a dit son engagement à rechercher avec eux les moyens et à les acconmpagner dans la bataille pour le développement social.
Mme Sourang Ndir a, par ailleurs, souhaité que l'expérience de Fass Delorme fasse tache d'huile.
"CE qu'Afric'Edu et Bokk Jang/Bokk Jëf ont fait se situe à la frontière de ce que je veux faire", avait expliqué M.Bâ. Il s'était dit disposé à mettre la grande salle de la mairie à la disposition des associations pour continuer les sessions périodiques de formation en informatique multimédia et d'initiaion à la pédagogie, suivies par 12 jeunes volontaires du quartier populaire depuis juillet 1999. D'après le maire, sa commune de 73.000 habitants n'encaisse" que 4,5 millions de FCFA de taxes".
Il a, en outre, annoncé la construction en cours d'un nouveau centre socioculturel sur l'espace vague contingu aux HLM Fass.
Outre l'objectif de former 300 apprenants pour ce premier centre, Afric'Edu et Bokk Jang/ Bokk Je¨f envisage dans le projet global To Be One de mettre en place deux autres du genre dans les localités de Hann et Parcelles Assainies, auxquelles est destinée la quarantaine d'autres ordinateurs (une vingtaine pour chaque quartier).
Afric'Edu en est à sa troisième expérience du genre. Le deuxième projet a mené l'association à Douala, au Cameroun, où dix membres de l'équipe 2002 d'élèves-ingénieurs ont mis 50 ordinateurs à la disposition de l'Université de la ville. Un an plutôt, six étudiants de l'ECam s'étaient rendus à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal) pour y installer une vingtaine d'ordinateurs en réseau dans la bibliothèque.

M.L. BADJI

St Louis 2004 : Newsletters

Chers lecteurs,

Toute l'équipe d'afric'edu vous remercie de suivre notre grande aventure. Nous tâcherons de vous faire partager nos impressions et de vous donner une description la plus complète possible de nos actions. Mais avant tout, une petite présentation des membres de l'association et de notre contact local s'impose. Nicolas Crussy, Pierre Guiol, Geoffroy Horaist, David Jousset, Guillaume Maisonnier, Patrick Parchoux, Joël Penka et Olivier Perraud constituent l'équipe d'Afric' Edu. Mme Sylla est la coordinatrice principale du réseau associatif locale. Vous découvrirez les différents partenaires au fil des newsletters.

Départ et arrivée...

Notre avion partant de Roissy Charles De Gaulle mardi 6 à 11h, il fallu se rendre à Paris et passer la nuit chez la soeur de Patrick, aux alentours de Rambouillet. Nous avons donc pris le départ lundi 5 en début d'après midi, après avoir mangé ensemble au foyer ECAM. Pour des raisons financières, nous avons fait le choix de monter sur Paris en voiture en passant par la national 7. Le voyage fut long et périlleux, mais après huit heures de voiture, nous avons enfin pu atteindre notre première étape. La nuit fut courte; malgré une journée fatiguante, l'excitation du départ et un réveil très matinal nous ont laissé que peu de repos. Mardi matin, levé à 6h, départ en train île de France à 7h, suivi du RER et enfin, arrivée à l'aéroport à 9H pour l'enregistrement des bagages. On retrouve au passage Joël, qui était monté sur Paris la veille afin de régler ses problèmes de VISA. Décollage Pour Madrid à 11h40 à bord d'un A320 de la compagnie Air Libéria. Deux heures de voyage insoutenable pour Billy, qui manifestement n'a pas une confiance absolue dans les nouvelles technologies! Après trois heures d'attente à Madrid, nous décollons enfin pour Dakar; six heures de vol avec une escale aux Iles Canaries. Nous arrivons sain et sauf à Dakar à 22h20 ou Mme Sylla nous attendait avec son mari. Toutefois, Djo ne trouve pas son sac aux tapis roulants. Nous apprenons aujourd'hui qu'il est resté à Madrid et que Djo pourra le récupérer demain (le 8). Mme Sylla nous accueille chez elle, à trois kilomètres du coeur de Dakar, dans la cité Isra, à coté du port commercial et de la baie. Nous nous installons dans une grande pièce où l'on met en place les moustiquaires, élément indispensable pour dormir sans être agressé

Mercredi 7 juillet

Aujourd'hui, 7 juillet, après une nuit salvatrice, nous prenons la route pour l'ambassade afin de signaler notre présence au Sénégal et pourquoi pas, avoir des entrées pour la réception de lambassadeur du 14 juillet. Le trajet est surprenant. Nous marchons pendant une heure le long de routes sans trottoir agitées par une circulation dense, passant d'une petite charrette de marchant de légume à un vieux camion rongé par la rouille transportant des ferrailles, sans parler des taxis jaunes et noirs. Une fois en centre ville, nous ne pouvons pas passer inaperçu, stoppés constamment par des marchants d'objets divers. Là commence de longues négociations et finalement, nous trouvons notre bonheur, plus ou moins bon marché. Une fois passée à l'ambassade et à la pharmacie pour prendre d'autres moustiquaires, nous regagnons la maison de Mme Sylla, en taxi cette fois.

La nous attend Rose, la fatou de la maison), avec un bon repas traditionnel, le Tib....... constitué de riz, poisson et épices. Avec ça, de délicieux cocktails à base de mangue, gingembre et Roy Boi (thé africain).

Jeudi 8 Juillet

Aujourdhui, 8 juillet, grand départ pour Saint Louis de léquipe toute entière, et ceci à 6 heures du matin pour éviter la chaleur. Mme Sylla nous accompagne pour visiter les salles des futurs centres et nous présenter aux contacts locaux. 4-5 heures de routes pour faire 200km, assez dépaysant pour nous, de nombreux villages sont sur le trajet. Il y aura même un petit PV de 3000 FCFA (5 euros) pour un des chauffeurs qui navait pas vu un stop Le voyage que nous faisons nous montre un pays que lon peu décrire ainsi : une terre de sable avec des buissons éparses puis des arbres qui semblent secs et anciens. Parfois une forêt de baobab fait son apparition. Pour la foret de baobab il faut simaginer des troncs énormes distants de cents mètres sur lesquels quelques feuilles rappelle la chaleur. Le pick-up Toyota plein de ses 7 passagers en cabine roule prudemment sur la route. Doublant les fameux cars jaunes que chacun a déjà vu dans une revue, nous progressons à travers les villages traversés par la route bien goudronnée à leuropéenne. Les cultures napparaissent pas comme en France, denses et colorées, mais plutôt par les taillis qui les séparent du reste et les protègent du bétail croisé ici et là.

Dans tous les cas la présence de lhomme est apparente. Si ce nest pas directement cest par des installations ou des déchets bien trop nombreux. Dune manière générale lactivité est partout présente.

Arrivés à St Louis nous nous arrêtons dans ce qui sera notre premier centre et aussi notre logement pendant notre séjour à St Louis. Après un accueil très chaleureux par lensemble des partenaires locaux, nous visitons les lieux des autres centres ainsi que la salle qui nous servira à dispenser la formation. Nous apprenons que nous avons trois anges gardiens pour nous aider et nous faire découvrir le coin ainsi quune équipe de femme pour notre nourriture qui soit dit en passant est délicieuse (la dorade sénégalaise est fameuse). Après un copieux déjeuner, nous partons à la découverte de lîle, haut lieu touristique mais aussi le centre historique de Saint Louis qui fut la capitale Sénégalaise lors de la colonisation. Nous sommes assistez de As et Mamadou qui nous évite bien des tourments pour les toubab (blanc) que nous sommes. Nous avons eu aussi le droit à des noms Sénégalais car les prénoms européen sont un peu trop olé olé pour le coin, une liste arrivera bientôt pour ceux que cela intéresse Nous avons profité de cette visite pour envoyer quelques mails à partir dun cybercafé local afin de rassurer nos familles (No news, good news ????) et aussi pour faire une petite pause chez As qui habite juste devant le quartier des pécheurs.

Le centre de St-Louis, « lIle » ressemble à un décor colonial, un peu vieilli. Les maisons à deux étages montrent leurs généreux balcons inutilisés. Dun coté de lIle le pont Eiffel construit en 1931, de lautre les longues et lourdes pirogues traditionnelles qui font leurs balais quotidien. Le soir le marché réuni une activité débordante dans une nuit qui vacille au rythme des lumignons des taxi dont les propriétaires sont fières. Des étalages se dessinent dans la nuit ; les enfants dorment derrière les denrées et les senteurs des grillades portées par la brise marine allèchent le passant pour être immédiatement couvert par les gaz déchappements, omniprésents. Les voitures forment un balai incessant, infatigable profitant de la fraîcheur de la nuit. 3 Francs Français pour la course, le taxi est incontournable. Quant à léquipe, elle commence à se fondre, à comprendre les mécanismes de la vie africaine Nous faisons notre entrée.

A bientôt pour de nouvelles aventures

St Louis 2004 : Newsletter 2

Chers lecteurs,

Nous voilà parti pour la deuxième partie de notre aventure, nous espérons que la 1ere partie vous a plu et quelle na pas été trop douloureuse à lire.

Vendredi 9 Juillet

Première nuit à Saint Louis, plutôt reposante, malgré lappel à la prière de la mosquée toute proche vers les 5h et 5h30 du matin. Ce matin, accompagné de Asse, une partie de léquipe part sur lîle pour aller au consulat de France afin de nous déclarer et prendre contact avec le consul qui nous a reçu après une bonne heure dattente, bonne nouvelle pour joel, camerounais, qui devrait pouvoir assister à la petite fête du 14 juillet.

Lautre partie reste au premier centre pour préparer un peu le planning des premiers jours de la formation qui, pour les gens dici, sera un véritable séminaire. Nous travaillons avec 4 associations qui ont sélectionné chacune 6 personnes et ceci avec CV, lettre de motivation et tout le tutti ! Nous sommes plutôt impressionné par cette organisation mais cela est un gage de réussite. Nous avons aussi réglé au cours de cette réunion les différents aspects de notre séjour, linge, restauration, etc Les Saint Louisiens sont vraiment des gens très accueillants et nos contacts sont véritablement motivés, cela nous réjouit réellement. Nous profitons aussi de lattente de lautre groupe pour discuter longuement avec Mme Diop de lAfrique et des problèmes omniprésents.

Notre adresse est Route de Dakar, quartier Pikine (après la pharmacie pikinoise). Cest ladresse que nous donnons aux « taxi drivers ». Cependant les dimensions de St Louis rendent certains trajets possibles à la marche, dautant plus quil nous faut exercer une certaine activité physique pour justifier les repas abondants et de qualité. Fatim, qui nous prépare à manger, à lhabitude des estomacs européens fragiles : elle nous ménage et pour linstant aucun ennui gastrique nest à déplorer ; bien au contraire. Il semblerait que la cuisine anime certaines passions puisque David a filmé la préparation de la viande. Mis à part la cuisine il y a aussi les détails comme lencens, le Thiouly, qui se répand dans notre chambre dans la quelles les 5 moustiquaires et le ventilateur dépaysent jusquà nos nuits ! Les repas sont tantôt Sénégalais tantôt européens. Nous pénétrons la vie locale par tous ces détails, lappel de la prière, les tapis déroulés à moitiés dans le sable, les mouvements des dos qui se prosternent et la voix arrivant du Minaret. Tu as besoin de tongues ? OK. On va à 30 mètres dans la boutique, tu as des chaussures pour 5FF.

Laprès midi se décompose en une bonne sieste et un petit tour à hydrobase, la plage la plus prisée de Saint Louis, des rouleaux de plus dun mètre et un très fort courant ne nous découragent pas mais attire quand même notre attention. A vue dil, leau doit être à 25 degrés, plutôt agréable donc pour les européen que nous sommes. Le voyage de retour nous permet, tout comme lallée dailleurs, de passer au travers du quartier des pécheurs, le Genda (gens de la mer en Wolof) avec son lot dodeurs et de dépaysement pour nous. Les étalages de poissons séchés dégagent une forte odeur dans laquelle baigne un concentré de vie africaine : des zébus, des chèvres, des moutons, des pirogues et leurs pêcheurs saffairant. De partout une nuée de gamins jouant ; les baby foot sont dehors. Une grande partie des personnes sont habillées à leuropéenne, et souvent mieux que le français moyen. Le goût est plus éclatant, le sourire contrebalançant largement les imperfections ou lusure des vêtements. La touche luxueuse que peu amener certaines parures contraste trop souvent avec le cadre. Le cliché choc est constitué dune belle femme dans une belle parure préparant à manger dans un décor quun toubab (homme blanc) caractériserait de chaotiques.

Samedi 10 Juillet

Après une bonne nuit, malgré lappel à la prière quotidien (à 5h) de la mosquée, bien protégés sous nos moustiquaire, nous nous réveillons frais et dispo pour cette nouvelle journée sénégalaise.

La matinée fut tranquille, un groupe est allé au cyber sentoo pour vérifiez les emails avec Tine Macoumba, un de nos ange gardien, qui sur le voyage du retour nous a présenter Moussa Ndiaye, un de ses amis qui nous parait très calé en informatique, il pourra donc nous aider si nous devons acheté du matériel sur Saint Louis. Un autre groupe a été se promener dans le quartier pour retirer de largent. Au retour de tout ce beau monde, il a fallu commencer à être sérieux, nous avons donc commencé le test de niveau que nous donnerons à nos élèves lundi matin.

Dune manière générale on peu dire que les journées sont peu remplies et que la tranquillité règne. Pour nous comprendre il faut se souvenir et remonter dix jours en arrière : dernière épreuve (Génie électrique) écrite de la série des examens qui nous auront mis la pression pendant plus de 2 semaines et demies (et oui, lingé ECAM sait se faire exploiter !). Ces épreuves sanctionnant lapprentissage dune année trop pleine et finies, nous avons du déshumaniser nos logements étudiants dans lesquels nous avions accumulé 4 ans de vie. Puis les répartir chez soi, reprendre contact avec nos parents et préparer le sac pour le Sénégal.

Faut-il plutôt tel ou tel médicament ? Comment faire avec largent ? Moustiquaire ? Trop de questions, du stress et beaucoup de fatigue. Les préparatifs puis les adieux, les copains quon ne reverra pas, les copines. Les Travaux de Fin détudes vont nous séparer pour un an ; après 4 ans passés ensemble sur le campus de l ECAM La vie professionnelle (expression effrayante trop pleine de liberté et de laideur) arrive vite, très et peut être trop vite. Cest triste mais on en avait besoin. Ca y est, on est en voiture pour Paris, la nationale Pas le temps de réaliser ce qui nous arrive, de nous poser chez soi en ayant une perspective Le soir à Paris il faut dormir car levé à 5 heure pour la traversée de Paris. Puis une journée passée dans les avions et leurs ruches. Ambiances bruyantes ou sévit la faim labellisée IBERIA AIRLINES : impossible de réfléchir. Lendemain : Dakar, folie urbaine. Puis St Louis, calme, ambiance reposante. Nous avons nos repères. Notre maison, enfin notre chez nous. Même sil ressemble plutôt à un campement détudiants en déroute nous pouvons nous asseoir ici chez nous.

Enfin du calme. De la liberté, on peut aller et venir à notre guise sans préoccupation. La lecture prime, les ballades en ville, les discussions. Et mêmes les moments de vides. Regarder cette route ou les klaxons sont différents. Contempler une vie qui nest pas la notre mais lest quand même ; par définition. Entendre les klaxons, amicaux, ils préviennent «fais attention, jarrive ». Ils ne sont pas parisiens, plein de haine pressée. Ils ne sont pas là pour protéger la valeur dune Porsche Turbo mais pour protéger la vie disposée le long de la route.

Léquipe remercie les personnes qui lisent nos aventures et essaye de nous comprendre. Elles en tirent un bénéfice et nous prenons le temps de faire de notre mieux. Malgré cela vous pouvez avoir des remarques : newsletter trop longue, pas assez fréquente, trop chaotique... Nous attendons vos remarques.

Les contributeurs : Geoffroy, Pierre. (Alioume et Abasse)

St Louis 2004 : Newsletter 3

Chers lecteurs,

Nous voilà parti pour la troisième partie de notre aventure, nous espérons quelle vous plait. Ces récits ne sont pas à lire devant vos écrans, ils sont à imprimer et à lire dans les embouteillages, le métro, bus, tram, et ceci pour vous sortir de la vie européenne que nous connaissons tous Pour ceux que le nombre de fautes dorthographe et de grammaire gêne, nous nous en excusons par avance, le but de cette news letter étant, à nos yeux, un moyen de vous faire vivre lexpérience unique que nous vivons, et non un devoir.

Dimanche 11 Juillet

Le dimanche au Sénégal est synonyme de repos, surtout après un retour tardif de lIguane Café, pub dansant qui se situe sur lîle. Cest Tine et As qui nous ont guidé dans ce lieu, et cest avec leur aide que lentrée fut gratuite. Nous avons ainsi pu découvrir la bière locale, mais tout cela est resté très européen quand même. Les ventres malmenés on laissé leurs possesseurs assis alors que les autres ont pu danser dans un ambiance bon enfant.

En effet, ici personne ne boit dalcool à part les étrangers. Aller dans un bar, pour un St louisien musulman, nest pas une bonne chose et est mal vue. Tine habite dans le centre et connaît beaucoup de monde, on le surnomme « le maire » ; son grand père était un grand notable. Malgré sa petite carrure Tine a 20 ans et est en première S. Ici cest lâge normal, la scolarité commençant plus tard. Demain il participera à la première matinée de formation théorique que nous dispenserons au 24 candidats. Nous lui apportons un savoir et lui nous guide la journée pour nos déplacements, nos achats, etc Il faut savoir quici, il ny a pas détiquettes dans les magasins, mais surtout des profits augmentés avec la clientèle blanche. Il faut dire que, mis à part les Toubab (hommes blancs) qui vivent ici, les touristes se repèrent bien. Dailleurs nous commençons tout juste à prendre de lassurance vis-à-vis des locaux. Repousser les vendeurs itinérants devient plus aisé.

Cest ainsi que la journée de dimanche sest déroulée tranquillement, nous avons comme dhabitude pus goûté une nourriture sénégalaise exquise qui nous change des plats de pâtes que tout bon étudiant connaît peut être trop bien.

Lundi 12 Juillet :les choses sérieuses commencent

Lundi, premier jour de formation, elle restera théorique car les ordinateurs, actuellement, voguent sur locéan atlantique, et oui, eux aussi ont de la chance Cest ainsi quun réveil matinal nous a sorti de notre torpeur, trop tôt pour beaucoup dentre nous. Les cours commençants à 9h, il fallait que lon y soit plus tôt pour imprimer et photocopier le test que nous avons concocté. Un peu de marche à pied dans le quartier de Sor qui se réveil nous rappel la chance que nous avons de dormir à un par matelas. Des enfants sont encore à dormir par terre, avec des chiens à lhygiène douteuse qui traînent dans les parages. La pauvreté est parfois effrayante, elle touche beaucoup de monde et cest dans ces moments que lon se rend compte réellement que le projet que lon monte va aider. Cest peut être une goûte deau, mais petit à petit, si chacun essaye, cela fera avancer les choses et nous arriverons à quelque chose avec ce magnifique continent quest lAfrique.

Il est vrai quavant le départ le moral du groupe nétait pas au plus haut avec le refus du ministère des affaires étrangères de nous verser une bourse (60% du budget prévisionnel). Nous avions alors décidé que nous emprunterions de largent à lECAM pour maintenir le projet, chose faite. Nous ne regrettons pas, bien au contraire nous aidons et recevons beaucoup en échange. Nous aurions bien sur aimé vendre plus de T-shirt, être un peu plus supportés par notre environnement que par des encouragements. Le premier cours à été donné par Patrick et David qui ont essayé tant bien que mal dadapter leurs discours à un auditoire de niveau varié. En effet, comme les résultats du test nous lon montré, certaines personnes nont jamais allumé un ordinateur et par conséquent pour qui le clique gauche de la souris ne signifie strictement rien, alors que dautres personnes savent déjà rédigé un rapport complet sous Word.

Le déjeuner nous à été gracieusement offert par Mme Diop Nafissatou. Un délicieux tieboudien (désolé pour lorthographe phonétique, le wolof à une prononciation étrange qui a un peu de mal à rentrer, et de toute façon cest une langue qui ne sécrit pas). Tout cela suivit par le thé et un bon jus de pain de singe, fruit du baobab, pour nos estomacs un peu secoués en ce moment. Le soir, cela a été la fièvre du jeu, des machines à sous, des tables de poker, de la roulette, du bruit des pièces tombantes après le triplé gagnant Tout cela au Laser, casino de Saint Louis. Nous avons espérer pourvoir gagner le dédouanement de notre container, et bien cela nest pas gagné En fait nous avons été dans ce lieu de « perversion » pour aller à une soirée co-organisée par une des association avec qui nous sommes partenaires sur Saint Louis : le carrefour de la femme. Cependant, les sénégalais ont des heures de sortie plutôt tardives, et nous avons appris le lendemain que les « people » sont arrivés vers 2h du matin. Comme nous travaillons ardemment le matin pour la formation, nous quittâmes les lieux vers minuit Des places gratuites nous attendent pour samedi prochain, on pourra leur montré de quel manière les toubab dansent et font la fête (En essayant déviter le modèle Bar ECAM).

Le Domaine est le lieu de formation de nos 24 candidats. Il est situé à 20 min à pied de notre maison. Chaque matin nous parcourons les ruelles ensablées, bordées de marchands de mangues, de vielles carcasses de camion. Les enfants vêtus de T-shirts imprégnés de cambouis jouent au foot avec des canettes de coca vide. La simple vue dun « Toubab » les fait sourire. En parlant de sourire, jaimerai vous faire part de ce que jai pu lire dans un des bureaux du Domaine, dans un petit cadre accroché au mur :

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup. Il enrichit les gens qui le donnent. Il ne dure quun instant mais son souvenir est parfois éternel. Personne nest assez riche pour pouvoir sen passer, et personne nest trop pauvre pour ne pas le donner. Il crée le bonheur au foyer. Il est le signe sensible de lamitié. Un sourire donne du repos à lêtre fatigué, qui rend du courage au plus découragé. Et si quelquefois vous rencontrez une personne qui ne vous distribue pas le sourire que vous méritez, Donnez lui le votre car nul na autant besoin dun sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

Pour les St louisiens, le Domaine est la zone industrielle. Cest ici que lon trouve des usines de tournage, fraisage. Trouver dans un tel lieu de si belles paroles est tout à fait surprenant. Mais ce nest quun exemple de ce quon peut trouver à St Louis. Les murs de la ville sont remplis de messages de paix et despoir. Lun dentre eux ma particulièrement plu : « Au lieu de te donner du poisson tout les jours, je vais tapprendre à le pêcher » Je vous laisse comparer ces paroles à celles que nous voyons taguées dans nos rues françaises.

A bientôt,

L'équipe d'Afric'Edu

St Louis 2004 : Newsletter 4

Chers lecteurs,

Nous voilà parti pour la quatrième partie de notre aventure, nous avons reçu quelques remarques. En fait, elles viennent principalement de nostalgiques de Saint Louis ou de Dakar qui ont de fortes envies de nous rejoindre. Merci aux autres qui nous soutiennent.

Mardi 13 juillet

Nous commencerons cette 4eme lettre par un petit récapitulatif des associations avec lesquelles nous travaillons :

  • LAFSDN : Association des Femmes Sénégalaises pour le Développement du Nord
  • Carrefour des femmes
  • ASC Carrefour Corniche Club
  • Le réveil de la femme

Nous allons installer un centre pour chaque association, une quinzaines de PC à chaque fois, avec apparemment une connexion ADSL via satellite.

Deuxième journée de cours, ce sont Guillaume Mamadou et Geoffroy Alioume qui se sont chargés de répandre la bonne parole aux infidèles. Cela a consisté à dispenser un cours et à corriger le test de la veille, ce ne fut pas chose facile mais, tels les croisés devant Jérusalem, ils ont tenu bon et ont réussi.

Ce test a permis de faire des groupes de niveaux et de définitivement résoudre les problèmes deffectif. En effet, lassociation AFSDN, étant la plus nombreuse, avait présenté plus que les 6 élèves requis. Notre président à tranché, cest 6 élèves par assoc, et pas plus. Cela afin que la formation soit la plus profitable possible et que plus tard, les centres que nous montons soient correctement administrés, avec une certaine pérennité.

Pendant ce temps là, les autres membres de lassociation ont pu vaquer à leurs occupations : se reposer, lire tranquillement des journaux qui commencent à devenir périmés (car pris à laéroport pendant le voyage de départ), aller au cyber pour envoyer quelques mails, en bref une matinée harassante. Rien de tel quun bon plat de spaghettis pour rassasier nos estomacs qui crient famine et cest parti pour une bonne sieste suivie du traditionnel thé Les débuts daprès midi sont très durs ici au Sénégal, mais nous nous efforçons de respecter les coutumes locales le mieux possible. Et oui cest loin dêtre des vacances pour nous La suite est légèrement plus sérieuse, grosse réunion avec les responsables des formations et les président(e)s (ou délégué(e)s) des quatre associations pour faire le point sur le début de la formation, les groupes de niveaux, les problèmes deffectifs et le problème de lassociation du réveil de la femme qui na toujours pas de local pour le centre. De plus le niveau des membres de cette association nous fait craindre que le centre ne puisse pas tourner correctement. Heureusement, toutes nos questions trouvent réponse, cela nous rassure mais nous attendons de voir.

Après ce gros effort intellectuel, nous avons continuer les activités physiques, quatre au cyber et quatre en vadrouille pour aller tâter du ballon de basket avec les Saint Louisiens. Lhonneur est sauf, Joël, Patrick, Nicolas et Olivier, aidés dun sénégalais, ont gagnés. Seul soucis pour Joël qui à un peu la poisse en ce moment, son sac à été visité pendant les félicitations finales : un portefeuille et un maillot de basket ont décidés daller se promener sans autorisation. Heureusement rien de grave, les documents importants nétaient pas là. Le soir aussi a été sérieux, et oui ça arrive, il a fallu préparer les cours du lendemain. Joël, Patrick et Pierre pour le groupe renforcement; David, Nicolas et Olivier pour le groupe initiation. On va bientôt devenir des profs aguerris

Jeudi 14 Juillet : Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé

Aujourdhui, fête nationale, on va rater le traditionnel défilé sur les champs Elysée, dommage On va se rattraper avec la petite réception du consul de Saint Louis ce soir, espérons quil sait recevoir Ce matin, les cours ont été dispensés correctement, pas de problèmes apparemment. On a quand même un peu de mal pour ce qui est du niveau de nos cours, les groupes sont très hétérogènes. Cependant les élèves sont motivés et attentifs en cours, cela aide grandement. Petite visite chez le docteur pour Geoffroy, il en fallait un dans le groupe qui attrape une gastro, cest chose faite Rien de grave.

Sinon mauvaise nouvelle ce matin, Mme Sylla nous a prévenu que le container était arrivé à Dakar mais que le trajet Dakar - Saint Louis navait pas été payé, nous on dit que oui Il va y avoir du sport Les négociations sont à venir, il va falloir jouer de la ruse et de la fermeté pour nous faire entendre La météo commence à changer et à la place de la brume protectrice accompagnée dune légère brise marine nous avons le soleil direct. Les murs, peu épais, chauffent les maisons comme de fours et le peu de vent qui reste peine, le soir, à pousser les moustiques vers lintérieur des terres. Il faut maintenant faire attention aux insolations ; mais la bonne nouvelle vient du docteur consulté par Alioune qui assure que leau de St Louis est bonne et que nous pouvons donc éviter dacheter les bouteilles deau minérale (3FF).

Après une bonne sieste, nous voilà sur le départ pour le consulat, le rendez vous est à 18h, lassociation se regroupe devant, en effet un petit groupe à commencé les démarches pour contacter notre transporteur. Un jolie discours du consul (Vive le Sénégal, Vive la France), le levé des couleurs françaises et sénégalaises, les hymnes nationaux et le banquet est ouvert avec en fond la retransmission du défilé du 14 Juillet de Paris, finalement, on y aura eu le droit Les personnes présentent à cette réception sont de tous les horizons, entre les touristes ou associations comme nous, les expatriés, les officiels français et sénégalais, les invités dhonneurs, les anciens combattants, le ministre du tourisme qui est maire de Saint Louis, lévêque du diocèse, limam de la région de Saint Louis et jen oublie certainement. Cela fait du beau monde, peut être un peu trop protocolaire à nos yeux. En tout cas les petits fours était très bons, et les verres bien remplis. Les sénégalais ne buvant pas ou peu dalcool, les serveurs avaient un peu de mal à doser correctement les verres.

Pendant la réception, nous nous sommes divisés en deux, un groupe est reparti à Pikine pour dîner tranquillement et a ainsi pu profiter dun magnifique couché de soleil sur lîle de Saint Louis. Des couleurs de carte postal reproduisant toute la gamme des oranges sur une mer paisible, avec en fond les palmiers de la langue de Barbarie et la pirogue juste dans le halo de lumière un vrai régale qui nous laissa rêveur dans un taxi affichant plus de 450 000 Km au compteur.

Lautre groupe a profité pleinement des petits fours et des verres bien rempli, mais aussi du bal guinguette organisé au Tennis Club, haut lieu de rencontre des toubab sédentairesLe barman ayant goûté aux différents alcools avant de les servir (histoire de vérifier quils nétaient pas empoisonnés sûrement ???), offrait généreusement à boire à qui le demandait. Tout cela donna une atmosphère au son de laccordéon assez épique. Cependant, ce petit bal nous permis de rencontrer dautres jeunes qui sinvestissent dans le développement de lAfrique, notamment des étudiant de pharmacie ou de médecine qui travaillent à lhôpital régional de Saint Louis. Une soirée bien remplie au final.

Il est à noter lambiance particulière qui régnait au tennis club : « expat. ». Cest une ambiance très particulière que lon peu difficilement décrire. Il a tout dabord quelque chose danormal : une majorité de blanc. Beaucoup de vieux à la peau cuivrée par les années St Louisiennes ; quelques touristes et des hommes daffaires aux allures marseillaises qui on préféré quitter la France pour exercer leurs talents de « commerçants » ailleurs. Mais dans tout ce monde on sent quelque chose de commun, sûrement le manque de la métropole, ou peut être de lhiver (pourquoi pas) ou tout simplement la vue dun arbre « normal ».

Toujours est-il que lassemblée arrosait bien notre fête nationale. Lalcool permettant une communion commune à des prix dérisoires (un paradis pour ECAM ?).

La vie est constituée de différences. Dieu la voulu comme ça. Ici les enfants des plus pauvres vont à lécole coranique (la moins chère). Ils mendient toute la journée pour limam et gare à celui qui, le soir, ne ramènera pas ses 250gr de sucre et les 250 CFA. Ces gamins, habillés de haillons noirs de crasse vous suivent sur plus de 100 mètres en tendant leur main. « Non, jai déjà donné, non » refuser encore et encore. Cest injuste, juste au moment ou je remarque que jai une pâtisserie dans la main achetée il y a deux minutes aux « Délices du Fleuves ». Trop tard, nous sommes déjà dans le taxi ; il démarre, juste le temps de tendre par la fenêtre un bout de gâteau et de recevoir un sourire unique dans ce visage de mendiant plein de sable. Un sourire radieux.

Merci à nos fidèles lecteurs, quils soient de nos familles, de nos amis, du personnel ECAM ou des sponsors sans qui ce projet naurai pas eu lieu. A bientôt pour un nouvel épisode de votre saga préférée de lété.

L'équipe d'Afric'Edu.

St Louis 2004 : Newsletter 5

Chers lecteurs,

Nous voilà parti pour la cinquième partie de notre aventure, et oui déjà 10 jours que nous sommes en Afrique et nous ne sommes pas aux bouts de nos surprises, que vous découvrirez en temps et en heure

Jeudi 15 Juillet

Réveil difficile après la soirée dhier qui nous a amené dans les bras de Morphée fort tard. Cela ne nous posa pas de problème grâce à lentraînement que tout bon étudiant subit tout au long de lannée. Et oui, que ce soit à lECAM ou à luniversité Lyon 2 (pour Nicolas), nous sommes des étudiants brimés et soumis à la dure loi de la fête entre les examens Nous vous certifions que ce na pas été facile tous les jours.

Trêve de plaisanterie, le cours a été dur, de la concentration, de la craie, beaucoup de craie Ici, il faut tout noter au tableau noir, la prise de note est inexistante. Pourtant le niveau en « renforcement » est très satisfaisant, ce qui nous rassure sur lavenir des centres.

Les après midi commencent à se ressembler, cela prouve que nous commençons à nous poser un peu, les jours sont chargés, la santé générale du groupe laisse un peu à désirer en ce moment sauf pour Joël qui tient le coup, donc pas de folie de jeudi après midi et dans la soirée. Il y a bien eu quand même une petite prise de tête sur les cours à dispenser le lendemain, le niveau initiation rencontre réellement des difficultés. La question qui se pose est la suivante : comment faire en sorte que des personnes qui nont pas de cours/formation depuis très longtemps, qui nont jamais vu dordinateur avant le début de la semaine, apprennent à surfer sur Internet tout en sachant ce quest un disque dur, un périphérique, etc en très peu de temps. Un vrai défi pour nous mais on y arrivera.

Vendredi 16 Juillet

Bientôt le week-end, nous avons encore dévoré des craies, rempli de charabia des tableaux noirs, transpiré, expliqué. Tout cela na pas été vain, les élèves progressent, nous sommes fiers deux. Nous entrons enfin dans un grand week-end. Pour linstant nous navons rien prévu mais la langue de barbarie nous attire Nous commençons à être familiers de lîle, ses rues dune autre époque. Parfois on sattend à voir la tête dun colon, négociant bordelais, passer la tête par la fenêtre. Lancien mess des sous officiers, qui semble avoir été le terrain de combats destructeurs, donne un aspects fantomatique. La colonisation semble avoir été inversée. Les chèvres et les moutons sont légions. Les détritus, jetés par terre à tout moment finalisent un tableau peu flatteur mais tellement vivant.

Ce soir, alors que les estomacs tentent de reprendre le contrôle, nous avons mené une guerre totale contre les moustiques. Après avoir abandonné 50 % de la maison (salle où nous stockons les sacs + sanitaires) à lennemi, nous nous sommes retranchés sous nos moustiquaires. A lintérieur de ces casemates imprenables, tel le fromage sous sa cloche, nous contrôlons lespace aérien extérieur et écrasons impitoyablement lennemi qui se pose inconsciemment sur notre dernier rempart.

Samedi 17 Juillet

Le samedi repos et sport. Nous dormons beaucoup tel les locaux. Il faut rattraper les heures passées à écouter, bien malgré nous, lappel à la prière qui est fait par une sorte de chant dissonant avec une voix rauque. De plus il faut ajouter lamplification sonore qui donne un aspect métallique à la voix sans oublier les grésillements. Pour finir, ajoutons les 5 mosquées environnantes qui nous arrosent également par leurs émissions sonores. Pour consolation, nous avons des mangues aux saveurs uniques et la perspective de pouvoir faire un tour en taxi pour 3FF.

Il y a encore dautres choses qui dérangent : les convois officiels. Nous qui sommes sur la route de Dakar, aux premières loges dun ballet à 70km/h. Il est composé dune vieille Harley montée par un gros policier gesticulant (toujours le même), dun gros 4WD Toyota transportant les forces de lordre puis dune ribambelle de 607 nickels au vitres noires, ensuite suivent les moins importants dans diverses voitures plus ou moins chargées. Le tout roule à une allure supersonique comparée aux calèches et aux camions poussifs habituels.

On retrouve toutes ces voitures devant lhôtel xxx qui les reçoit plutôt quà lintérieur du palais du gouverneur où ces personnes auraient pu travailler. Daprès les dires de locaux ces voyageurs nont pour objectifs que de passer une bonne soirée et de profiter des ressources tant nutritionnelles quhumaines de St Louis. Triste sort réservé à lélite qui a la dure tâche de tenir les rênes dune calèche géante.

Le samedi soir, la jeunesse sénégalaise qui a la chance davoir des sous est de sortie. Cest pour cela que nous sommes allez faire un petit tour au laser, discothèque renommée de Saint Louis avec son casino. Pas de frénésie devant les machines à sous mais plutôt la fièvre du samedi soir sur la piste de danse. La musique sénégalaise nous change des habituelles musiques techno et RnB de la France. La nuit fut longue, les soirées commencent à 1h du matin, le retour fut donc au moment du premier appel à la prière de la mosquée voisine, soit 5h du matin. Cest dur dêtre au Sénégal.

Dimanche 18 Juillet

Réveil tardif, il faut récupérer de la nuit Un bon petit déjeuner et hop, à la sieste on souffre beaucoup ce matin Pour le déjeuner, Pierre, Olivier et Nicolas sont invités chez Time, un bon plat local les attendait : du poisson grillé nommé Yassa dans nos souvenirs, à vérifier. Pendant ce temps, les autres sont restés tranquillement à Pikine pour finir de récupérer avant daller braver locéan sur une nouvelle plage : la plage Salsa.

Cette plage se situe complètement au nord, à quelques mètres de la Mauritanie. Cest un lieu qui à nos yeux est bien plus agréable que lhydrobase, il y a beaucoup moins de monde, pas de vendeurs pour les toubab, un sable fin, tel celui des films. De plus, cet endroit paradisiaque se situe juste à coté du village des pécheurs, on peut donc voir des pirogues séchant sur la plage, les petits enfants criant « toubab toubab ! » en nous voyant. Leau y est aussi plus propre, en effet ce lieu magique se situant au nord, cest avant Saint Louis, les courants ne ramènent donc pas de pollution. En résumé un petit coin de paradis pour nous, on y retournera pour des jogging et des séries de pompes face au sénégalais.

Bonne semaine à vous.

L'équipe Afric'Edu

St Louis 2004 : Newsletter 6

Chers lecteurs,

Nous voilà parti pour la sixième partie de notre aventure, si vous avez des requêtes, nhésitez pas. Garry, on attend toujours le container de mars et de twix

Lundi 19 Juillet

Cest reparti pour une semaine de cours, le container nest toujours pas arrivé, il nest même pas sorti du port de Dakar. Cela commence à nous inquiéter un petit peu, raison pour laquelle Joël et Guillaume partiront demain aux aurores avec les poches pleines de billets pour trouver un terrain dentente avec les autorités sénégalaises et avec le transporteur.

Les cours se déroulent toujours très bien. Léquipe renforcement va bientôt atteindre le niveau administrateur réseau ;-) A base de passerelles et de HUB, leurs cours doivent les dépayser des chèvres qui gambadent dehors, des boissons à base de fruits maisons. Vous pensez que nous déconnectons les cerveaux ? Non ! On a juste été très surpris par les préparations de Fatim qui sont dignes des grandes boissons américaines mais purement à base de fruit.

Cet après midi, cest à dire après la sieste vers 5h nous sommes retournés à la plage. Une heure de baignade dans la mère nourricière pour faire disparaître toute trace de fatigue, de stress. Dans leau nous avons joué comme des gamins, dautres locaux se joignent à nous. Mass, pêcheur depuis 4 ans a déjà une musculature impressionnante. Il le sais et joue avec, il jette son frère puissamment dans leau pour jouer et pour montrer que cest lui le maître.

Cependant lorsquils samusent à faire de lapnée et que je mintroduis (Marvine dit Abass), ils sétonnent de me voir gagner contre les deux frères. La règle est simple. On forme un cercle en se tenant les mains et on plonge après avoir compté jusquà trois. On peut ainsi sentir ses rivaux dans ses mains. Attirés, les autres membres dAfric Edu se joignent et le résultat donne une demie finale constituée de Guillaume, Mass, David et moi. Lamateurisme étant de mise nous arrivons environ à 30 secondes. Pour la finale Mass et moi sommes retenus. Malheureusement, grâce à une ruse de son petit frère qui me donnait gagnant et me fit relever la tête trop tôt, la finale est remise à plus tard. Mass parle mal le français car il na pas été longtemps à lécole. On arrive tout de même à se dire à bientôt, et à se promettre une finale le lendemain ou sur lendemain.

Mardi 20 Juillet

Cest reparti pour une matinée de cours, le double clique et la création de dossier dun côté, translation dadresse IP et routage de lautre côté ça avance, un peu douloureux de temps en temps, il faut du calme, beaucoup de patience et ça roule comme sur des roulettes.

Sinon notre équipe sest, comme prévu, réduite ce matin par le départ de Guillaume et Joël en taxi brousse. Il faut les imaginé à 5 entassés à larrière dune 505 break qui doit aligner quelques centaines de milliers de kilomètres au compteur, peut être des poules dans le coffre, qui sait ? Je pense quils vous raconteront avec joie cette aventure épique, à leur retour.

Bonne nouvelle aujourdhui, le litige sur le fait que nous navions pas payé le transporteur entre Dakar et Saint Louis est résolu, un quiproquo parait-il. Il nous reste donc à voir pour le dédouanement et le tour est joué.

Nous avons pus goûter aux joies de lhivernage avec notre première coupure de courant ce soir. Cela avait commencé par des baisses de tension puis dun seul coup, vers 8h, black out complet dans tout le quartier et aux alentours. Rapidement les bougies se sont allumées pour aider Fatim dans la préparation du repas. Ce qui nous a réellement frappé cest la réaction des gens : il ny en a pas, toujours autant de monde dans les rues, les phares des taxi allumant les trottoir par intermittence, les chèvres continuant à tourner autour des maisons. Cest comme ci rien ne sétait passé, surréaliste presque. La coupure dura un certains temps (2 petites heures) ce qui nous amena à un dîner aux chandelles, plutôt à la chandelle pour 8 ; et une vaisselle à la lampe frontale

Mercredi 21 Juillet

Les cours senchaînent les uns après les autres, les élèves tiennent le choc, il ny a toujours pas eu de démission volontaire, tant mieux. Larrivé des ordinateurs commence à se faire attendre, la théorie cest bien mais il ne faut pas en abuser.

La grande nouvelle du jour nous vient de Dakar, des chiffres sont tombés : 200000 FCFA (300 euros) pour le port de Dakar (déchargement du container, etc) et pour le dédouanement 385000 FCFA (590 euros). Et oui, Afric Edu ne fait pas que monter des centres informatiques en Afrique pour développer les NTIC, lassociation sponsorise aussi la construction de piscines dans les riches villas des douaniers autant dire que le moral nest pas au top et que les rires tendent vers le jaune. Il faut savoir que lon a tous mis 1000 euros dans laffaire et que nous avons emprunté à lECAM 2000 euros juste avant de partir, qui seront à rembourser plus tard (les bourses du CROUS devraient nous aidé mais pas complètement). No comment On attend des précisions de Guillaume et Joël.

Suite des aventures dans la newsletter 7

St Louis 2004 : Newsletter 7

Chers lecteurs,

Nous voilà parti pour la septième partie de notre aventure, en voiture pour de nouvelles aventures dAfric Edu

Jeudi 22 Juillet

Aujourdhui nous avons donné le dernier cours théorique au groupe renforcement. Quelle joie ! Pour information voici les points qui ont été abordés pendant les 21 heures de cours :

  • matériel, architecture matérielle dun pc, composants et périphériques
  • bios
  • disque de stockage
  • octet, bits
  • réseaux : structure, fonctionnement, NAT
  • routeurs, hub
  • Internet, protocoles, ports
  • recherche avancée sur Internet, cache google
  • sécurité : virus, cookies, pop up, spam

Voici le mot de Tine, notre guide qui fait parti des trois C : On est très content de recevoir des cours de renforcement et on attend les pc pour la pratique

Pour les soirs j essais de les faire découvrir la ville de Saint-Louis : nous avons comme sites touristiques :

  • les maisons mulâtres
  • la longue plage située sur la langue de barreberie
  • les deux embouchures
  • le parc de djoudji appelé parc des oiseaux
  • les grandes maisons commerciales coloniales comme : Lacoste ; Lacombe

Vendredi 23 juillet

Daprès nos dernières infos le container doit arriver ce soir, dans la nuit. ERRATUM par rapport à la dernière news letter, nous navons pas sponsorisé la piscine (paroles écrites sous le coup de la colère et de la frustration) dun douanier. Il savère que sur les 395000 FCFA payés, 100 000 (=150 euros) correspondent à la valeur à payer (i.e. 5% de la valeur déclarée du container) et le reste (295000 FCFA = 400 euros) des frais de dossier, taxes, et autres. Contre ordre dans la soirée : le container narrive pas et il est très loin darriver car un douanier a voulu faire du zèle et a fouillé tout le container pendant la journée. Il estime que la valeur déclarée nest pas suffisante. Il y a eu aussi une petite visite aux urgences de lhôpital de Saint Louis pour lun dentre nous, réhydratation forcée sous perfusion (1,5 litres injectés en 3h !) après une longue nuit difficile causée par une bactérie au nom imprononçable, rien de grave heureusement.

Samedi 24 Juillet

Rien de spécial aujourdhui, on essai de garder le moral en attendant des nouvelles du container, qui narriveront pas en ce jour

Dimanche 25 Juillet

Midi : invité chez Nafi donc grosse sieste puis manger puis sieste. Cest quelque chose de particulier : linvitation. On arrive, on est guidé jusquà la salle, généralement ce quon appellerait le salon. On nous allume la télé si elle ne lest pas déjà. Au cas il ny a pas de télé on nous met de la musique. Il y a aussi les coussins quon nous apporte. On nous installe confortablement et nous avons pour devoir dapprécier le confort. Pour cela cest très simple, par exemple, si vous prenez place sur un canapé, on peut savachir dedans. Puis le temps passant on finit rapidement par obtenir une pose qui scandaliserait toutes les murs connues. Précisons : la tête sur laccoudoir, un pied sur lautre et le deuxième sur le canapé du voisin. Accessoirement, un bras peu pendre ou être replié si la personne dort. Enfin, pour dormir, il vaut mieux se mettre sur le lit. Dans les salons, il y a généralement un lit, voir plusieurs si la pièce fait aussi office de chambre. Si on vous amène un coussin, ne jamais le refuser. Lhôte est toujours sacré. Par rapport aux gentils français qui sont bien polis et bien serviables, ici essayer de ramener un plateau à la cuisine est une très grave erreur qui peut être vexante.

On aimerait tant parfois aider. Mais non. Un des principes de bienséance se base sur lembonpoint. Une personne qui revient amaigrie dun voyage dans une contrée véhiculeras une information capitale : les habitants de cette terres ne savent pas recevoir ou alors ils nont plus à manger ! Cest dur pour nous qui avons tous perdu quelques kilos, et encore plus dur de sarrêter au milieu du plat pour cause de douleurs gastriques. Dur pour nos généreux hôtes et pour nous qui ne pouvons pas continuer à se régaler de ces mets dépaysant et agréables. Le Yassa, poulet grillé accompagné de riz, est simplement magique. On le mange à la cuillère, accroupis autours du plat. Chacun se fait son petit mélange de sauce avec le riz. Mais attention, boire pendant le repas est une offense car cela sous-entend une trop forte quantité dépices. Encore dommage pour nous qui ne sommes pas habitués. Pourtant on sy fait bien.

Les boissons viennent une fois que le rythme des cuillères a diminué jusquà limmobilité sur le plat. Les bouteilles arrivent avec les verres (on ne boit pas à la bouteille). En même temps circulent une serviette ; au cas ou le plat aurait nécessité les mains (dorades grillées) un petit passage vers la bassine (le robinet pour les européens) et le savon ne fait pas de mal. On boit enfin, cest meilleur. Coca, Fanta ou eau nous est servis à grands verres. Pour finir, bananes ou mangues. Les mangues sont coupées un peu comme nos melons et on les mange comme cela, directement. Ceci nécessite généralement un deuxième tour de serviette. On notera également que les bananes sont ouvertes à lenvers de notre habitude qui est de « casser » la queue pour louvrir.

Sieste (optionnelle). Le danger, pour la digestion, étant de sallonger trop vite. Puis le premier thé arrive.

Chaud, sucré tel une liqueur. Il correspond à notre café. Sauf que sa préparation nécessite une gestuelle technique qui occupera le garçon de la maison. Le but de ces manuvres consistant à faire de la mousse, signe de respectabilité dune tasse de thé. Une heure et demie et deux autres thés (avec la menthe ajoutée) après, on peut envisager dattaquer une activité. Il est 17h.

Curieusement, les invités toubab mangent souvent dans un plat séparé du reste de la famille. Seuls nos guides nous « suivent ». Enfin, il arrive carrément que nous mangions dans des pièces séparées. Voir même de ne voir notre hôte que quelques minutes ! Pourquoi pas, ici lhospitalité prime ! Pas question dattendre la maîtresse de maison pour attaquer.

Lundi 26 Juillet

Toujours dans lattente de nouvelles pour notre container, nous avons jusqu'à jeudi pour le faire sortir sinon il y aura des taxes dimmobilisation et il faudra sûrement rediscuter avec le transporteur. Autant dire que dans nos esprits il est sorti avant jeudi, pas dautre alternative. Ce matin, notre cher président a été discuté avec Mme Sall, coordinatrice du projet sur Saint Louis. Elle est partie sur Dakar dans la foulée pour essayer de faire fonctionner au maximum ses relations dans la capitale. Espérons que cela portera ses fruits, Inch Allah.

Autre grande nouvelle, nous sommes passé à la radio ce matin (Sud FM : émission nationale), Nicolas et David avaient été enregistrés hier et Tijane a fait la traduction en Wolof.

Linterview parle essentiellement du projet et des problèmes rencontrés au port de Dakar. Peut être que cela portera aussi des petits fruits qui nous aiderons bien

Après un bon déjeuner et une bonne sieste, une après midi sportive sest organisée, foot ou basket au lycée Charles De Gaulle pour les uns, plage Salsa et ses rouleaux à faire pâlir un hawaïen pour les autres. Sur la plage, nous avons eu le droit à un étrange ballet. Des dizaines denfants, se suivant à quelques dizaines de mètres décart, portant chacun un kilo de sucre sur la tête. Ils avançaient à vive allure, regardant à gauche et à droite comme sils redoutaient quelques choses. Renseignements pris, ils revenaient de la Mauritanie où le kilo de sucre est à 200 FCFA alors quici il est à 550 FCFA, cétait donc de la contre bande. Leurs craintes venaient des douaniers qui apparemment rôdent souvent sur les plages avec de jolies 4x4 qui leurs ont été offerts pas la CSC (Compagnie Sucrière Sénégalaise). La proximité de la Mauritanie entraîne beaucoup de commerce à Saint Louis, légal ou non. Par exemple, nous échangeons des euros dans des boutiques à 650 FCFA lun, taux de change imparable, ils sont revendu en Mauritanie jusqu'à 680 lun, voir plus.

22h ici, minuit en France, la nouvelle est tombée : les douanes demandent 216000 FCFA (330 euros) comme surplus pour lerreur dévaluation du container. Il faut multiplier cette somme par 2 pour lamende due à un essaie de fraude (!!) de notre part, il nous faut donc trouver 660 euros dici Jeudi ou alors régler le problème avec nos relations. Cependant, le port de Dakar étant entrain de se mettre à des normes strictes pour pouvoir accueillir des portes containers venants des USA, les règles sont appliqués à la lettre et si le douanier ne veut pas se montrer conciliant, il sera dans ses droits et nous nous serons Avis à des généreux donateurs de dernière minute :-)

St Louis 2004 : Newsletter 8

Chers lecteurs,

Nous voilà parti pour la septième (NDLR : huitième en fait, le copier-coller a du faire des dégats...) partie de notre aventure, en voiture pour de nouvelles aventures dAfric Edu

Remerciements

Nous tenons dores et déjà à remercier tous ceux qui nous ont fait des promesses de dons, ce qui laisse augurer un avenir serein à AfricEdu. Cependant, il est toujours temps pour ceux qui ne lont pas encore fait

Rappel :
ordre : Fondation ECAM
adresse : ECAM, 40 montée St Barthelemy, 69005 Lyon
noubliez pas de joindre un petit mot précisant que le don est pour AfricEdu Merci davance !!

Mercredi 28

Hier soir nous avons eu une grande nouvelle : Mme Sylla a mis en ordre les choses avec la douane et a pu payer la somme demandée par les douaniers. Merci M. Sylla ! Le bon de sortie du container est signé et il ne reste quà le transporter jusquà Pikine, notre quartier. Au mieux il arrive ce soir, sinon demain soir.

Nous avons, dans la soirée dhier, planifié tout un tas de choses pour lorganisation des installations. Nous en déduisons, les résultats suivants (hypothèse de larrivée du container ce soir) :

  • la première salle de formation (au domaine) : 10 PC avec Internet peut être opérationnel lundi matin pour effectuer des formations poussées sur PC.
  • la deuxième salle mise en place en parallèle sera celle du CCC. Opérationnel sans Internet, elle sera dispo le mardi.
  • le stockage se fera chez nous à Pikine pour un simplicité dans le gestion du dispatching vers les salles.

LE CONTAINER EST ARRIVE CE SOIR A 22h !

Le douanier qui est venu avec a demandé 60000 CFA sans aucune facture ni reçu. On a payé car nous ne savions rien et les femmes qui soccupent de nous nous ont dit que sétait comme ça. Sinon nous étions en infraction. Nous avons filmé et nous espérons que vous pourrez voir ce moment de folie pure. Notre déception devant un système si mal en place na pas complètement abattu notre courage mais cest tout de même triste de voir un fonctionnement aussi bancal.

Jeudi 29

Dispatching des ordi dans laprès midi.

Les 3 centres sont :

  • Réveil des Femmes : une salle louée dans lîle, ce nest pas un objectif prioritaire pour linstant, nous avons juste amené le matériel.
  • Carrefour Corniche Club : les 3C, situé dans un quartier résidentiel propre et joyeux le cyber sera installé dans deux salles à létage dune petite maison très sympathique. Pour y accéder on franchit une porte donnant sur la rue. Elle se trouve entre deux petits arbres bien taillés qui font de lombre sur un trottoir propre. En entrant on monte un petit escalier dont les éclats de carrelage blanc brillent.
  • Mutuelle ou Domaine Industriel : cest le centre prioritaire car il est constitué dun cyber de 5 PC est dune grande salle de formation de 10 PC nécessaire à la fin des formations. Le Domaine Industrie est très connu car cest une zone « sécurisée » par des gardiens et il y a pas mal dactivité techniques. On pourrait parler de ZI en France avec des PME aux horaires bizarres. En tout cas la pièce maîtresse du Domaine est la moissonneuse batteuse pas tout à fait entièrement désossée. Elle semble surveiller lentrée signalée par deux piliers dont lun est basculé.
  • Le dernier centre est Pikine, notre propre maison. Pour notre chambre est à la place du futur cyber donc nous travaillons et stockons le matériel dans la grande salle qui sera plus tard le télécentre.

Explications : ici à St Louis très rare sont les possesseurs dordinateurs et de téléphone. Beaucoup de monde possède un tel portable à carte (type mobicarte) mais personne na de crédit dessus. Donc tout le monde va téléphoner dans les télécentres. Un télécentre cest au mieux une salle dont on a divisé un bout en cabines téléphoniques avec ventilo et lumière. Dans certains cas cest une cabine bricolée dans le coin dun boutique (entre les sacs de riz et le coin comptabilité du magasin). Une fois la communication finie on paye en regardant le compteur. Pour les cyber cest comme en France sauf quil faut, en général, sappeler Bouddha pour arriver à ne pas sénerver sur la souris qui patine dans la graisse.

Dans la nuit du 29 au 30 nous avons préparé un ghost qui permet de mettre en route un ordinateur directement avec Windows 2000 et ses mises à jour ainsi que divers programmes comme Word, Excel et FireBird (un navigateur internet qui est plus sécurisé). Tout cela en 15 minutes et un seul CD !

Vendredi 30

Première journée dinstallation. Beaucoup de problème techniques ; il semblerait que les disques dur aient eu du mal à supporter le voyage, au moins pour la série des Caviar.

Matin : installation, constatations de problèmes, résolutions des problèmes constatés !!
Après midi : installation, constatations de problèmes, résolutions des problèmes constatés !!
Ensuite : plage pour détendre les neurones et les muscles fatigués des bricolages dans des positions inconfortables.

Samedi 1

Matin : installation, constatations de problèmes, résolutions des problèmes constatés !!
Après midi : installation, constatations de problèmes, résolutions des problèmes constatés !!

BILAN :

  • au domaine : 12 PC OK + connexion www pour la plus part
  • aux 3C : 12 PC

A propos de la connexion internet

Elle est mise en place par un certain Babakar DIOP, haute personnalité st Louisienne puisque cette personne a organisé la lutte des sans papiers avec la grève de la faim dans léglise de Saint Bernard à Paris. Il a aussi fait parti de la marche des sans papiers. Enfin, quelquun dactif ! Actuellement à la tête dun boîte de réseaux informatiques et de cyber il installe des connexions www via la norme WiFi. Cette norme permet de connecter des sites éloignés grâces à de puissantes antennes. Babakar profite de lessor de linformatique et du WiFi pour connecter les entreprises car ladsl nest que très peu disponible. Etant st louisien il accorde des tarifs préférentiel aux associations qui oeuvrent pour le développement des IT.

Le soir nous nous sommes rejoints sur la plage de Salsa pour un bain sous la pleine lune. Un moment magique. Des masses deau noires considérables formes des vagues à faire rêver des surfeurs français. Et nous pouvons nous détendre tranquillement ! Le mer est chaude. Ici il ne faut pas se poser de problème quant au dehors. Pas de problème, le soir en se promenant dans la rue on voit des gamins qui dorment de partout. Mis à part les problèmes de nourriture et deau la vie pourrait se multiplier sans problème ici.

LE SYSTEME D

Derrière ce nom de code évolué ce cache un système millénaire en vigueur ici. Un des principe de base est : « Ca va marcher, pas de problème. » Un deuxième principe important est : « Cest dangereux, mais cest pas grave » Lensemble donne un mécanisme qui mène généralement au résultat escompté ou plus souvent le résultat en mode dégradé. Il est obtenu en une quantité de temps qui à priori pourrait sembler grande à nos yeux. Mais pourquoi comparer à une durée. Si il faut 15 minutes pour prendre un taxi alors que ça pourrait être fait en 2 minutes où est le problème ? Personne nest mort alors cest bon De tout façon ça va marcher.

Par curiosité jai (Marvine) demandé à Mamadou (notre pote) sil existait un mot en Wolof pour dire urgent. Il en existe effectivement un (que jai oublié) .

Une des apparitions du système D peut se faire aussi dans la communication. Par exemple : Il est 11h du mat. ; je demande à Tine : « Est-ce que Moussa (pote informaticien local) arrive ? »
Tine répond : « Oui, il arrive. »
A midi moins le quart je redemande : « Tu es sûr quil arrive ? »
Tine : « Oui, oui, il arrive à seize heure »

Ouaga 2005 : Newsletters

Bonjour a tous !

Toute l'équipe d'Afric'Edu promo 2006 : Martin, Arnaud, Anne, Clémence, Eric, Julien, François et Jérémie , vous donne les premières nouvelles de notre arrivée sur le sol africain...

Nous sommes bien arrivés à Ouagadougou! La température à l'arrivée était de 27 degrés à minuit (2h du mat en France)! Le voyage a cependant été assez (voir très) long : beaucoup de turbulences (Arnaud et Julien se sont bien accrochés pour leur baptême de l'air) et une escale à Alger de 6h dans la zone internationale. Nous n'avons donc pas pénétré en Algérie, sauf Eric qui est allé sous escorte récupérer quelques médicaments pour ses oreilles (fragiles...) suite à la dépressurisation. Enfin, nous sommes arrivés à Ouagadougou avec une heure de retard, mais l'accueil, par les étudiants, n'en a été que plus formidable !!!

Apres chargement des bagages, Arnaud et Eric on fait un tour dans la ville en mobylette car la camionnette était pleine. Nos premières impressions de la ville la nuit : Une très grande pauvreté (bidonvilles et taudis) mêlée à une joie de vivre et une ambiance très festive. Le contraste nous a vraiment surpris et le dépaysement a été vraiment total !

Concernant l'accueil, cela est vraiment très au delà de nos attentes! Nous avons des chambres de 4 lits pour deux personnes (par chambre), avec ventilateur au plafond, clef etc... Les douches et wc sont propres. Nous logeons de plus dans une sorte de grande résidence pour les personnes de l'université avec gardiens permettant une bonne sécurité.

Nous avons de plus été accueillis par deux français (Matthieu et Marlène) en stage à Ouaga depuis plusieurs mois qui nous on beaucoup parlé de la vie ici et donné de nombreux conseils.

Aujourd'hui, nous avons pris le petit déjeuner en ville (thé bouillant + sandwich avec de l'omelette huilée à l'oignon au milieu). Jérémie a même trouvé de la viande sous forme de mouche dans son omelette et des têtes de chèvres coupées quelques heures avant (et les odeurs associées) trônaient devant l'entrée du maquis (restaurant). Personne n'est encore malade, espérons que nous nous habituerons bien! Mais avec l'Intetrix pris matin et soir cela devrait bien réduire les risques!

Après avoir réglé les divers problèmes administratifs (passage à l'ambassade (donc en territoire français !!)) et passage à la banque pour faire du change (nous sommes millionnaires en francs CFA !!! :) )), nous avons dégustés notre premier vrai repas local (du riz sauce ragoût pour tout le monde sauf François qui a goutté aux brochettes et petits pois à la sauce (très très) épicée !! (c'est pas pour les « biiiip ») !

En plein jour, notre vision de la circulation a vraiment changée !!! Des vélos, des motos à ne plus savoir qu'en faire et c'est de la conduite dans tous les sens au feeling local! Au niveau des animaux, le premier contact a été établi! Il y a de nombreux geckos et autres gros lézards partout mais ils sont totalement inoffensifs. Des vautours planent aussi dans le ciel, et dans les rues il y a partout chèvres (parfois embarquées à califourchon sur les mobylettes), ânes, poules et autres volailles.

Cet après-midi, nous avons eu notre premier contact avec Jean Koulidiati, (président de l'IGEDD) qui nous a accueilli comme des rois avec champagne et autres bières locales ! Nous avons ainsi visité nos futures salles de travail ! Tout notre projet se présente sous le meilleur jour possible mis à part le fait qu'un container se trouve encore à la douane mais cela n'est qu'une question de jours !

Ce soir nous allons finir notre installation et profiter pleinement d'un repos bien mérité !

Toute l'équipe d'Afric'Edu vous souhaite une bonne soirée et vous remercie pour tout le soutient que vous nous avez apporté tout au long de l'année !

Ouaga 2005 : Newsletter 2

Bonjour à tous,

Voici la suite de nos aventures!

Vendredi 08/07 : repas de midi dans le maquis "La ligaze" : au menu, asticots à la sauce tomate!! comment couper la faim à une équipe française (Arnaud a commencé son régime!!). notre première tempête de sable : on etait tranquillement en train de discuter dehors quand un grand nuage de sable rouge nous est tombé dessus : rafales de vent en pagaille, puis la pluie (salvatrice pour nous autres européens!!). Le soir, on a participé a une petite fête organisée par les étudiants pour cloturer l'année. Etaient présents : élèves (anciens et actuels), professeurs et direction. Après quelques discours, le service a commencé : Anne et Clémence se sont fait prier de bien vouloir aider les etudiantEs à servir les hommes... quelle bande de matchos : on voit bien que les mentalités n'ont pas évolué comme chez nous!! au menu du repas : brochettes épicées et boulettes de viandes, poulet grillé, cacahuètes et beignets. On a fait le tour de la table pour se présenter un par un aux professeurs et aux anciens. Nous voulions aller faire un tour à un concert de musique traditionnelle, mais les étudiants nous ont demandé de rester pour ne pas contrarier l'assemblée... Pour rentrer, les étudiants nous ont pris en mobylette : manque de bol, les militaires procédaient à une rafle, suite au vol d'une mobylette (une aiguille dans une botte de foin ;) ). Donc on s'est fait arrêter avec contrôle de papiers pour les africains. On a pu voir l'omniprésence et la force de l'armée ici (aucun moyen de négociation devant leur air supérieur). Pendant ce temps, la mobylette d'Arnaud a crevée, et François a fait un périple à fond la caisse dans les pistes sombres pour éviter les flics et l'amende due à l'absence de feu arrière.

Ici, les gens se lèvent avec le soleil (entre 5h et 6h du mat'), font la sieste de 12h a 15h (c'est le début de la soirée) et se couchent très tard (on comprend mieux pourquoi les gens vivent au ralenti la journée!).

Samedi 09/07 : réveil a 8h30 pour une petite douche qui s'est soldée par un semi échec pour Eric qui a attendu l'eau 1/4 d'heure avant de pouvoir se rincer! On a decidé de prendre tous les jours notre petit dej' a la cafet' de l'IDS : pain, beurre, lait concentré, chocolat en poudre, thé et café tous les matins! Bain de foule dans le grand marché : à peine arrivés sur le parking, on a été sollicité pour nous guider. C'est dur d'être blanc ici! Les étudiants nous ont appri à négocier les prix, mais nous ne sommes pas toujours arrivés a nos fins: Anne a essuyé 2 échecs pour ses chaussures apres deux tours du marché (ils l'ont prise pour un blanche ;) ). Heureusement, Martin et Jérémie ont acheté un pagne pour se faire une chemise et un patalon, Eric a négocié deux ceintures. Après-midi lessive pour Anne, Clémence et Julien: on a commencé à 15h, petite coupure d'eau de 2h (bien entendu quand les vêtements étaient plein de lessive...!). le mot d'ordre de la journée : patience! Petit tour au cyber pour Anne et Julien : malheureusement, Julien n'a toujours pas réussi à voir ses mails! Anne et Clémence sont allées se promener seules dans notre quartier : on se sent vraiment en securité, on ne subi aucune sollicitation de nos voisins à part les signes de la main et les "Nassala Nassala" (blanc en Mooré, dialecte du Burkina) des enfants. Pour la soirée, on est allé avec Mathieu et Marlène au "Verdoyant", resto français rempli de blancs (mais où se cachent-ils toute la journée???). On s'entasse à 6 (plus un autre client et le chauffeur) dans un taxi croulant (ici les voitures ont une deuxième vie : jauge d'essence toujours à 0, compteurs HS). Quel plaisir de manger une pizza ici! Mais la note etait plus élevée que toutes les dépenses depuis qu'on est ici! De retour a l'IDS, Martin, Anne et Clémence ont participé à une fête catholique (chants et danse, on a même essayé!), pendant que Francois, Eric et Julien sont allés se frotter aux Africaines en dansant le "couper-décaler", la danse d'ici. Nous n'avions jamais vu la Ligaze bondée comme cela! Après quelques instants d'hésitation, la bière "flag" ou "castel" 66cl à 650 FCFA (soit 1euro) aidant, nous avons commencé à danser sous les regards amusés de l'ensemble du bar! Arnaud, quant à lui, sous l'oeil vigilant de Jérémie, tentait de digérer (dans sa chambre) tant bien que mal sa pizza "Gourmande". Il a attendu notre retour pour la vomir par dessus la rambarde du premier étage devant notre regard moqueur : le bruit a même fait sortir de leurs chambres les Africaines de l'étage qui ont aussi regardé le spectacle, le sourire aux lèvres... Belle démonstration de la fragilité du français en Afrique!! On a moins rigolé quand il a fallu camoufler son reste de pizza...;)

Dimanche 10/07 : grass' mat' bien méritée pour les danseurs, écourtée pour certains par la pluie diluvienne qui est tombée pendant 2h. Brunch à la cafet' et départ pour l'hôtel "l'Indépendance" (3 étoiles!!) où la piscine nous attendait sous les palmiers pour la modique somme de 2000 FCFA par personne... On aurait presque pu se croire en France, à part les matelas qui sentaient le moisi (peut-être des puces!!). Nous avons partagé une bonne glace avec Baptiste et Emilie qui sont en stage à Ouaga. C'était notre après-midi touriste! Pour dîner, on tente une excursion (K-Way et lampe torche) sous la pluie torrentielle au maquis en face de l'IDS. Le patron a essayé de nous rouler (on est blancs..), nous avons mangé des pâtes en sauce succulentes (on ferait pas mieux en France!). Le chef nous dit qu'il était cuisinier à l'aéroport d'Abidjan auparavant... on reviendra surement!!

Demain lever à 7h pour attaquer le boulot à l'IGEDD!...

Ouaga 2005 : Newsletter 3

Suite de nos aventures à Ouagadougou :

Lundi 11 juillet :

On commence enfin à travailler à l'université.... mais sans ordinateurs! Le container est bloqué à la douane car il manque la liste de colisage. Elle doit arriver mercredi... on prépare nos diverses formations : François et Eric présentent l'ordinateur ; Clémence et Jérémie expliquent les bases de Linux ; Martin et Anne forment à Openoffice ; Arnaud et François sensibilisent à Internet et à la sécurité informatique enfin Julien aura la (lourde) tâche de présenter les réseaux. La salle mise à notre disposition est aussi nettoyée et rangée...... une odeur y plane encore : c'est un ancien laboratoire de pesticides ! Les ventilateurs vont tourner à plein ! Repas du midi : restaurant de spécialités sénégalaises........ primé en décembre 2004 pour l'hygiène. Mais les notions de propretés sont décidément bien différentes des notres : nous avons mangé (du riz encore et toujours) assis sur des bancs dans un hangar. Par contre surprise du jour, la caissière de ce resto portait fièrement le maillot de son équipe préférée : le RC Strasbourg !!!! pour le plus grand bonheur d'Eric (l'alsacien du groupe). La galère du jour : le retour à l'IDS (où on loge) : Anne et Martin voyagent dans un bus bondé : ils sont à la porte heureusement ouverte (attention les odeurs !). Le bus surchargé slalome entre voitures et mobylettes à 80km/h, klaxonnant pour bien montrer qu'il est le plus fort. Les 6 autres connaissent des fortunes diverses : 4 d'entre eux prennent le taxi car ils ne peuvent pas monter dans le bus "overcrowded". Enfin Eric et Arnaud se font enfermer dans un bus dont le chauffeur d'une politesse à toute épreuve ne laisse pas les gens descendre à chaque arrêt, provoquant insultes et cris. Bilan de la journée : les premières diarrhées arrivent.......

Mardi 12 juillet (7 ans après la victoire en coupe du monde...)

Les formations prennent forme. Mais le fait du jour est le premier repas avec notre cuisinier : des spaghettis sauce tomate accompagnées d'une boulette de viande sont délicieuses et Arnaud retrouve l'appetit depuis ses mésaventures de la pizza gourmande. Eric a su négocier le prix (750 FCFA par personne avec boisson). Julien revit avec son ordinateur... le doux contact de la souris et du clavier commençait à lui manquer. On découvre TV5 afrique avec la retransmission en direct le tour de France. La psychose nous gagne le soir lorsque l'on apprend que Marlène (qui loge avec nous à l'IDS) a passé la nuit à l'hôpital à cause du palu. Elle prenait pourtant les même précautions que nous. Le problème est que sa chambre est au rez de chaussée, proche de la laverie et du système d'évacuations des eaux usées : un milieu propice aux moustiques. Le soir, petit metting dans la chambre des filles où Adama (délégué et trésorier des étudiants de l'IGEDD) nous rejoint en nous offrant des bananes pour notre repas. Les ordinateurs devraient arriver demain....... (suspens)

Mercredi 13 juillet : La nuit est la plus chaude depuis notre arrivée... difficile de se reposer. Au programme de la journée : finir la préparation des formations. Réunion avec M. Koulidiati au sujet du container et aussi de la disposition des ordinateurs dans les salles. Les PC seront disponibles demain. Il se pose quelques questions sur les abréviations employées dans la liste de colisage : Que veut dire "PQ" ? Connaissant les coutumes locales "de la main gauche" (!), nous avons préféré prendre nos précautions afin d'éviter tout problème. Les ordis ont donc été calés dans les cartons par du papier toilette... Le repas de midi est une déception lorsqu'on nous présente du poisson (loin de la mer, le poisson est rarement frais ou il est pêché dans des eaux plus que douteuses)..... qui sera rapidement remplacé par du foie de mouton, au plus grand plaisir de certains. Jérémie, n'ayant peur de rien tente quand même le poisson (avec succès apparament). On part de bonne heure pour aller au village artisanal : on découvre les objets produits dans le pays et on commence à discuter les prix avec les marchands. Ils sont bien sûr exorbitants. Ils nous ont pris pour des blancs ! Le ciel se charge de nuages et d'éclairs, ce qui provoque un retour rapide au bercail. Fausse alerte pourtant Bilan de la journée : toujours pas d'ordis !

Jeudi 14 juillet (Fête nationale)

La pluie nous surprends le matin, ce qui provoque un décalage de notre départ. On est obligé de faire un grand détour pour atteindre l'arrêt de bus. La route s'est tranformée en rivière ! On arrive à l'université trempés et boueux. Dès qu'il pleut, c'est tout de suite le parcours du combattant ! On comprends du même coup l'utilité des canaux, généralement vides, qui sillonent la ville. On cherche M. Koulidiati pour avoir des nouvelles des ordis mais en vain.... Ainsi la seule occupation de la matinée est la constition de notre planning de sortie avec les étudiants. On décolle de l'IGEDD à 15h (pour 5 d'entre nous) afin de bien se préparer pour la soirée. Arnaud, Julien et Eric, qui devaient finaliser leurs formations, partent 15 min plus tard....... puis attendent le bus 45 min !! On prends le taxi pour aller à la résidence de l'ambassadeur, qui accueille lui-même (accompagné de sa femme) tous les participants de la fête, le tout accompagné par la fanfare nationale. Révélation du jour : les receptions de l'ambassadeur sont connues pour le bon goût du maitre de maison, un bon goût qui sait charmer ses invités. On découvre que les africains ne savent pas servir l'apéritif : 2/3 de pastis pour 1/3 d'eau, des doses de martini doublées ou triplées! Après le discours de l'ambassadeur (sérieux donc ennuyeux), on se rue sur les petits fours en plaçant aux endroits stratégeek (les concernés comprendront). On s'en met plein la panse aux frais du contribuable (merci à tous!). L'extase est atteinte lorsqu'arrive le dessert : mini patisseries en tous genres. On se croirait presque à la garden party de l'Elysée. La réalité rattrape au galop Arnaud, Eric et Martin lorsqu'ils voient une femme mettre des tas de petits fours dans un sac plastique....(mais est-ce une spécifité africaine??) La soirée se poursuit sous un chapiteau où la musique nous rappelle nos meilleurs boums de 4ème. L'ambassadeur a vraiment bon goût mais on attends encore les Ferrero Rocher. Le groupe se sépare : certains rentrent alors que les plus motivés vont dans une boîte : le Music-Hall. Le retour est mouvementé pour Jérémie qui tombe dans un caniveau (dans le noir) : un bel hématome mais rien de cassé. La nuit devient un calvaire lorsqu'un orage d'une rare intensité se déclenche vers 5h du mat', le plus gros jamais rencontré par bon nombre d'entre nous. Seul François n'a rien entendu.....(bizarre bizarre) On espère se mettre au boulot demain (après avoir récupéré de la soirée).

Ouaga 2005 : Newsletter 4

Bonjour, Vous l'attendez tous, autant que Analyse Modale 4, voici la newsletter n°4 :D (les écamiens comprendront)

Vendredi 15 juillet : Reveil difficile ... Un orage violent a décidé de devancer notre réveil. On attend que ca se calme pour aller à l'université. Arrivés à l'université, une "bonne" nouvelle nous attend : les ordinateurs n'arriveront pas avant mercredi minimum, grâce à l'incompétence d'un transporteur français, qui a envoyé les mauvais papiers pour dédouaner.
Conséquence: formations décalées, et inactivité de l'équipe. En soirée, quatre d'entre nous sont allés acheter des pagnes dans le marché d'à côté.

Samedi 16 juillet : Aujourd'hui, nous disposons de la camionnette de l'IGEDD, ainsi que du chauffeur de Mr Koulidiati pour nous promener dans Ouagadougou.
Matinée artisanale. On commence par se rendre au centre artisanal, accompagné par Fernand et Habib, où on nous propose des statues, des djembés, et autres babiolles pour touristes. Julien retrouve un "compatriote", un artisan qui était venu dans son village faire des ateliers africains dans une école.
En sortant du centre, on se fait harceler par des "artistes" qui insistent lourdement pour qu'on aille voir leurs boutiques. On saute dans la camionnette pour fuire, et l'on se rend aux vitrines du bronze, afin de dénicher de bonnes affaires artisanales.
Après une bonne platée de pâtes, les étudiants nous emmenent dans une forêt naturelle située en périphérie de la ville. Entrée payante, et interdiction de prendre des photos ...
François en profite pour dénicher toutes les petites bêtes qu'il peut rencontrer. Des vautours volent en groupe au dessus de la forêt, attendant que l'on s'évanouisse sous la chaleur humide environnante, pour déchiqueter notre bonne chaire française...
Les inondations provoquées par les pluies nous barrent le chemin. En levant la tête, nous nous apercevons de la présence d'une colonie de chauve-souris qui est en train de dormir accrochée la tête en bas aux plus hautes branches des arbres. Retour à l'IDS en camionette, en chemin on peut apercevoir l'hotêl Sofitel de Ouaga (là où dort notre président lorsqu'il est de passage à Ouaga), ainsi que l'une des 4 retenues d'eau, qui sert à alimenter en eau potable la ville (bien polluée).
Le soir, Habib et Fernand nous emmenent dans un maquis, où l'on peut discuter et écouter de la musique autour d'une bonne bière locale (Brakina, So-B-Bra, ...)

Dimanche 17 juillet : Départ pour Bazoulé, un village au milieu de la brousse, où les habitants cohabitent avec des caïmans sacrés. Des étudiants nous accompagnent dans cette visite. Après une longue traversée de Ouagadougou (la polluée), nous pouvons enfin admirer (pour la première fois depuis notre arrivée) la campagne africaine. Le décor est vert, grâce aux bien-faits de la pluie, et rouge, couleur de la terre.
La route empruntée est goudronnée, il s'agit de la nationnale 1 qui relie la capitale à Bobo Dioulasso. A la sortie de la ville, un barrage/douane/péage, tenu par des militaires et des policiers, contrôle les véhiculent entrant et sortant de la ville. Nous croisons aussi sur notre route un panneau "contrôle de gendarmerie" ... effectivement, un gendarme était en train de faire la sieste sur une chaise sur le bas côté de la route, à côté d'une moto.
Puis nous tournons à droite, sur une piste en terre, en direction du village.
Arnaud remarque des panneaux de virages dangereux, alors que la route est droite ...
Entrée du village, prix à fournir: 1000FCFA pour les étrangers, 1000FCFA pour les poulets :)
Les fonds récoltés servent à financer l'école du village. Nous achetons 2 poulets, et commencont la visite accompagnés de deux guides du village. Nous débutons par l'enclos des tortues (voir photos). Puis descendons dans un marécage à la rencontre d'un vieux caïman aveugle (mais ca nous l'apprendrons qu'après...). Le guide nous invite à le chevaucher, et à le toucher. A notre grande surprise, il ne mangea personne (même pas une des filles). Après cette petite mise en bouche, nous approchons d'une autre bête qui faisait bronzette sur une petite plage au bord de la mare. Petit à petit, une dizaine de caïmans sont attirés sur la plage par les pioupious des poulets que tenaient les guides dans leurs mains. L'utilité du poulet est un sport sadique. Il consiste à faire une démonstration de violence animale, pour amuser les touristes... Un poulet est attaché à une ficelle au bout d'un baton, et est tendu au dessus d'un caïman. Celui ci observe, le poulet piaille, le poulet observe et dit : "ne me mange pas !!!", le caïman se lèche les babines, et se jette sur le poulet, alors que le guide relève le baton, et finalement le caïman n'arrache que quelques plumes au poulet. Le poulet n'étant pas mort d'une crise cardiaque, il continue à faire pioupiou, devant le caïman qui se sent roulé, et qui ne se fera pas avoir deux fois... Effectivement, il arrive finalement, en un coup magistral de machoire, à attraper le pauvre volatile. Les oreilles des filles se réjouissent des petits bruits d'os broyés, et des derniers pioupiou qui retentissent de la gueule du caïman. Un autre caïman ayant également faim, a trouvé Julien plutôt appétissant, et commenca à courir derrière lui. Mais finalement renonce, malgré le sprint de Julien (ca lui apprendra à imiter le poulet près des caïmans). Pour finir, étant donné qu'il nous restait un poulet, le guide trouva amusant de le jeter au milieu de la dizaine de caïman. Hélas, le poulet est malin, et partit en courant dans la direction opposée. Le poulet récupéré, la deuxième tentative lui fut fatale...
Après avoir fait la remarque du manque de singe dans le secteur, Eric grimpa dans un arbre. Puis Julien trouva un ane, et décida de broyer ses bijoux de famille sur son dos.
Fin de la visite, la boutique d'un artisan, où nous pouvons écouter les guides nous jouer des percussions.
Pour nous remettre de toutes ces émotions, la petite pause Brakina s'imposa, et nous nous retrouvons avachis dans des fauteuils à l'ombre sous un arbre ...
Puis vint l'heure du picnic ... François était allé faire les courses la veille dans un supermarché, et nous a rapporté des Pringles, du pâté, et ... un coulommier :) (quel régal pour nous francais). En rajoutant le saussisson que Julien avait mis dans sa valise, nous nous sommes fait plaisir !
Après une petite sieste, nous rentrons vers Ouaga la polluée ... En route, nous nous arrêtons dans une fabrique de briques, magnifique terrain de paintball, où nous regardons la brousse et la faune environnante.

Lundi 18 juillet : Toujours pas d'ordinateurs, pas de courant, pas d'internet ... journée blanche. Seul petit détail, Julien a décidé de rentrer un peu plus tard ... Ne le voyant pas arriver, nous nous inquiétons un peu, la nuit étant tombé depuis un petit moment...
Puis nous le voyons enfin arriver, accompagné d'un étudiant de l'IGEDD. Il était partit 30min après nous, mais il n'a pas pu prendre de bus, et les taxis refusaient de le prendre ! Finalement il a croisé l'étudiant, qui proposa de le ramener en moto. Malheureusement, la moto a crevé ! Temps du trajet : 2heures !
Autre petit fait marquant, Anne, Clémence et Eric ont décidé de retourner aux vitrines du bronze en fin de journée, à pieds à partir de l'université. Ils se sont fait harceler par les gens sur tout le trajet... Pour être tranquille ici, il ne faut pas être blanc, ni se promener dans les quartiers "touristiques". Malgré tout, Eric en a profité pour faire des affaires avec les artisants !

A bientôt !

Anne, Clémence, Martin, Arnaud, Eric, Julien, François, et Jérémie

Ouaga 2005 : Newsletter 5

Bonjour à tous!

Voici la suite de nos aventures au Burkina.

Mardi 19/07/05 :

Le container n'étant toujours pas à notre disposition, nous essayons de nous occuper comme nous pouvons : certains continuent à approfondir leurs formations faisables sans les ordinateurs (François et Eric en particulier avec "Architecture/Montage d'un ordinateur" qui se fait avec du vieux matériel récupéré sur place). Martin et Clémence sont partis en quête de draps au marché, ce qui leur a vallu de beaux coups de soleil!

Le moral de l'équipe étant au plus bas, nous avons décidé de nous accorder un après-midi piscine à l'hôtel "Ricardo", sauf Julien qui devait finir de préparer sa formation. Après avoir fait les sardines dans le taxi (2 devant+chauffeur et 5 derriere), nous avons fait les poissons dans l'eau dans un hôtel très chaleureux ;) Le retour fut épique : nous avons marché plus de 30 minutes au bord de la route avant de trouver enfin un taxi. Cette promenade nous a offert le paysage plutôt déplaisant de la pollution typique de Ouaga : les berges de l'étendue d'eau du barrage (qui après une filtration deviendrait être potable...) sont une poubelle géante où se cotoient plastiques, bouteilles et chaussures et où les enfants pêchent de quoi dîner... Pour parfaire ce tableau, nous avons decouvert une des centrales thermiques de la ville, croulante et émettant un bruit assourdissant (comment tient elle encore debout???).

Mercredi 20/07/05 :

Aujourd'hui débutent les formations : François et Eric vont assurer le Thème 1 :"Architecture/Montage d'un ordinateur".
Huit étudiants étaient présents et ont suivi assiduement les explications de nos deux profs en herbe, à part peut-être un élève plus ou moins endormi (par la clim a il dit ;) sur un coin de table...!
Ce fut pour Francois et Eric une première expérience en temps que professeur très enrichissante! Quel sentiment de joie de voir que d'autre personnes sont

devant nous très intéressée, posent de nombreuses questions et ont leur visage qui s'illumine quand elles comprennent et arrivent à mettre en pratique!... Pour nous, cela représente en plus la satisfaction de voir que notre travail porte ses fruits (malgrès l'absence de nos ordinateurs pour le moment) et permet ainsi à d'autres étudiants de progresser dans leur connaissance de l'informatique!
Pour les autres, rangement d'une salle de formation, et préparation du voyage à Bobo, avancé à ce week-end pour cause de chômage technique. Nous partons donc à 11 (nous 8, Fernand :un étudiant qui habite à Bobo et qui fait ses études à Ouaga et Baptiste et Emilie, nos compatriotes) pour 4 jours. Au programme : visite de Bobo, cascades, marre aux hippopotames et autres beautés du paysage.

Le soir, nous sommes allés déguster avec recueillement des frites dans un maquis : un petit plaisir qui vient rompre la monotonie du riz/pâtes/couscous sauce!!

Jeudi 21/07/05 :

François et Eric devaient assurer leur formation, mais les étudiants étant arrivés avec une heure de retard, elle a été annulée de peur de ne pas pouvoir la terminer dans les temps. Vive les horaires africains!! Ces étudiants s'ajouteront donc aux autres prévus pour la même formation de la semaine prochaine (afin de former un bonne équipe). Eric et Francois en ont donc profité pour modifer quelques éléments de leur formation afin de l'améliorer encore en fonction de leur expérience de la veille.
Derniers préparatifs pour le voyage de demain : ce voyage va faire du bien au moral des troupes car notre inactivité nous pèse.
De plus, nous avons su cet après midi que le papier que la douane attend pour ouvrir le container n'est toujours pas arrivé au Grand Lyon : moment de désespoir car nous ne pourrons pas récupérer notre matériel avant une semaine. C'est un coup dur!

Seule (très) bonne nouvelle de la journée : une salle équipée avec Linux nous est prêtée par l'université, ce qui nous permetterait de faire quand même un minimum de formations en attendant le container. Mardi prochain, nous allons donc continuer la formation thème 1 et commencer les autres.

Merci de vos mails et de votre soutien. L'équipe d'Afric'Edu

Ouaga 2005 : Newsletter 6

Newsletter n°6 : Week-end à Bobo-Dioulasso et Banfora

Vendredi 22 juillet Le départ est fixé vendredi matin à 8h. L'equipée folle est composée de Baptiste et Amélie, de Fernand (élève de l'IGEDD) et bien sûr de toute l'équipe. On prend place dans un bus prévu pour 17 africains dans lequel 13 européens seraient serrés commes des sardines! Le départ est étonnemment à l'heure. Rien de special jusqu'à Bobo hormis quelques arrêts inopportuns du chauffeur..... achat de karités, mangues et autres ou arrêt prière. A chaque entrée ou sortie de ville, on se fait arrêter par la douane, la police et la gendarmerie (successivement)..... Arrivés sur place après 340 km de car à fond la caisse sur des routes goudronnées en moyen état, on découvre la "place de la femme" avec une magnifique statue de femme .... en train de balayer, ce qui ne manqua pas de ravir les filles. On découvre une autre vision de la femme .... ce qui ne déplait pas à tout le monde :D. On trouve rapidement l'hôtel qui va nous accueillir : le "royal hotel". On découvre des chambres moyennement propres agrémentées d'une agréable odeur de moisi. Lors de la reservation, il était clair qu'on pouvait négocier les prix..... mais comme d'habitude la réalité est différente : prix fixes et mauvaise foi sont encore de rigueur. En essayant de négocier, notre regard a été attiré par une fresque d'une femme aguichante disant à un vieillard (donc de 50 ans pour le pays) :"J'aime ça mais tu es vieux". L'autre répond : "Je suis vieux mais mon argent, lui, est jeune". Etrange ....... On distingue aussi une publicité pour la marque "Prudence" dont nous tairons le produit associé. On fait alors un tour dans Bobo en faisant confiance au chauffeur .... qui nous amène directement dans un centre de contrôle technique sans même nous prévenir. Il commence déjà à nous faire %*!?$. Après cette escale, on se rend à la gare et la grande mosquée. Bobo est tout de même plus agréable que Ouaga car la végétation est plus abondante et les gens moins entassés que dans la capitale. On va ensuite se restaurer au "Bleu magique" ("le maquis des branchés") pour déguster une assiette de frites qui nous fait saliver depuis l'après-midi. Résultats des courses : 10 assiettes commandées, 3 servies après 1h15 d'attente et 5 autres après plus de 2h. Petite précision : les 5 dernières ne sont pas cuites...... Après un petit coup de gueule d'Arnaud, le prix est decendu de plus de la moitié. On rentre frustré à l'hotel. Nos craintes sont alors vérifiées par des "va-et-vient" incessants durant la nuit et aussi des lits grinçants. Anne en a même mal digéré sa mangue.

Samedi 23 juillet Confirmation le lendemain matin avec un petit tas de preservatifs "Prudence" au milieu de l'allée. C'etait donc bien un hôtel de passe. Le prix était donc négociable...... en ne passant pas toute la nuit dans la chambre! On repart entiers pour Banfora et sa verdure. On retrouve le chauffeur (ayant dormi dans le bus après avoir fait 20km) qui roule à 60km/h sur une route digne d'une autoroute (c'est à dire sans trop de trous :D). Après son réveil à mi-chemin, il se met à rouler à une vitesse folle. La route est magnifique car entourée d'arbres en tout genre : baobabs, manguiers, papayers (malheureusement, on avait oublié de prendre nos foufourches ;-) ), cannes à sucre ... Banfora est une bourgade charmante, pleine de verdure et de gens qui ne nous accostent pas, ce qui provoque en nous une vraie palingénésie. On va chercher le frère de Fernand qui travaille au trésor public local, et qui nous servira de guide pour les 2 jours. Pour nous restaurer, il nous conseille "le calypso", restau tenu par un français... la qualité est au rendez-vous. Arnaud revit même un instant lorsqu'il entend "London Calling" des Clash. Ensuite, direction les cascades de Banfora : vue magnifique sur la vallée et nature luxuriante. La chaleur nous incite à piquer une tête dans les baignoires naturelles creusées par l'érosion. Nouveau numéro du chauffeur : ne sachant pas nager il "plonge" dans la plus profonde en réalisant de magnifiques plats. Jérémie est obligé de faire le maître nageur. Le chauffeur tente aussi une cabriole en descendant les marches nous permettant de retourner au bus.... On se rend aussi au Dômes de Banfora, dômes de pierres naturels formés par des courants d'eau. On a une vue magnifique sur les champs de cannes à sucre (les seuls du Burkina). Direction le lac de Tengrela, connu pour sa colonie d'hippopotames. On se fait arrêter en chemin par un policier qui demande à verifier nos passeports..... c'est bizarre d'être un étranger. Arrivés à bon port, on fait un tour en pirogue : Julien et Francois sont obligés d'écoper pour eviter de tourner Titanic 2. On remarque les pachydermes en train de prendre un bain.... dont un petit avec sa mère. On ne s'approche pas trop afin de nous epargner de leur courroux. En effet ils sont connus pour leur caractère irritable. Le soir venu, on dort dans un campement (pas de passe) qui nous réserve une nuit dans une case, des toilettes réduites à un trou pestilentiel et une douche au seau. Ce fût une bonne expérience car on a dormi au calme, sans trop d'insectes. Pendant que certains jouaient au tarot, Julien et Martin nous faisaient decouvrir leurs talents au balafon.

Dimanche 24 juillet Première constatation : le chauffeur a roulé 60km pendant la nuit et nous fait tous patienter..... On va voir les pics de Sindou, village distant de 40km effectués en 2h !!! La piste est très mauvaise, ce qui nous permet de verifier la solidité de nos estomacs, sauf pour Amelie qui en profite pour faire une sieste. Les pics de Sindou ressemblent fortement aux dômes de Banfora, mais en un peu plus pointus. Nous sommes accompagnés par un guide très intéressant qui vit à Sindou et qui nous explique les traditions de son village et de sa tribu Sénofo. On retourne ensuite avec joie dans le bus pour rejoindre Banfora et son marché : profusion d'épices, prix plus bas et surtout personne qui vous tient la jambe!! Nouvelle blague du chauffeur : on reste 45 min au marché (à 10m d'une cabine) et il veut tout de même s'arrêter après le depart pour telephoner! Martin sait pourtant trouver les arguments pour le faire revenir à la raison. On décide de tester un autre campement : le "Baobab". Les cases sont mieux décorées mais l'absence d'éléctricité est génante. De plus, les lampes à pétrole semblent attirer tous les insectes de la région... L'absence de lumière nous permet d'observer une superbe nuit étoilée (incomparable même avec la plus sombre nuit en pleine campagne française). Nous remarquons de plus la grande ours qui se situe ici à raz l'horizon! Notre sommeil est cependant perturbé par la profusion de moustiques... qui, par magie, passent à travers la moustiquaire.

Lundi 25 juillet Nous sommes tous surpris par une forte pluie lors de notre départ du campement. Le chauffeur est un peu plus prudent que d'habitude.... s'est-il fait peur lors des 30 km parcourus pendant la nuit? Petite halte de 15 min à l'entrée de Bobo lors d'un contrôle de police, qui nous permet de subir notre second contrôle de papiers du week-end. Le policier est sympa et on peut plaisanter avec lui. Un dilemne vient se poser : quelle quantité de gasoil doit-on mettre pour arriver à sec à Ouaga? On décide de voir en chemin, ce qui provoque un léger stress chez certains membres et notamment chez Julien, qui ne tient plus en place. Le chauffeur nous donne son avis..... sans doute veut-il faire quelques kilomètres de plus en rentrant.... Il commence à utliser certains arguments dignes de sa grandeur d'esprit, ce qui provoque un petit affrontement verbal avec Arnaud. On arrive enfin sans encombre à l'IDS. C'est avec une joie non dissimulée que l'on quitte le chauffeur. Pour finir la journée, Arnaud, Eric, Jérémie et Martin vont chercher leurs pantalons ou chemises chez le tailleur . Désormais on dirait de vrais touristes en Afrique !!!!

Mardi 26 juillet Nous constatons que nous avons le soutien de nombreuses personnes afin d'obtenir les ordinateurs. Les choses ont évolué durant notre week end. Nous avons reçu un mail ce matin de la part du Grand Lyon nous indiquant que le document manquant avait été trouvé et qu'il allait parvenir à notre contact demain. Il sera transmis immédiatement à Ouaga par Chronopost. Nous aurions donc les ordinateurs en fin de semaine ou lundi. Nous vous remercions pour votre mobilisation.

A bientôt pour la suite de nos aventures.

Ouaga 2005 : Newsletter 7

Formation thème 1: François & Eric

Le but de cette formation était de comprendre le fonctionnement d'un ordinateur et l'architecture générale d'une unité centrale (Bios, processeur, chipset,...). Cette formation se déroulait sur une journée avec une partie théorique d'environ 2h30. Ensuite , pour mettre en pratique le cours, nous leur faisions démonter une unité centrale, afin de reconnaitre les différents composants (carte mère, processeur, cartes d'extension, etc...) puis remonter à l'identique l'unité centrale. Et enfin, de mettre en route l'ordinateur pour vérifier d'une part si le montage avait bien été fait et d'autre part pour avoir un apperçu du bios et du démarrage du système d'exploitation.

Nos impressions sur cette formation: En ce qui concerne la partie théorique, nous avons constaté qu'au début de la formation, les étudiants étaient assidus, ils suivaient avec attention notre formation. Mais au bout d'un certains temps (environ 1h), ils commencaient à avoir du mal à rester concentrés. Certains s'endormaient même devant nous, ce qui nous amusait... En fait, ils commençaient toujours par s'avachir sur leur siège, clignaient des paupières, et c'était le trou noir... Mais il faut aussi préciser que le cours théorique était assez poussé pour des personnes de niveau très variable. Donc il est assez difficile pour des étudiants, qui n'ont jamais touché un ordinateur de leur vie, d'assimiler toutes les connaissances que nous leur dispensions alors que certains venaient de DEA et posaient des questions.

Sinon, en ce qui concerne la partie pratique, cette dernière se passait toujours bien. C'est à ce moment que nous constations qu'ils avaient retenu une bonne partie de la formation théorique. En plus, ce moment était toujours convivial, il y avait un réel échange des deux cotés.

Pour conclure, nous sommes réellement satisfaits d'avoir effectué cette formation, pour l'intérêt qu'elle a suscité chez les étudiants et les connaissances que nous avons pu leur apporter.Cela a de plus permis à beaucoup de s'interesser à l'informatique et nombreux nous on dit qu'ils comptaient approfondir cela par d'autres moyens.

Formation thème 2 : Jérémie

Etant donné que les salles que nous installons auront comme système d'exploitation MandrakeLinux (nouvellement Mandriva), une petite formation Linux des étudiants s'imposait. Le but de cette formation était de comprendre le fonctionnement de Linux, et de pouvoir se débrouiller avec les commandes de bases, et d'avoir des notions d'administration. Cette formation se déroule sur deux jours, et était ouverte seulement aux gens ayant déjà touché un ordinateur (pour ne pas passer une demi journée à expliquer le fonctionnement de la souris). Peu d'étudiants étaient intéressés par cette formation, donc on a pu former des petits groupes conviviaux, afin d'apprendre dans la joie et la bonne humeur ! Malgré la masse d'information apportée pendant cette session, les étudiants restaient attentifs et curieux (de vrais élèves comme on en trouve pas en France ;) ). Pour les initiés, le plan du cours est : I. Généralités sur Linux (historique, architecture, ...) II. L'interface graphique et les consoles III. Navigation dans les dossiers, création et suppression de répertoires IV. Visualisation et modification de fichiers textes V. Copie, déplacement, et suppression de fichiers VI. Montage des périphérique & fstab VII. Gestion des utilisateurs et des groupes VIII. Gestion des permissions des fichiers et des répertoires IX. Gestion des processus X. Connection distante par ssh XI. Installation de Linux

Je n'ai pas la prétention de penser que tout le monde a tout retenu, mais ils possèdent désormais une base Linux, et sauront s'adapter par la suite avec un minimum de documentation. Je laisse sur un serveur de l'université des pages internet reprenant l'ensemble de la formation, avec des exemples.

A la fin de la session, les étudiants ont réaffirmé leur intérêt pour Linux et leur envie d'aller plus loin !

De plus, j'en ai profité pour convertir Moussa, et suis en train d'installer Linux sur son PC personnel ... :-)

Formation thème 3: Martin & Anne

Cette formation a pour objectif d'apprendre les bases du traitement de texte (OOWritter) , du tableur(OOcalcl) et de Impress (équivalent Power Point). Nous avions preparé un Tp par logiciel. Notre premiere surprise a été de decouvrir que les étudiants n'avaient, pour la majorité, jamais touché un ordinateur. Il a donc fallu revoir à la baisse nos objectifs. Cependant, même si la formation prend plus de temps que prevu, les éleves ont l'air content de pouvoir decouvrir des logiciels de bureautique. Tout c'est bien passé également pour les formateus, mais patience a été notre mot d'ordre pour cette semaine enrichissante.

Fomation thème 4 : Internet : François et Arnaud

Cette formation se décompose en trois parties :

- présentation générale d'internet,
- la sécurité informatique,
- Pratique d'internet et des messageries.

La première formation se passe admirablement : élèves attentifs (pour la plupart) malgré les ordinateurs déjà allumés. Le timing est respecté jusqu'à la partie pratique. Alors que ceux ayant déjà pratiqué foncent vers leur courrier ou autres sites thématiques, les débutants sont toalement déboussolés. Le calvaire est réel lorsque nous leur demandons de créer leur adresse mail sur le site yahoo.fr. La sanction est immédiate : plus de 2h pour créer 5 adresses mail. Nous devrons donc revoir le planning de notre soirée désormais bien avancée et aussi supprimer quelques sujets un peu complexes afin de finir dans les temps. Feront frais de ce retard la notion de FTP et la présentation des messageries instantanées et des messageries en général. La seconde formation est plus houleuse. Les mêmes élèves reviennent juste pour naviguer sur le net et 5 min après le début de la formation, juste 2 personnes écoutent (on se serait cru en cours d'autom :-) ). Des dispositions sont alors immédiatement prises : cours bâclé et réponses plutôt "abruptes" aux questions posées. Les ordinateurs seront sans doute eteints lors de la prochaine formation... à moins qu'une pluie salvatrice ne vienne couper internet..... Comme quoi les élèves inattentifs ne sont pas que français...

Les élèves nous font part de leur remarques : parties théoriques un peu lourdes.... sans doute notre vision de la formation et la leur sont quelque peu différentes. Certains ont du se croire dans un cyber-café...

Jeudi 28 juillet

En début d'après midi, nous avons eu la visite de deux personnes de MAE, un de nos sponsors financiers. Nous leur avons fait part des actions que nous avions menées jusqu'à maintenant, de nos déboires pour le conteneur et nous leur avons fait visiter la future salle libre service. Elles sont également allées faire un tour aux formations. Elles paraissaient plutôt satisfaites de notre travail.

Le soir, nous sommes allés dîner avec Baptiste et Amélie au "Cyber frites", un fast food un peu gras où nous avons "dégusté" des hamburgers frites : ça change du riz sauce!! Mais nos estomacs (pas tous), habitués à manger moins gras ont eu du mal à digérer!! Ensuite, soirée photo de Bobo chez Baptiste et Amélie qui habitent un appartement plutôt bien pour le Burkina.

Vendredi 29 juillet

Aujourd'hui, les papiers de connaissement du conteneur sont enfin arrivés à la douane. La procédure de dédouanement peut donc commencer. On espère avoir les ordis mercredi ou jeudi prochain...

Après les formations, nous avons organisé un débats avec les étudiants africains. Les thèmes proposés étaient : mode de vie en France/Burkina, vie étudiante en France/Burkina, relations hommes/femmes, place de la femme en Afrique.

Nous avons commencé à débattre sur la vie étudiante, mais rapidement le débat a dévié sur les relations hommes/femmes. Nous avons regretté qu'il n'y ai pas d'étudiantES pour nous donner leur point de vue. Tous les Burkinabés étaient d'accord : la femme est inférieure à l'homme!!! Ce qui n'a pas manqué de faire réagir Anne et Clémence qui ne partageaient pas tellement cette opinion!

A travers cette discution, nous nous rendons compte des grosses différences entre nos deux cultures : la polygamie (pour les hommes bien entendu!), le "droit" de battre sa femme si elle s'est mal comportée, l'inexistence de marque d'affection dans un couple en public, l'amour existe-t-il vraiment ici? Jusqu'à présent, les familles se mettaient d'accord pour marier leur enfants, ce qui unissait les familles par un lien très fort et qui engageait leur honneur. Il n'y avait donc pas de refus possible pour les enfants car ce serait le déshonneur pour leur famille. Ce qui n'est pas sans rappeler nos coutumes d'il y a un siècle!!

Cependant, on note une évolution des moeurs : les étudiants ne veulent pas que leur famille leur impose une femme, certains refusent la polygamie, et ils espèrent aimer la femme qu'ils choisiront (mais l'homme reste quand même supérieur...).

Samedi 30 juillet

Journée shopping : razzia au village artisanal et chez les Maliens. Après une courte grass'mat, nous avons pillé le village artisanal, tel un essaim de criquets pélerins. Nous avons rempli nos sacs de souvenirs de toute sorte (objets en cuir des Touaregs, bijoux des Nigériens, statues de bois, djembés et bibelots en fils de fer des Burkinabés). Déjeuner de pâtes à notre maquis fétiche, le 5/5.

Vers trois heures, nous nous sommes rendus chez les Maliens : ce sont des artistes du batik, tissu peint de façon artisanale représentant des scènes de la vie quotidienne en Afrique. Résultat des courses : tout le monde est reparti avec au moins un batik, et beaucoup pour certains. Retour au "Cyber frites" avec Mathieu et Marlène pour se "ré-européaniser" un peu : même menu, même sanction pour l'estomac (enfin pour certains estomacs)!! Arnaud, Jérémie, Eric, François et Mathieu sont restés en ville pour aller boire un coup dans un maquis.

Dimanche 31 juillet

Martin, Julien, Anne, Eric et Clémence se sont levés plus tôt que les autres pour aller faire un tour de Ouaga en camionette. On est allé à "Ouaga 2000", le nouveau quartier asceptisé : les maisons et jardins magnifiques des ambassadeurs et autres organisations internationales, les prochains bâtiments des administrations et même une mini tour eiffel sur une avenue large comme les Champs Elysées! On a continué par la visite de la cathédrale de Ouaga : c'est un édifice de type européen, rien à voir avec le style d'ici. Elle a été construite par un évêque français dans les années 30, mais elle n'a jamais été achevée. Julien s'est fait interpelé par des pseudo gardes qui voulaient le faire payer (cher!) pour la photo qu'il venait de prendre... après moultes négociations, il les a envoyé paître (pour rester poli!).

Après-midi piscine pour les garçons ainsi que Mathieu et Marlène, détente en ville pour Anne et Clémence. La piscine équipée d'un plongeoir était presque vide après leur départ... Les garçons auront le plaisir de découvrir (ou redécouvrir) le fait d'être un homme blanc au milieu de la population noire. En effet, une jeune demoiselle a fait valloir ses meilleurs atouts afin de perturber le flegme "britannique" de nos neo-africains. La pauvre n'a pas du se rendre compte que son maillot de bain ne résistait pas à ses plongeons à répétition. Deuxième épisode caniveau pour le groupe : Julien a trouvé le moyen de tomber dans un caniveau (dans un endroit éclairé) lors d'un grand moment d'inattention (il devait penser à son ordinateur...).

Voila pour nos aventures de cette semaine.

Ouaga 2005 : Newsletter 8

Les impressions de Julien et Clémence sur leurs formations de cette semaine :

Formation 3 : open office, impressions de Clémence

Au départ, je devais assurer la formation sur Linux avec Jérémie. Mais le nombre de participants se limitant à 5, Jérémie pouvait dispenser cette formation seul. Je suis donc aller prêter main forte à Anne et Martin pour les 3 jours de formation d'Open office. C'est intéressant de se trouver de l'autre côté d'une formation, c'est-à-dire en formateur, mais il faut de la patience! Les élèves sont en général très motivés et avides d'apprendre, mais il faut leur répéter plusieurs fois la même chose pour qu'ils l'intègrent. On a une certaine satisfaction en fin de formation quand certains valident l'évaluation : on se sent utile à quelque chose, on est arrivé à leur transmettre un peu de notre savoir. Ca a donc été une expérience très positive pour ma part.

Formation 5 : initiation aux réseaux informatiques, par Julien

Je devais assurer cette formation sur deux jours complets, et la première journée fut consacrée à l'étude théorique ; je tiens à signaler à Christophe Mathieu que son cours, même épuré et simplifié, est bien assez dense pour des étudiants néophytes ! Les impressions étaient mitigées, je soupçonne un grand nombre d'étudiants d'avoir entendu qu'un mot sur deux... Le lendemain, programme radicalement différent : travaux pratiques ! Pour les connaisseurs : 4 machines, 4 adresses IP, quel masque choisir pour avoir deux sous réseaux de deux machines chacun... Au bout de 4 heures, la plupart des étudiants étaient content d'avoir pu résoudre le problème ! Bilan de l'expérience : favorisons la pratique face à la théorie...

Lundi 1 août :

Pour fêter l'anniversaire de Marlène, nous sommes allé dîner dans un restaurant français : les Bougainvilliers. Nous sommes chaleureusement accueillis par le maître de maison, un Français résidant au Burkina depuis 7 ans. On se serait cru de retour en France : les filles servies en premier, des "s'il vous plait" "merci" à tout va, et même du papier toilette aux WC!! Pour nous ouvrir l'appétit, un apéro de pizza et de kirs ou jus de mangue maison. Par la suite, tout le monde s'est régalé avec son plat de viande (fondante) ou de poisson. Ce repas s'est soldé par une forêt noire en guise de gâteau d'anniversaire : Marlène a perdu son souffle devant les 22 bougies magiques! Nos estomac s'étant mis au rythme burkinabé (on mange moins et moins riche qu'en France), certains ont passé une bien mauvaise nuit! Pour finir la soirée, Mathieu, Marlène, Eric, Arnaud, Julien et François sont sortis dans un maquis. Les autres se sont couchés afin d'être en forme pour leur journée de formation du lendemain.

Mardi 2 août :

Première nouvelle du matin : nous avons reçu un mail nous informant que la procédure de débloquage du conteneur avait commencée, et que nous devrions avoir les ordis jeudi. En rentrant à l'IDS le soir, on apprend que Marlène s'est fait voler son téléphone portable pendant qu'elle faisait sa lessive. François et Mathieu sont partis à la recherche du voleur en mobylette : ils ont eu la peur de leur vie en constatant qu'il était armé... Marlène ira donc porter plainte au commissariat le lendemain. Les gardiens de l'IDS se sont fait remonter les bretelles : ils font vraiment rentrer n'importe qui, sous prétexte que les gens disent nous connaître (on est connu comme le loup blanc dans le quartier!), ils ont le droit d'entrer.

Mercredi 3 août :

Mauvaise nouvelle de la journée : Internet nous a laché..... On peut dire adieu à la formation Internet (seule la partie théorique a été dispensée le matin). Le problème ne semble pas être technique, il paraîtrait que l'université n'a pas anticipé le paiement au fournisseur pendant les vacances. On peut donc imaginer qu'on n'aura plus Internet jusqu'à notre départ!!

Nous nous réjouissions de manger à midi les légumes que nous avions commandés au cuisinier la veille . Manque de bol : au menu riz sauce!! Avec toute la bonne volonté du monde, ça reste franchement dégueulasse! Tout le monde a tiré la tête en retenant des hauts-le-coeur.... Cette fois c'est décidé, fini le riz : on en informe le cuisinier qu'il nous fasse tout sauf du riz!

Après le déjeuner, Julien et Anne sont allés au Centre Numérique de la Francophonie où ils ont rencontré un Français, Mathieu (encore un!), travaillant depuis deux ans à Ouaga. Il se trouve qu'il a administré un réseau qui a la même configuration que celui que nous allons installer à l'IGEDD. Il propose donc son aide à Julien. Nous profitons également de leur connexion (512 Ko!!!), qui leur coûte la bagatelle de 800 000 FCFA par mois (soit 1220 euros)!

Le soir, nous avons participé à une représentation de danses folkloriques africaines, prévue pour les filles de l'IDS. Le groupe se composait de 3 joueurs de djembés, 2 de balafons, un de "guitare africaine" et d'un danseur. Nous avons ainsi découvert les danses traditionnelles d'Afrique. Ses rythmes entraînants incitèrent l'assemblée à danser, les Blancs comme les Noirs.

Jeudi 4 août :

Ce matin, coup de fil de la mairie : ne voulant pas payer les frais de gardiennage des 75 jours où le conteneur est resté bloqué par la faute du transporteur français (à 75 000 FCFA par jour, on peut comprendre!!), une procédure d'exonération a été lancée, retardant la sortie du matériel... On a l'impression que la malchance nous poursuit!! On commence à fortement douter de voir les ordis arriver avant notre départ. Dans la matinée, alors que le moral des troupes est au plus bas, Adama Zerbo, employé à la mairie et correspondant de monsieur Voron du Grand Lyon, nous assure que nous aurons tout de même nos ordis mardi au plus tard : ça nous laisserait 2 jours pour tout installer!! Nous faisons alors un programme serré des actions à entreprendre avant de partir et celles à déléguer après notre départ. Monsieur Voron a de bonnes raisons de penser que le transporteur n'est pas vraiment convalescent, à part si l'on considère la prison comme un hôpital.... En effet, celui ci doit déjà 7500 euros à une autre entreprise française auxquels viennent s'ajouter les 2500 euros de ristourne que le Grand Lyon exige afin de payer les frais de gardiennage de la mairie de Ouaga.

La journée s'est terminée par un débat avec les étudiants (dont un seul de l'IGEDD...). Le sujet était "les logiciels libres", mais très vite les échanges ont dévié sur les droits d'accès à la salle libre service que nous allons installer pour l'IGEDD. La suite n'a été qu'un débat stérile, les futures personnes gérant la salle n'étant pas présentes. Nous avons cru comprendre qu'ils voulaient qu'on intercède auprès de Monsieur Koulidiati pour ouvrir la salle à tous les étudiants (chose qui ne nous regarde pas!). Nous avons pris conscience des problèmes rencontrés par les étudiants pour accéder aux salles informatiques de l'université de par la lourdeur hiérarchique.

A bientôt pour la fin de nos aventures...

Ouaga 2005 : Newsletter 9

Samedi 6 août :

Dernier week-end sur Ouagadougou. François voulait partir à Nazinga, une réserve naturelle située au Sud du Burkina Faso. Il part donc en compagnie de Baptiste et Amélie, deux compatriotes français en stage et leur chauffeur. Le samedi est consacré à la route jusqu'à Nazinga, puis le réveil est matinal pour observer toute sortes d'animaux : antilopes, serpents, éléphants et phacochères. Il en revient le lendemain les yeux pleins de souvenirs... Le reste de l'équipe décide de passer son samedi après-midi dans l'eau apaisante de la piscine de l'hôtel Ricardo, suivi par un dernier restaurant aux 'Bougainvilliers' incluant la baignade après le délicieux repas.

Dimanche 7 août :

Journée passive pour la majorité de l'équipe. On se repose en espérant se fatiguer lors de l'arrivée prochaine du conteneur.

Lundi 8 août :

Coup de téléphone de la mairie dès 9h, le conteneur sera ouvert ce après midi dans la cour de la mairie. Soulagement pour toute l'équipe, ce sont les meilleures nouvelles que nous avions eu depuis longtemps ! Nous en profitons pour peaufiner les derniers détails avant l'arrivée des ordis : trous dans les murs pour passer les câbles, pose des derniers prises électriques... Nouveau coup de téléphone après le déjeuner, vers 15h : la mairie nous annonce qu'un intermédiaire n'a pas été payé par le transporteur français, et que celui-ci fait bloquer le conteneur en douane tant qu'il ne sera pas payé. Coup de tonnerre dans l'équipe : le moral retombe au plus bas après l'euphorie du matin. Malheureusement, il nous faut rapidement préparer l'inauguration de la salle, échéance prévue de longue date. Les étudiants ayant suivi les formations ainsi que les officiels de l'université y sont conviés. La presse et la télévision burkinabè sont également invités à cette cérémonie. En présence du directeur adjoint de l'UFR/SEA, du directeur adjoint de l'IGEDD, du directeur adjoint de l'université, nous avons expliqué notre projet et les difficultés que nous avons rencontré. Ensuite, nous remettons aux étudiants des attestations correspondant aux formations suivies. La cérémonie se termine autour d'un verre, conformément aux traditions burkinabè ! Nous finissons notre journée en comité restreint, en compagnie des nos compatriotes habitants à l'IDS (Matthieu et Marlène) ainsi que d'un autre Matthieu, administrateur du centre numérique francophone (unité faisant partie de l'AUF - l'Agence Universitaire de la Francophonie). Cette personne pourra exercer un appui temporaire dans le cas de l'installation de la salle par le personnel de l'IGEDD.

Mardi 9 août :

Après les désillusions de la veille, l'équipe n'a plus aucun espoir de voir arriver le conteneur avant le départ, mercredi soir. De plus, le temps semble aussi être contre nous avec une pluie matinale nous bloquant jusqu'à 10h à l'IDS. On en profite pour régler les derniers détails avant notre départ. Le soir, averti de notre probable passage sur la RTB, la télévision officielle du Burkina Faso, on se pose devant une télévision pour le journal de 20h. Après quelques nouvelles assez positives, vient un reportage sur une association française venant apporter matériel et formations aux étudiants burkinabè ! Malgré la déception de ne pas voir nos ordinateurs, nous avons le plaisir de voir que notre passage ici ne sera pas passé inaperçu.

Mercredi 10 août :

Dernier jour sur la terre du soleil.... La matinée est consacré au rangement des chambres, et à la préparation des valises. Nos compatriotes français, Matthieu et Marlène, qui habitent le même bâtiment que nous sont découragés à l'idée de nous voir partir : il leur reste un mois de stage dans des conditions pas toujours faciles. Le stagiaire est très mal considéré, et la politesse n'est pas une habitude très courante. Ils ont appréciés pendant un mois notre présence au sein du bâtiment et notre départ va changer les habitudes prises ensembles. On en profite pour échanger nos adresses, et on prend également en charge quelques kilos de bagages : Air Algérie nous permet de transporter 40kg par personne, ce qui représente le double des compagnies traditionnelles ! En soirée, on se réunit tous autour de succulentes brochettes, servies dans notre maquis favoris, l'Afrique Soir. Les étudiants de l'IGEDD, les compatriotes, et toute l'équipe prennent leur dernier repas commun avant le départ pour l'aéroport. Toute la troupe embarque dans la camionnette (13 personnes + quelques centaines de kilos de bagages...) pour un court trajet sous la pluie, avant les adieux finaux et l'attente du décollage.

Jeudi 11 août :

Le vol en 737 décolle vers 00h15 direction Bamacco pour une escale, puis Alger où l'on attend pendant presque 3h la correspondance vers Lyon. Un 767 nous emmène alors, avec 30 minutes de retard vers notre destination finale. Là, le choc est brutal. Deux civilisations se rencontre en l'espace de deux jours, on a du mal à se rattacher à la réalité française. Tout paraît aseptisé, rangé, propre... Les retrouvailles avec la famille nous rappellent qu'on est enfin revenu sur l'autre monde.

A tout ceux qui nous ont soutenu, aidé, consolé pendant notre projet, nous tenons à leur dire MERCI. Je pense entre autre à Michel CLERC, notre premier contact en mai 2004, la mairie de Lyon, nos sponsors, les partenaires locaux et bien sûr nos lecteurs qui nous ont soutenu par des messages d'amitiés pendant ces 5 semaines...

Inch'Allah, bon vent à tous !

Ouaga 2005 : Newsletter 10

L'arrivée sur Ouaga était programmé pour 17h30 heure locale, mais une tempête de neige sur New York retarde notre vol de deux bonnes heures. Finalement, nous retrouvons la voiture de Pierre vers 19h30 heure locale, et après un petit tour à la BCIAB pour tirer quelques francs CFA, nous nous retrouvons Eric et moi à l'IDS comme cet été...

Habib avait prévu le coup en installant des bout de bois sur chacun de nos lits afin de poser les moustiquaires, mais comme j'ai peur la nuit, on a préferé installer nos deux lits dans la même chambre...

Après ces menues installations, une seule envie s'est dégagée : Afric'Soir !!!!

Direction notre maquis fétiche, juste à sortie de l'IDS, ou nous avons retrouvé le chef, surpris de nous revoir après 5 mois... La Brakina et la Sobbebra ont coulé à flot ce soir là, avec au moins 1 litre par personne... Manquant d'entrainement, j'ai du faire confiance à Eric pour finir la fin de ma Sobbebra. Un bon vieux saucisson lyonnais l'accomagnais.

Des sentiments bizarres nous ont envahis cette soirée. Etrange sensation de revenir sur le lieu de notre action de cet été. Sans toute l'équipe. Mais rien n'a changé pendant ces 5 mois. Les burkinabés autour de l'IDS sont toujours aussi sympatiques, les burkinabés autour de l'aéroport toujours autant en quète d'un euro... Le toit du batiment A de l'IDS (ou on a séjourné 5 semaine cet été) est toujours aussi agréable. Sensations étranges ce soir là.

Le lendemain, après une agréable nuit sous la couette, un petite douche froide vient nous réveiller (ou elle vient à nous, je ne m'en souviens plus trop...). Pierre vient nous chercher pour aller à l'Université. On est accompagné également par les onduleurs qui ont fait souffrir notre dos, et le matériel que nous avons ramené.

La matinée est consacré à l'état des lieux, au planning de notre semaine et au sertissage de la salle libre service. 20 ordinateurs ont été installé en salle libre service, 10 dans la salle de l'IGEDD réservé au étudiants, 10 doivent être installé pour l'UFR-SEA, et le reste a quelques problèmes techniques qu'il nous faudra résoudre.

La première salle a été entièrement équipé en réseau ce matin, les élèves de l'IGEDD sont devenus experts en sertissage RJ45 ! Les serveurs ont été mis en place, les switchs aussi. Il reste à connecter cette salle au réseau de l'université.

Demain, journée shopping pour Eric et moi, d'abord au village artisanal puis chez Kano, il va y avoir une razzia dans ce magasin je crois....

A bientôt pour d'autre nouvelles fraîches !!!

Eric et Bob

Ouaga 2005 : Newsletter 11

Mais tout d'abord un bref rappel, sur notre projet:

Nous avons quitté le Burkina Faso, le 11 août, sans avoir pu installer notre parc informatique, du au retard dans le dédouanage du container (tranporteur malveillant, lenteurs...) Mais ce n'est pas pour cette raison, que nous avons chomé durant notre séjour: plus de 100 étudiants de l'I.G.E.D.D et de l'Université ont été formés par notre équipe. 5 formations leur étaient proposées : Montage /démontage d'un ordinateur ; Linux ; Open Office ; Internet et sécurité Informatique ; Initiation aux réseaux

Le container a finalement été dédouané fin septembre, après 5 mois passé à la douane. Le matériel a immédiatement été récupéré par le personnel de l'Université et entreposé à l'I.G.E.D.D. Grâce à nos formations, Pierre SAMON, technicien de l'IGEDD et Moussa SOUGOTI, professeur à l'IGEDD et représentant du DPNTIC (Département de la Promotion des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) ont pu faire l'inventaire du tout le matériel, le tester et l'installer dans les salles.

Cependant, dans le soucis de remplir totalement notre mission, nous avons décidé d'organiser un second séjour pour deux des membres d'Afric'Edu: Julien BRAS et Eric SCHNEIDER.

Cette mission s'est déroulée du vendredi 17 décembre au vendredi 23 décembre. Elle a eu pour but de finaliser l'installation du réseau et d'en assurer la pérennité.

Voici, un résumé de notre séjour au Burkina Faso:

Vendredi 16 décembre:

L'arrivée sur Ouaga était programmée pour 17h30, heure locale, mais une tempête de neige à New York retarde notre vol de deux bonnes heures. Finalement, nous retrouvons la voiture de Pierre vers 19h30 heure locale, et après un petit tour à la BCIAB pour tirer quelques francs CFA, nous nous retrouvons à l'IDS comme cet été...

Adama avait prévu le coup en installant des bouts de bois sur chacun de nos lits, afin de poser les moustiquaires.

Après ces menues installations, une seule envie s'est dégagée : Afric'Soir !!! Direction notre maquis fétiche, juste à sortie de l'IDS, ou nous avons retrouvé le chef, surpris de nous revoir après 5 mois d'absence... Pour fêter ça, nous avons dégusté les deux délicieuses bières burkinabées: la Brakina et la Sobbebra, accompagnées d'un bon saucisson lyonnais. Que du bonheur!!!

Des sentiments bizarres nous ont envahis ce soir là. Etrange sensation de revenir sur le lieu de notre action de cet été. Sans toute l'équipe. Mais rien n'a changé pendant ces 5 mois. Les burkinabés autour de l'IDS sont toujours aussi sympatiques, les burkinabés autour de l'aéroport toujours autant en quète d'un euro... Le toit du batiment A de l'IDS (ou on a séjourné 5 semaine cet été) est toujours aussi agréable. Sensations étranges ce soir là.

Samedi 17 décembre:

Après une agréable nuit sous la couette, un petite douche froide vient nous réveiller (ou elle vient à nous, on ne s'en souvient plus trop...). Pierre vient nous chercher pour aller à l'Université. On est accompagné également par les onduleurs, qui nous ont fait souffrir durant le voyage, et le matériel que nous avons ramené de France.

La matinée est consacrée à l'état des lieux, au planning de notre semaine et au sertissage de la salle libre service.

Bilan de l'état des lieux :

20 ordinateurs ont été installés dans cette salle, qui sera ouverte à tous les étudiants de l'I.G.E.D.D (license et master) et par la suite à d'autres étudiants de l'Université.

Un parc de 10 ordinateurs a été mis à disposition des étudiants thésards de l'IGEDD.

10 ordinateurs doivent être installés à l'UFR-SEA (Unité de Formation et de Recherche - Sciences Exactes et Appliquées). Ce département manque cruellement de matériel informatique; plus de 300 étudiants y travaillent actuellement et ils n'ont à peine 20 ordinateurs à leur disposition. Jean KOULIDIATTI, le directeur de l'I.G.E.D.D, nous a donc sollicité, afin de pouvoir aider ces étudiants, en leur fournissant plus de ressources.

Enfin le reste du matériel a quelques problèmes techniques dus au voyage, qu'il nous faudra résoudre.

Après ce bilan, nous nous sommes immédiatement attelés au travail. Grâce à l'aide d'étudiants de l'I.G.E.D.D, nous avons serti tous les cables réseaux de la salle libre-service. Le serveur et le switch ont ensuite été mis en place.

Il nous a resté à connecter cette salle au réseau de l'Université. Mais après une bonne journée de travail, nous avions envie de retrouver les bons lits de l'I.D.S.

Dimanche 18 décembre:

Journée de "repos" avant une grosse semaine de travail.

Nous en avons profité pour faire du shopping (afin de faire de magnifiques cadeaux de Noël). Nous avons retrouver bon nombre de lieux familiers comme les vitrines de Bronze, le village artisanal...

Nous avons aussi pu redécouvrir les «joies» de la négociation. Et grâce à quelques "tours", que nous avons réservés aux impitoyables marchands, nous avons réussi à faire de bonnes affaires.

En circulant en ville, nous avons aussi remarqué quelque chose d'étonnant. Nous étions jusque là habitués aux marchands de babioles, qui vous accostent en permanence. Mais à cette période de l'année, nous avons découvert les vendeurs de sapin de Noël et de décorations. Ce qui est surprenant, c'est qu'ils se balladent en ville, avec 3-4 sapins sous les bras et le corps chargé de décorations de Noël. C'est vraiment atypique, de voir ça en Afrique.

D'ailleurs le soir, lorsqu'ils allument leurs sapins et leurs guirlandes au bord de la route, cela créé une atmosphère irréaliste. La ville scintille sous ces lumières... Et on ne vous parle pas des chansons de Noël, qui passent entre deux «coupé-décalé» à la radio...

En fait nous avons l'impression d'être en plein mois de juillet alors que nous sommes qu'à quelques jours de Noël.

Lundi 19 décembre:

La mission aujourd'hui a été de connecter notre réseau à internet. En théorie, cette tache aurait du nous prendre très peu de temps mais c'est sans compter sur l'organisation africaine.

Pour celà, il a fallu relier notre serveur au switch qui se trouve dans un coffret d'une salle proche de la notre. Le problème, c'est que nous n'avions ni les clés de cette salle, ni les clés du coffret.

Nous avons donc joué, toute la matinée, au chat et à la souris afin de réunir la personne qui avait les clés des portes de la salle, ainsi que celle qui avait les clés du coffret.

Heureusement, vers midi, nous avons pu finalement avoir accès au coffret, installer notre switch et établir la connexion avec le serveur. Du coup, les ordinateurs ont pu être connectés à Internet. Mis à part 4 ordinateurs, le parc informatique, destiné à être en libre service, fonctionne bien.

Mardi 20 décembre:

Après avoir relié la salle au réseau de l'université, il a fallut faire quelques menues configurations sur chaque machine afin que le parc soit pleinement utilisé. Une gestion de profil a donc été mise en place afin de donner à chaque étudiant inscrit, un espace de stockage pour ses données.

Les quelques ordinateurs à problèmes ont également été remis à neuf. A la fin de la journée, on pouvait considerer que la salle libre service était entièrement opérationnelle.

Petite anecdote de la journée:

Depuis hier, les étudiants savent que les ordinateurs de notre salle sont connectés à Internet. Ce qui a suscité un certain engoument chez eux. Du coup, pas mal d'entre eux sont venus aujourd'hui "surfer" sur le Web.

Le problème, est que même au Burkina Faso, il y a des sites de rencontre, des tchatts et ne parlons pas de MSN... Du coup, pendant que nous étions en train de travailler, ils étaient entrain de tchatter sur Internet...

Heureusement, qu'il y aura un ingénieur système qui controlera l'utilisation de cette salle, lorsqu'elle sera en libre service...

Mercredi 21 décembre:

Nous nous sommes aujourd'hui attaqués aux ordinateurs, qui ont des problèmes techniques (environ 8). Ces problèmes sont dus vraisemblablement au transport et à la longue attente du container à la douane cet été. Ce sont les ordinateurs qui ont été mis de côté par Pierre et Moussa, lors de l'installation.

Nous nous sommes aussi occupés de la réinstallation des 10 ordinateurs, qui vont être installés dans l'UFR-SEA (Unité de Formation et de Recherche - Sciences Exactes et Appliquées).

Etant donné qu'une seule réinstallation nous demande pas mal de temps (et que souvent les ordinateurs ont des problèmes), nous avons passé une bonne journée de travail à l'Université. En fait, depuis deux jours, nous avons passé plus de 11h par jour à l'installation du matériel.

Du coup, en quittant l'Université ce soir là, nous n'avons vraiment pas la «patate».

Nous nous retrouvons donc au 5/5 pour diner. Et à notre grande surprise, lorsque le chef nous apporte notre commande, il vient avec 3 énormes plats, remplis de pates, de frites, de pommes sautées, et de viande. Nous n'en croyons pas nos yeux... Peut être que le chef a deviné que nous étions pas dans notre plus grande forme. En tout cas, le repas fut un réel régal...

Et pour finir la soirée en beauté, nous sommes allés une dernière fois à Afric'Soir notre maquis préféré, pour boire une Brakina.

Jeudi 22 décembre:

Aujourd'hui les étudiants de l'I.G.E.D.D nous ont invité à la remise des diplomes de la 1ère promotion des étudiants en Licence Professionnelle en Génie de l'Environnement. Les étudiants que nous avons cotoyés: Adama, Habib, Alain, Fernand... ont donc fini leur licence.

Malheureusement, comme la cérémonie a eu lieu dans la matinée, nous n'avons pas pu y assister, étant donné la quantité de travail qu'il nous reste à effectuer jusqu'à demain soir.

Nous en avons profité pour initier Moussa à la gestion des profils grâce au serveur et finir l'installation des Pcs, destinés à l'UFR.

Par contre, nous n'avons pas refuser l'invitation au coktail des étudiants et fêter avec eux la fin de leur formation.

Cette soirée était parrainée par la marraine de la promotion. Beaucoup d'officiels y étaient donc invités.

Celà nous a rappelé un certain 14 juillet à la maison de l'ambassadeur cet été. Nous avons pu redécouvrir l'empressement africain devant un buffet. En effet, lorsque les gens ont été invités à se servir, ils se sont tous précipités sur le buffet.

Tout le monde se bousculait pour avoir une brochette et une simple boulette de viande. En 2-3 minutes (montre en main), les plats étaient expédiés.

Pour finir la soirée, nous sommes allés redécouvir le plaisir du «coupé-décalé», en allant dans un maquis, danser avec les étudiants de l'I.G.E.D.D. Ce faut une soirée formidable...

Vendredi 23 décembre:

Dernier jour en Afrique... et oui, ça passe vite, surtout quand les journées sont aussi chargées!

Nous finalisons le parc et donnons les derniers conseils à Moussa et Pierre, afin qu'ils gèrent au mieux le parc.

Jean KOULIDIATI (directeur l'I.G.E.D.D et vice-président de l'Université) nous invitent dans la soirée, à fêter l'accomplissement de notre projet.

Et notre départ est prévu à 21h à l'aéroport de Ouagadougou.

Conclusion:

Voilà, cette dernière newsletter met fin à l'installation de notre parc informatique à l'Université de Ouagadougou. Dès janvier 2006, les étudiants pourront accéder à la salle libre-service. Les thésards ont déjà une dizaine d'ordinateurs à leur disposition et les étudiants de l'UFR-SEA verront bientôt arriver du matériel informatique. Bien entendu, nous allons rester en contact avec Pierre et Moussa, afin de les aider dans la maintenance du parc.

Pour nous, cette expérience fut formidable. Elle nous a permis de nous investir dans une mission humanitaire et nous rendre utile dans un tel projet. Nous avons beaucoup reçu da la part des Burkinabés et ce projet fut aussi une bonne leçon de vie.

Nous espérons donc vous avoir fait partager une partie de notre séjour. A travers ces newsletters, nous avons souhaité vous donner envie de venir en Afrique, découvrir sa population chaleureuse et sa culture.

Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes à toutes et à tous ; et avec un peu d'avance, tous nos meilleurs voeux pour la Nouvelle Année.

Afric'Edu Team,

de Ouaga : Eric (Communicateur) et Julien (Bob)

Lomé 2006 : Newsletters

Bonjour à tous et bienvenue à la newsletter Afric'Edu n°1!!

Comme vous le savez sûrement, toute l'équipe moins Amandine, qui nous rejoindra plus tard, part demain direction Lomé, capitale du Togo. Notre vol est prévu au départ d'Orly à midi. Nous ferons une courte (mais chère : visas obligatoire = 30€.... dur dur quand on a pas de sous!!) au Burkina Faso avant de reprendre un avion pour le Togo. Arrivée prévue 18h20 (heure locale), c'est à dire 20h20 à Paris....

Malgré tout, deux membres de l'équipe, Ségo et Bruno, ont failli ne pas partir car leurs passeports avaient mystérieusement disparus. Heureusement pour nous, tout est rentré dans l'ordre en début de semaine.

Benoît Aubin, promo 2007, sera aussi avec nous lors de notre voyage. En effet, il part avec sa soeur au Togo pour une mission à but humanitaire. Il a chargé Steve de trouver un poste de télévision pour regarder France-Portugal !

Didier, quant à lui, se replonge dans ses bouquins sur Linux. Olivia, notre trésorière en chef, emporte précieusement quelques liasses de billets (en euros, puisqu'il n'est plus possible de faire un échange euros->francs CFA dans les banques françaises) pour les frais sur place sous les yeux de JS, converti en garde du corps. Mathilde rajoute les derniers retardaires à la newsletter.

Nous vous disons donc à très bientôt pour le véritable début de nos aventures !

Lomé 2006 : Newsletter 2

Bonjour à tous !

Voici la première vraie Newsletter, en direct d'Afrique. Ici présentes, les premières nouvelles de nos aventures à Lomé :

Mercredi 5/07 : Lomé, nous voilà !

Le grand départ :
Après une arrivée au compte-gouttes et espacée dans le temps à l'aéroport, nous sommes fin prêt à découvrir l'Afrique. Première surprise, à l 'aéroport, une personne accompagnée d'une dame âgée donne à Js, Bruno et Didier des sacs car ils ne peuvent pas les porter. Parmi ceux-ci, deux ordinateurs portables. Serait-ce un don ? :-) Ayant peur qu'il s'agisse d'une source de problème, ces 3 zigotos ont suivis de près la personne et ont bien spécifiés au douanier que ce n'était pas leurs bagages à main ! Au final, aucun problème ne s'est posé.

Bref aperçu du Burkina :
Arrivé à Ouaga (après 5h30 de vols ainsi que 30 minutes de retard), nous descendons pour l'escale. L'aéroport semble très pauvre (tout comme cette capitale que nous avons pu admirer du haut de notre avion). Nous allons dans le bus pour rejoindre l'aéroport. Temps de la navette bus-aéroport : 7 secondes (homologué par notre arbitre national) et une dizaine de mètres. L'aller fut plus long (au moins le double de temps) car il fallait faire demi-tour !!! C'est ici que les premières frustrations apparaissent : l'ambassade du Burkina, siégeant à Lyon, nous avait affirmé que nous devions avoir un visa, même en étant en transit, à 2 entrées, soit l'équivalent de 30 € par tête... Nous avions longuement insisté sur le fait que s'était scandaleux et tout fait pour ne pas les payer. Arrivé là-bas, on nous informe qu'il n'y a pas besoin de Visa. D'ailleurs, faire sonner leur portique ne les dérange pas non plus (il faut apparemment enlever les chaussures pour ne pas le faire sonner mais ce n'est pas demandé pour ceux en transit ... ) Après nos 7 secondes de bus, nous revoilà dans le même avion. Nous sommes arrivés avec une petite demi-heure de retard, soit 19h00 heure locale (21h en France). Il faisait d'ailleurs nuit (le soleil est présent de 6h00 à 18h00)...

wiezon Bienvenue au Togo « Af'icadu » :
Accueillis par le directeur du lycée, un parent d'élève, ainsi qu'un ami d'Hélène Olivia, du nom de Serge, nous allons chez ce dernier pour y établir notre quartier général. Nous avons d'ailleurs pu nous faire une première idée de la conduite togolaise, que nous détaillerons plus dans la journée de demain. Petite réunion solennelle dans le salon richement décoré de notre hôte. Il s'agit de la maison au Togo de l'ancien ambassadeur du Togo au Cameroun. Les présentations ont vite été écourtées par l'impatience grandissante de voir l'équipe de France jouer sa deuxième mi-temps. Nous soulignerons d'ailleurs la traîtrise d'Olivia et de Steve supportant le Portugal (ils ont même cru à un moment que le Portugal avait marqué un but : grand silence dans la salle à part le cri de joie de ces 2 énergumènes ...). Nous prîmes congés assez tard le ventre bien plein (2 repas dans l'avion + un chez notre hôte le soir !)

L'anecdote du jour : la banane togolaise (banane plantain) selon Bruno : celle-ci se met dans les pâtes, cependant, dommage pour lui, ce n'était pas de la bananes mais des saucisses !

Jeudi 6/07 : « On verra demain ... »

Réveil tardif : Première journée et première surprise pour Didier. Premier levé, il se destine tranquillement à l'une des salles de bain pour prendre sa douche. Ouvrant le robinet, il s'aperçoit que l'eau n'est pas de la partie. Nous avons eu l'explication assez rapidement : le château d'eau de Lomé a été construit il y a quelques années, quand la population n'était pas aussi importante. Résultat, aujourd'hui, si trop de personnes tirent de l'eau simultanément, d'autres en sont privées. Ces coupures ne durent pas longtemps, mais la pression globale est très faible.

Doucement le matin, pas trop vite le soir :
Cette première journée a été, sous « l'impulsion de Serge » placée sous le signe du repos. Repos d'ailleurs forcé pour Benoît et sa soeur, Perrine (confère première newsletter) devant, je le rappelle, effectuer une mission humanitaire dans un petit village plus au nord. En effet, la personne devant les y emmener ne semble pas très motivée. Après pourtant maintes assistances, rien à y faire: la personne leur promet de les rappeler plus tard, ce qu'elle ne fera pas. Notre petite troupe part donc sur la plage de Lomé. Le temps est plutôt respirable (nous sommes, d'après le guide du Routard, dans une saison intermédiaire entre la saison sèche et la saison des pluies), même si l'humidité est assez importante.

Roule, Lomé :
En marchant un peu, nous constatons que les feux rouges sont optionnels pour ceux qui tournent à droite « ils ont oublié de mettre la flèche clignotante ». D'autres sont également optionnels tout court. Enfin, doubler par la droite semble même obligatoire et nous évitons de mettre les ceintures de sécurité car celles-ci, pleines de poussière, salissent plus les tee-shirts qu'elles ne protègent. Cependant, l'état des routes (quand route, il y a !) invite les usagers à ne pas rouler trop vite. Le klaxon est omni-présent (environ un coup toutes les secondes). Ceux-ci viennent soit des voitures-taxis très nombreuses, ou encore des motos-taxis voulant alpaguer un client potentiel (et comme tout le monde semblent être des clients potentiels ...). Nous croisons également une voiture militaire, avec un mitrailleur perché sur le toit (SIGH !) et un grand nombre de camions en surcharge (prenez un camion d'une taille normale et rajoutez-y un autre camion dessus). Les rues sont assez sales (les poubelles sont trouées, donc inutilisés et des décharges locales jonchent le sol tous les 100 mètres) et la pauvreté est bien visible.

Ponton Allemand VS ponton Français :
Tout en marchant le long de la plage, nous apercevons un ponton. Les poutres ne semblent guères accueillantes et peu nombreuses mais Bruno, Ségo, JS, Benoît, sa soeur et enfin Didier (pas en totalité pour tous !) ont effectué quelques mètres sur ce parcours ressemblant à une épreuve d'une émission de télé-réalité. Mathilde est restée, très raisonnablement d'ailleurs, sur la plage. Pourtant, des pêcheurs y habitent à l'extrémité dans des petites cabanes de fortune. Entre ces poutres, nous avons de gros amas de ferrailles dont l'état de corrosion ferait plus que procurer du plaisir à certains profs de notre connaissance. Des photos seront d'ailleurs disponibles dans les prochains jours. Du travail de sagouin des Allemands pensez-vous ? Il ne reste quasiment rien du ponton voisin (50 mètres les séparent) construit par les Français !

Perdue de recherche :
Nous apprenons qu'une jeune française de 18 ans débarque à Lomé le soir même et personne n'est là pour l'accueillir. Serge décide d'aller la chercher en compagnie de Perrine, Benoît et JS. Première découverte avec les bars locaux en attendant l'avion... finalement on ne connaîtra jamais cette fille ... (retard indéterminé de l'avion).

L'anecdote du jour : Fin hilarante avec le jeu très intellectuel de Ségo : « Bonjour Madame, bonjour Monsieur ». Avis aux amateurs ...

Vendredi 7/07 : Au travail, mais c'est l'Af'ique ici

Comment trouver le lycée ?
Première journée de travail et réveil tôt : 6h30 (trop tôt selon certains). Après qu'Olivia se soit fait de nouveaux amis cafards dans la deuxième salle de bain, nous sommes fin prêts pour aller à l'école, mais pas avant de s'être fait recenser au consulat de France (nous avons réussi à vaincre la mentalité africaine visant à tout remettre au lendemain). Serge suivait le taxi affirmant connaître la destination. Cependant, après 35 minutes de route, arrivé dans un village où la route n'est plus que de la terre, ce dernier avoue ne pas connaître l'endroit. Serge arrive à arrêter un taxi-moto qui nous guidera finalement jusqu'à l'école.

Découverte du lycée :
Le directeur nous fait une visite guidée de l'établissement. Après quelques discussions, concernant surtout le prix du dédouanement exorbitant (près de 1 000 € pour du matériel déclaré à 1200 € à la douane), nous arrivons à un accord avec le directeur où nous donnerons ce que l'on avait prévu à la base (soit 30% de la valeur déclarée), bien que nous sommes théoriquement exempts de taxe. Les salles sont spacieuses et belles, mais il manque des tables et la climatisation est absente « mais c'est p'évu, c'est p'évu! ». Un bon point pourtant : Internet est bien installé (même si la vitesse de connexion ferait mourir de rire le grand chef du pôle informatique de l'ECAM). Nous commençons l'installation des salles en déballant avec plaisir nos cartons qui nous ont tant fait souffrir ! Le rythme de travail est donné : lundi au vendredi, 9h00-16h00, la journée continue ! Pour l'instant, pas de malade n'est à déplorer, patience ... :-)

Petite collation, très appréciée :
Après le dur travail effectué ;-) nous rencontrons quelques professeurs autour d'un apéro bien mérité (???). Nous recrutons, à cette occasion, notre futur prof de djembé, nos futurs successeurs pour la gestion/maintenance du réseau. Notre retour au QG, est marqué par la douloureuse séparation de Benoît et Perrine qui vont (enfin ? ) rejoindre leur projet initial. Sont-ils arrivés à bon port ? Dieu seul le sait.

L'anecdote du jour : deux tables pour 20 ordinateurs selon nos amis Togolais ! Au final, il en faudra le double en les serrant au maximum ... On en aura sûrement d'autres : « c'est p'évu !».

Lomé 2006 : Newsletter 3

Et c'est reparti pour la suite des aventu' togolaises!!

Désolé pour le retard, mais les problèmes de connexion internet sont fréquents au Togo. Rendez-vous demain soir pour 3 nouvelles journées de folies !

Nous vous avons quitté avant la soirée de vendredi. Vous auriez dû venir, c'était très sympa. Nous avons été au 54, petit bar bien agréable en plein air où Jah Fol nous fait un petit concert de chansons de Bob et des chansons françaises version reggae « qu'est ce qui pou''ait sauver l'amou' ».

Samedi 8/07 : « Je sais pas mais ça doit êt'e ça »

Levés tôt, nous avons rendez-vous à 9h pétantes pour partir en excursion. Nous découvrons avec stupeur le bus qui doit nous emmener à Porto Seguro, comptoir d'embarquement des esclaves durant le commerce triangulaire. Celui-ci a du être repêché dans le port pour l'occasion, à moins qu'il ne date de l'époque des esclaves ??? Bref, une épave dans laquelle on s'entasse à 60 pour une capacité de 40 places. Nous emportons bien évidemment un peu de musique (2 enceintes d'un mètre de haut, un ordinateur, une chaîne-hifi, 2 micros, 4 rappeurs,...) Le voyage se passe bien malgré tout, nous en profitons pour faire connaissance avec les jeunes Togolais(es) présent(e)s.

« Yohvo : esclaves !! »
Arrivés entiers, notre G.O. (Gentil Organisateur), prénommé Patrick, nous invite à visiter la maison du roi. Finalement celui-ci ne nous reçoit pas, donc direction la maison de mister Wood. Là-bas nous avons le privilège de visiter la pièce où étaient entassés les esclaves. Il s'agit en fait d'un sous -sol de 80 cm de haut, où règnent des odeurs de putréfaction. C'est douloureux d'imaginer que des centaines d'hommes ont ainsi été « stockés » comme de la marchandise. Sortie de là, la réaction de certains Togolais nous met dans l'embarras, ils scandent (en rigolant) « Yohvo : esclaves !! » (yohvo = blanc en éwé).

Mystic Lake
Après tant d'émotion, nous nous dirigeons au bo'd du Mystic Lake où la musique nous attend. Patrick nous propose de nous asseoir sous les manguiers en attendant de nous faire servir l'apéro et le repas. Après un repas fort épicé pour nos délicates papilles de yohvo, nous digérons en écoutant les rappeurs locaux. Emportés par l 'élan, nous nous retrouvons tous sur la piste de danse pour des danses effrénées. La chaleur nous ayant rattrapée, nous nous rafraîchissons en effectuant un tour de pédalo. Après avoir dérivé à cause du courant, nous réalisons que celui-ci pédale dans le vide. C'est alors que ..... Didier est arrivé-é-é. N'écoutant que son courage notre héros enlève son pantalon. Il se jette à l'eau sous les yeux admiratifs des demoiselles en détresse. Après avoir bravé la vase, le courant, les piranhas, les crocodiles, les zippopotames, les orangs-outans et les gorilles (euh....on s'emballe un peu là) notre informaticien préféré nous ramène à bon port!

Retour à la capitale.
Nous retrouvons ensuite notre cher vieux car pour un retour agrémenté des rires et chants des Togolais.

Zoukez mwé...
Pour bien finir la journée nous retrouvons nos amis togolais ... et camerounais dans une boîte de nuit. Stéphane, un togolais que nous avons rencontré, invite Ségo à danser le zouk. « Vous pariez qu'elle revient dans combien de danses ». Record battu : 6 dont 4 avec le même!! JS a également été entraîné malgré lui, dans une série de zouks. Il s'en est d'ailleurs très très bien sorti. JS est un Dieu du zouk et de la danse africaine ;-) ! Toutes les filles ont d'ailleurs pu le remarquer. Nous avons pu bénéficier des conseils avisés des blacks : on a coupé décalé jusqu'à fatigué !

Anecdote du jour :
Notre guide ne connaissait malheureusement qu'une seule réponse type à nos questions concernant l'île des esclaves « Je ne sais pas trop... mais ça doit êt'e ça » , preuve de sa grande connaissance des lieux !

Dimanche 08/07 : I like your sister ! I want to marry her.

Début ou plutôt fin de soirée ...
Après une nuit très mouvementée dans une boite de nuit de Lomé, nous nous sommes levés assez tard, disons même très tard. Petit déjeuner à midi, encore un petit somme pour certains, ballade sur la plage pour d'autres, Mathilde y a d'ailleurs trouvé un futur mari, qui baragouinait dans un anglais approximatif (« i want to marry her, i like her blue eyes, i like the color of her white skin, etc... »). Nous nous sommes ensuite tous retrouvés à notre QG. Seuls deux fervents serviteurs du Seigneur (Ségo et JS) ont eu le courage d'aller à la messe. Les autres ont préféré regarder le match. Ils auraient dû aller à la messe, vu la défaite de la France. Nous pensons que c'est parce que Steve a supporté la France qu'elle s'est fait battre. En tout cas, la victoire de l'Italie n'a fait qu'un (e) heureux(se): Olivia!

Le Foufou
Ensuite, vient l'heure du repas. Nous avons été agrémenté d'un repas au foufou. Essayons de vous l'expliquer (avertissement : certaines phrases pourraient choquer notre jeune public) le plus fidèlement possible. Imaginez ... un plat d'une pâte coupée en gros tas blancs : le manioc. Ajoutez-y une sauce orange (avec du poisson) fortement épicée (ça encore, nous avons l'habitude depuis notre arrivée), mais le petit plus qui fait tout : le gluant ! Vous voyez des viscères de poisson ? Et bien, pareil! Jamais un repas n'a été aussi silencieux... En un mot, nous ne sommes pas fans.

L'anecdote du jour : la plage semble paradisiaque, mais il faut garder une certaine distance pour persister à le croire (vive les méduses, cadavres de brebis et les nombreux détritus) ...

Lundi : Constation

Retour au boulot
Une dure journée de travail s'annonce. Nous nous rendons tous au collège protestant où une longue journée de travail nous attend. Nous avons fini de déballer les ordis de la deuxième salle. Le câblage électrique est terminé, il nous reste à faire le câblage réseau. Nous avons décidé avec la direction du lycée (et vu le très faible débit) de ne pas brancher la 2eme salle au Net. En fait, nous allons la relier quand même via un long câble enterré juste pour permettre les mises à jour automatiques. Le travail avance bien en apparence mais Didier reste pessimiste: Elisé et Delphine, les deux futurs « maintenanciers » du réseau ne connaissent vraiment rien à l'informatique (ils ne savent à quoi sert un disque dur)! Du coup, Didier est obligé de mettre un serveur plus puissant et s'installer une interface graphique... ce n'était pas prévu. Peut être qu'on trouvera une autre solution demain...

Bruno et son temps libre
En se baladant dans le lycée, Bruno découvre une salle de cours immense: 200 places au bas mot!! Elle est tout en longueur, comme un long couloir... genre carrément impossible pour ceux du fond de lire le tableau!

Anecdote du jour : Lorsque Serge conduit, il aime bien que ce soit Ségolène qui soit assise derrière au milieu, comme ça il peut la regarder à loisir en faisant des marche-arrière.

Lomé 2006 : Newsletter 4

Mardi : Au bou'ot, à nouveau

Fin des déballages des cartons
Tous les cartons ont été déballés. Il n'y a pas trop de casse en apparence, mais certains ordinateurs sont morts, alors que certains écrans, fendus sur le dessus en 2, continus de fonctionner ! Didier se prend la tête avec le proxy et un modem d'une marque ésotérique trouvé au lycée (pas de driver sous linux ... ni sur Windows d'ailleurs).
Nous attendons toujours les menuisiers pour qu'ils apportent les tables manquantes.

Travail et prise de tête
Après une victoire à l'arrachée, le serveur-proxy-dhcp-dns-passerelle-firewall fonctionne enfin ! (cela rappellera aux étudiants de 2ème année de bons souvenirs...). Pour plus de détails, qui, j'en suis sûr, vous intéresseront, n'hésitez pas à nous les demander, et également, à lire (enfin) le poly de cours réseau!

Episode marché:
Nous avons fait un tour au marché. Ce tour était supposé être grand, mais vu la vitesse à laquelle on avançait, il a été très court, mais on a mis beaucoup de temps. Merci à JS, Bruno et Ségo qui s'arrêtaient toutes les 5 secondes dès que des commerçants les accostaient pour leur vendre des produits utiles mais surtout futiles. Pauvre JS, il devrait se faire faire des chaussures sur mesure. Il s'est arrêté chez tous les commerçants de chaussures, et aucune paire ne lui allait. Il faisait aussi une bonne proie pour les marchands ambulants qui voulaient tout lui vendre. Mathilde, Didier et Olivia en avaient marre et avaient hâte d'avancer.

Anecdote du jour : Bonus spécial : Un écriteau sur lequel était écrit « à droite, sortie de la morgue »... mais à droite, se trouve l'église « La résurrection » !!!

Mercredi : Le boulot c'est rigolo

Des disparités de répartition
Beaucoup de boulot pour certains et beaucoup de sommeil pour d'autres devant les PC. Les choses ont l'air de bien avancer, on a commencé à faire les mises à jour.

Enfin au complet !
Amandine est arrivée ce soir, avec une demi-heure de retard. Apparemment elle produit des ondes négatives, puisqu'à Ouagadougou elle était la seule à ne pas avoir sa carte d'embarquement. A 10 mètres de l'aéroport, Serge fait le coup de la panne à Amandine. Heureusement qu'il y avait Ségolène et Amandine qui poussaient la voiture, aidés de deux autochtones pendant qu'Olivia était confortablement installée sur la banquette arrière et que Bruno, après avoir fait pipi au bord de la route, filmait les deux demoiselles, mort de rire .

Anecdote du jour : nous avons appris que la formation que nous prodiguions gratuitement était facturée par l'école 1000 FCA (soit environ 2.5 €)! De plus, celle-ci est rendue obligatoire pour les profs. Nous espérons juste que les fonds serviront pour les salles.

Le jeudi, tout est permis (même pour le réseau...)

Didier et le Cyber-Café
Nous avions besoin d'un fichier se trouvant sur Internet. Didier se lève tôt (7h). Il van dans notre cyber préféré, pleins d'entrain et d'espoir. Malheureusement, bien que ouvert, la personne présente lui dit de repasser dans 15 minutes « le temps d'allumer les PCs » ... Après avoir effectué un petit tour dans les environs, celui-ci s'y présente et télécharge le fichier. Voulant le récupérer sur une clef usb (et seul le serveur étant équipé d'une telle sortie, les ordinateurs les plus récents du cyber étant des PII antédiluviens), il présente, comme souvent, la clef au propriétaire pour récupérer les fichiers téléchargés. Celui-ci dit que la personne « savant faire » passera vers 8h00-8h15. Didier ne perd pas courage, et se dit qu'il ira donc au cyber (pour la 3ème fois de la matinée, si vous suivez bien) juste avant que l'on parte à l'école. Il met à exécution ses pensées ... et là, c'est le drame. Panne de courant généralisée ! Résumons : 3 aller-retour au cyber pour ... rien !

Un réseau, ça tombe en panne :
Après un certain nombre de redémarrages du serveur, ce dernier s'est lassé de ses caprices à la grande joie de notre informaticien maison. Les mises à jour vers une nouvelle version s'est plutôt bien déroulée, même si celle-ci est longue à mettre en oeuvre. Une salle sur deux est quasiment complètement opérationnelle. Linux et sa mise à jour n'a plus aucun secret pour Mathilde, JS et Steve! Malheureusement le modem qu'Amandine (la sauveuse) a ramené est quelque peu récalcitrant. Il a sûrement du mal à se faire à sa nouvelle vie en Afrique.

Anecdote du jour : Mathilde et Ségolène voulaient absolument jeter des ordures dans les poubelles mais n'en trouvant pas, se font arracher leur butin par des marchands qui les ont tout naturellement jetés par terre (en les engueulant de ne pas l'avoir fait plus tôt).

Vendredi : fête nationale à l'internationale

Formation des élèves bien dissipés
Nous avions prévus de couper les cours en 6 sessions de 14 personnes, avec 2 sessions (puisque deux salles) se déroulant simultanément. Ce premier jour de formation débutait théoriquement à 8h00 et était réservé exclusivement aux profs. Malheureusement, seuls quelques profs étaient présents (et même pas à l'heure !). 4 élèves ont été formé dans la seconde salle, aux vus du manque de participants (cela nous rappelle une certaine école dont nous tairons le nom par souci de confidentialité ...). De plus, le cours a finalement commencé à 8h50 et certains professeurs sont arrivés à 10h00. Prochain objectif: faire comprendre à l'école de faire passer un mot d'ordre d'arriver à l'heure.

Certains travaillent le 14 juillet !
Ces formations, animés dans chaque salle par l'un d'entre nous, est relayés par les 3 autres membres circulants dans la salle pour aider les personnes en difficulté. Celle-ci concernant en ce jour à la description des composants de l'ordinateur, suivis de la base dans l'utilisation d'un PC. La formation s'est bien déroulée, malgré les égarements des professeurs dans les bavardages. De plus, le niveau est beaucoup faible que prévu, la plupart n'ayant jamais touché un ordinateur. (on pensait qu'au moins quelques-uns d'entre eux était allé au cyber café). Certaines questions posés étaient inattendues comme « euh ... vous avez parlé de PC, c'est quoi? », d'autres montraient que les « élèves-profs » suivaient. Cependant, nous allons alors simplifier au maximum la prochaine formation (OpenOffice) pour se concentrer sur la base-base-base (et rappeler notamment la différence entre fichier et dossier ...). Une formation plus complète sera proposé, à un groupe plus avancé, s'il est assez important.

Direction, la France de l'étranger
Nous terminons nos formations un peu avant midi pour rejoindre la réception à l'ambassade. Ségo part avec un sac à dos vide en espérant faire profiter des restes de nourriture à Olivia et Serge, n'étant pas Français et ne pouvant donc pas rentré. Cependant, les gardes de sécurité lui ont demandé ce qu'il y avait dans son sac, et sa réponse fût d'une logique implacable : « POUR MON PASSEPORT ». Ce dernier a été mis sur la banc de touche derrière la haie. Conclusion: un sac à dos vide est aussi dangereux qu'un sac à dos plein ! Ceci étant fait, nous arrivons dans la jardin luxueusement aménagé pour l'occasion (sauf la piscine qui n'était pas construite que pour l'occasion !). Etaient présentes, de hautes personnalités de la vie togolaise (ambassadeurs, représentants des associations humanitaires, officiers de l'armée française ...). Nous avons discuté avec de nombreuses personnes comme son excellence, Mr l'Ambassadeur (et sa femme !), le responsable de la coopération culturelle française. Afric'Edu se fait des relations. En gros, nous dirons que notre tenue n'était pas en harmonie avec celles des autres ! Mais bon, cela ne nous a pas coupé l'appétit.

L'ambassadeur sait recevoir (même sans FERRERO ROCHER) Merci à vous, chers contribuables, pour cette foison de fromages importés des meilleurs régions de France, ce jambon cru d'Italie, ces pâtisseries si fines, ce champagne pétillant, ces liqueurs diverses et variées si savoureuses. Bien évidemment, n'oublions pas la pression à volonté goutté par Mathilde et apprécié par Didier. Bref, le bar ECAM n'est pas si loin (la bonne bouffe en plus !) Moral de l'histoire : fêter tous les 14 juillet à l'étranger !

Anecdote du jour : Apparemment le Ricard n'est pas connu dans ce pays: il est servi pur ! De plus, la poubelle est, comme toujours au Togo, le sol.

Lomé 2006 : Newsletter 5

Samedi: West African Show!

Le matin, on retourne au Lycée pour avancer les mises à jours de la 2nd salle. Le soir : un gros programme était prévu : pièce de théâtre, concert et boîte !

La pièce de théâtre se déroule au CCF (Centre Culturel Français), 3 acteurs africains de nationalités différentes : une pièce sympa qui dénonce la violence, le terrorisme, la haine... assez violente sur la fin... Nous nous rendons ensuite au magnifique Palais des Congrès (également Assemblée Nationale) de Lomé pour un concert immense : 4 maîtres incontestés du coupé-décalé (DJ Zidane, Petit Miguelito,...) vont mettre une ambiance de folie ! La salle est très impressionnante : immense et pleine à craquer ! Plus de 4000 personnes sont présentes, sur les sièges, dans les allées, devant les issues de secours... Il y avait environ 10 blancs dans la salle dont 6 d'AE ! Jyes et Bruno ont dû lutter toute la soirée contre les pics-pockets qui n'ont pas arrêté de leur caresser les fesses à la recherche de la poche arrière...

Il ne s'agit pas d'un concert comme nous l'entendons chez nous. Ici, la fête est régulièrement coupée par des pubs qui sont diffusées sur un écran ! Il n'y a pas d'orchestre : les artistes se succèdent et chantent en play back ! (et ils ne s'en cachent pas !!)

Fait marquant : Sheyi Adébayor, le célèbre footballeur Togolais qui joue à Arsenal était présent avec quelques uns de ses potes. Il a été invité à monter sur scène pour esquisser quelques pas de danse et... distribuer des billets! Et oui, c'est à priori un genre de tradition ici ! Il a mis ses 2 sacoches en bandoulière d'où il sortait quelques liasses de billets qu'il distribuait gracieusement dans la foule...! Après cela, les plus motivés d'entre nous ont terminé cette folle soirée en boite... bondée elle aussi ! Il y faisait tellement chaud que des gouttes de condensation perlaient sur le plafond et tombaient sur les danseurs...! Pour ces cas extrêmes, une véritable hélice d'avion placée sur un coté de la piste fait office de ventilateur géant.

Dimanche: playa avec DJ Zidane !!

Levés un peu tard, quelques balades agrémenterons l'après midi. Sauf pour Jyes et Bruno qui iront à la plage avec Patrick et Manou, deux de nos hôtes. Aprèm très sympathique, à déguster des papayes assis sur les transats ! Le courant était fort mais ils ont appris le body-surf à Patrick et Manou. Surprise de l'aprèm : DJ Zidane, une des icônes incontournable du coupé décalé (que l'on avait vu la veille en concert) était lui aussi à la plage. Ils ont accepté de poser avec lui pour quelques photos.... quelle classe ! Olivia, une de ses fans était dégouttée en voyant les photos !!

Lundi : inauguration des salles

En grandes pompes, nous avons participé à l'inauguration des salles. Nous avons d'abord été invités à une messe officielle en l'honneur de ces nouvelles salles. Étaient présents les grands dirigeants de l'église Evangélique Presbytérienne du Togo dont certains venaient d'autres villes Togolaises, un représentant du ministère de l'éducation nationale ; certains élèves et leurs parents, les professeurs. La radio et la télévision togolaise (TVT) étaient là aussi. A la fin du culte, nous avons eu droit aux discours de chacune des personnalités présentes. Bruno aussi a dû faire un discours + interview au nom d'AE ; il a brisé une illusion jusqu'alors bien présente dans l'esprit de nos hôtes ; ces yovos là n'ont pas de sous ! Ils ont pas mal galéré en fait pour venir jusqu'ici. On a été largement remercié de notre action très « gracieuse »... Mais notre « sac'ifice n'au'a pas été vain ». S'en est suivi une visite des salles puis un pot.... tout le monde était ravi. Le soir, nous avons été invités par l'Eglise en petit comité au Foyer des Marins, espace sympathique où nous avons dîné et bien rigolé !

Mardi : départ pour Kpalimé.

Après s'être débattus à la banque pour l'arnaque dont on a été victime (décidément !), nous avons réussi à régler le problème (un petit problème de 400 000 FCFA !! Olivia avait retiré 600 euros dans un distributeur : celui ci a bien débité le compte, sorti le ticket mais n'a pas donné les sous !!! La grosse blague !) et nous voilà partis dans un mini bus de 14 places avec un chauffeur, tout ceci prêté par l'église.

Kpalimé, une petite bourgade à 2h de taxi brousse au nord de Lomé. On y va via une route goudronnée qui, surprise ! est en bon état. Nous passons un péage à la sortie de la ville. Plusieurs barrages de la douane jalonnent le parcours mais sans jamais nous inquiéter. Nous montons directement à Adeta, le tout petit village juste au dessus de Kpalimé, où sont Benoît Aubin et sa soeur Perrine. Nous les trouvons en pleine forme et visitons un peu leur lieu de vie. Avec leur groupe de yovo (8 en tout) ils organisent du soutien scolaire et des jeux avec les 70 enfants du village. Nous les embarquons pour aller nous baigner dans une cascade que nous atteindrons après une heure de marche dans la jungle. Magnifique balade, la cascade est très jolie et l'eau n'est pas froide. La vue est superbe. Avant de reprendre le mini bus, nous donnons quelques bonbons aux enfants du village qui nous regardent avec de grands yeux curieux... nous avons été littéralement assaillis par toutes ces mains tendues vers le paquet: c'était impressionnant ! Ils rigolaient... je crois que nous avons été l'attraction de la journée ! Le soir, retour à Kpalimé où nous dormirons dans une auberge très agréable et pas chère. Nous avons goûté notre premier vrai foufou (en fait, la dernière fois, ce n’était pas du « vrai »,mais de la pâte) : cette pâte d'igname pilé que l'on mange avec de la viande et sa sauce... avec les doigts ! C'est chaud et un peu épicé mais l'expérience est rigolote !

Kpalimé : marché, papillons et village artisanal

Le lendemain, petit dèj à Kpalimé, visite rapide de la ville, son marché et son village artisanal puis départ pour la forêt aux papillons, à 15 min de là. La pluie fine et le brouillard qui nous entourent rafraîchissent l'atmosphère et forcent les papillons à se cacher. Nous avons néanmoins passé un bon moment à jouer du djembé et au foot sous les arbres... Retour à Kpalimé puis vers Lomé pour arriver avant la nuit (ie 18h). Nous nous sommes arrêtés dans pas mal de villages sur la route du retour, juste pour acheter des fruits et légumes. Le van est chargé de plantain, manioc, goyaves, corosol, tomates, ananas, pommes sauvages, beignets de manioc...

Lomé 2006 : Newsletter 6

Jeudi 20 Juillet

On a plus de jus !
Les formations continuent. Obligés de changer notre programme de l'inauguration, nous commençons à travailler à 8h00. Nous avons prévu de travailler de 8h à 11h pour le premier groupe et de 11h à 14h pour le second, soit 6h d'affilées pour notre équipe de formateurs de choc!!!! Nous entamons, pleins de courage,cette longue journée normalement avant d'être interrompus par une coupure de courant à 9h30!!!! Les élèves nous disent que celles-ci peuvent durer plus de 18h!! De plus, les coupures de courant dépendent la plupart du temps de délestage (le courant est redirigé vers d'autres parties de la ville pendant un temps aléatoirement aléatoire!). Nous continuons donc les formations sur un tableau noir, mais difficile d'expliquer clairement la notion de déplacement et de réduction de fenêtre sans ordinateur. Nous décidons néanmoins de commencer d'expliquer les bases au deuxième groupe pour ne pas perdre trop de temps sur un planning déjà très chargé. Ceux-ci viendront rattraper mardi à 14h les notions qu'ils n'ont pas pu appréhender.

Rendez-nous notre argent!
Olivia est retournée à la banque pour récupérer l'argent que le distributeur avait refusé de lui donner. Pour cela, il fallait prouver que l'argent avait bien été retiré de son compte : trop facile quand on est à l'étranger !!! Finalement, nous avons eu l'explication : le distributeur a bien fait la demande à la banque français, qui a autorisé le retrait et débité son compte, mais lorsque la réponse est revenue de France, la liaison a été coupée, donc, pas d'argent!!!!! En tout cas, tout est maintenant arrangé!

Anecdote du jour :Des boutiques aux noms explicites De nombreuses boutiques ont des noms associées à la religion. D'autres sont tout simplement drôles Voici quelques exemples :

  • la pharmacie « Au bon secours »
  • la maternité « Le miracle »
  • L'auto école « A la bonne conduite »
  • La mercerie « La main de dieu »
  • La pharmacie « Source de vie »
  • L'auto-école « La prudence »
  • La pharmacie « Dieu donne »
  • L'école "La sagesse"
  • La mercerie "La main de Dieu"
  • L'établissement "In god we trust"
  • La pharmacie "Pour tous" :-))

Vendredi 21 Juillet

Formation : Formons formons ...
Programme du jour : Début des formations OpenOffice. Nous avons revu les bases : ouvrir un fichier, enregistrer sous,... déjà pas si mal lorsque la plupart ont du mal à bouger la souris !! Après cela, nous commençons la formation du traitement de texte que Mathilde à mise au point. Les profs ont plus de mal que les élèves qui finissent victorieusement le cours à la fin de la première séance. Lundi, ils commenceront les exercices destinés à consolider leurs « acquis ».

Ca ne répond pas !
Didier continue de se débattre avec le serveur. Depuis quelques jours, il réussit enfin à communiquer avec le modem. Une fois trouvé la prise téléphonique qui marchait (une sur les deux), il appuie, plein d'espoir, sur le bouton « connecter ». Et là, la déception fut rapide : le modem sonne, sonne, sonne ... puis la tonalité devient occupée ! Gardant son sang-froid pour ne pas exploser le modem contre un mur (c'est le seul que l'on ait!), il remet ça « à demain » (c'est à dire plus tard, plus tard...)

Marché aux fétiches
Après une journée de formation harassante, Ségo, Bruno, JS et Amandine décident d'aller visiter le marché aux fétiches. Ils ont été obliger de prendre un guide pour leur expliquer le pourquoi de l'odeur si attirante et comment on fabriquait des potions magique à la harry potter. Ensuite ils ont rencontré un sorcier habillé d'une robe de sorcier de marque PUMA et possédant un téléphone Siemens. Ils ont eu l'honneur d'être béni, Bruno a été rebaptisé « Pruneau ». Bref une expérience pas si inoubliable que ça, il faut retenir que c'est surtout un attrape-touriste.

Samedi 22 Juillet

Au marché
Levé vers 9h30 pour la plupart d'entre nous. Ségo, JS, Amandine, Bruno, Didier et Mathilde décident d'aller faire un tour au grand marché à la fin de la matinée pour acheter leurs derniers souvenirs, ou pour profiter une dernière fois de cette ambiance si particulière pour JS qui nous quittera ce soir. Nous nous sommes faits au marchandage et payons systématiquement la moitié du prix initial annoncé par le vendeur. Même pour les gens du pays, Patrick qui nous accompagne, nous payons le « bon » prix. Nous dévalisons les étalages et revenons sans un sous en poche !!!!

Une dernière frayeur pour la route :
L'avion de JS décolle à 19h. A 17h30, panique!!!! « Mais où est passé mon passeport??? » Tout le monde est sur le pont et se mobilise pour chercher le fugitif. Ce dernier se montrera après 20 minutes d'anxieuses recherches, dans la seule poche du sac qui n'avait pas été fouillée après que le sac ait été vidé plusieurs fois.

Anecdote du jour : lorsqu'un marchand n'a pas le produit désiré en stock, il en prend un chez le voisin et le négocie à sa place, que ce dernier soit présent ou pas.

Dimanche 23 Juillet

Oula la semaine est suffisamment longue, il est temps de se reposer un peu, donc ce sera plage pour certains, sieste et bon bouquin pour d'autres.

Anecdote du jour : L'avion de JS est arrivé à bon port malgré les 5 heures de retard. A bon entendeur....

Lundi 24 Juillet

Internet est enfin arrivé après une dure journée de formation. Nous remercions d'ailleurs le lycée pour l'aide qu'ils ne nous ont pas apporté pour découvrir qu'il fallait faire le préfixe 0 pour composer le numéro d'appel pour accéder à internet. Après une recompilation du noyau (les amateurs apprécieront) et un reboot sans trop y croire, google est enfin apparu à notre plus grande joie. Donc maintenant nous sommes en admiration devant une connexion 56k.

Match au sommet On finit la journée par un petit match de foot sur le sable à la brésilienne, sauf qu'il manque les filles en bikini. Malheureusement, la fourberie de l'équipe composée des filles a fini par gagner ...

Anectode du jour : Lors de la connexion à Internet, on peut rentrer n'importe quel identifiant et mot de passe, ça marche !!! Vive la sécurité en Afrique !

Lomé 2006 : Newsletter 7

Bonjour à tous,
nous sommes heureux de vous faire partager une fois de plus nos aventures à Lomé.

Mardi 25 juillet

Hélène Olivia et Ségolène se rendent au commissariat pour la déclaration de vol de leur téléphone et de leur porte-feuille respectivement. Accompagnées de Patrick, elles vont vivre les joies de la lenteur administrative togolaise. Attente devant un bureau et petit stress, car elles s'imaginent qu'elles auront un interrogatoire poussé. Elles seront bien surprises. Après 20 min pour prendre la déposition de chacune, il faut sortir du commissariat, faire des photocopies, les remettre à un monsieur en uniforme, repartir voir celui qui a pris les dépositions pour qu'il les conduisent à une 3ème personne qui tapera tout à la machine. Achat d'un timbre de 500F CFA chacune et RDV à 16h pour récupérer les documents. A 16h, accompagnées cette fois de Steve, on leur demande d'attendre. 16h30, on leur apprend que les documents viennent d'être envoyés à la signature et 17h30, après 1h30 de sommeil pour Ségolène dans un fauteuil du commissariat, elles obtiennent enfin leurs attestations.

Du coté du collège protestant, tout va bon train, les formations continuent mais la journée a été très longue: de 8h à 16h. Nous déplorons le décès d'un écran de plus. Paix à son âme.

Anecdote du jour: Hier nous avons joué au foot dans la rue avec 3 français fraîchement arrivés sur Lomé et qui passaient par là. Le seul qui jouera finira la partie au bout de 10 minutes. Aujourd'hui nous l'avons rencontré et pour agrémenter son séjour d'un mois au Togo, il aura droit à des béquilles.

Mercredi 26 juillet

Ségolène se rend au consulat de France munie de son attestation de vol pour faire annuler ses documents français (carte d'identité, permis de conduire,...). Nous l'avons attendu longtemps au collège, mais elle ne s'est pas pointée. Un moment, Serge a cru qu'elle était allée se bronzer sur la plage sans nous. Après le consulat, elle s'est en fait rendue à la poste pour envoyer du courrier. Espérons juste que ce courrier arrivera en France avant nous!!

Aujourd'hui, nous avons fini au collège à 13h. La conférence sur Internet a plu à plusieurs personnes. Nous verrons demain si le test aussi leur plaira. Après le repas, petite sieste et ensuite match de foot-ball. Avec quelques personnes du quartier, nous avons formé 3 équipes de 5 et avons couru derrière un ballon dans le sable de Lomé pendant 3 heures en changeant les équipes après 1 but ou 7 min de jeu. Olivia en a surpris plus d'un, elle en premier, avec ses contrôles de balles, ses dribbles et ses contres face aux garçons. Quand elle se retrouve aux goals avec Patrick, il est le premier à fuir la balle. Peut être jouera-t-elle samedi matin?? Pauvre Mathilde qui s'est pris une balle à toute vitesse dans la cuisse. Ces garçons avaient dû oublier qu'il y avait des filles sur le terrain.

Après un repas juste pour faire plaisir à Bruno: beignets maïs, encore appelés beignets à la banane, avec de la bouillie de tapioca (à base de manioc) et en dessert de bons ananas, on était sensé passer une petite soirée tranquille devant quelques verres, mais tout le monde était crevé. Nous avons néanmoins trouvé le courage de commencer les courses pour la soirée crêpes de vendredi.

Jeudi 27 juillet:

Didier, aidé efficacement par Mathilde et Steve, arrive à assurer les formations tout en réglant les derniers détails du réseau. L'examen des professeurs a eu lieu aujourd'hui. Nous sommes très surpris par les résultats, 30% seulement ont une note au-dessus de la moyenne. Benoît et Perrine nous ont rejoint ce soir.

Anecdote du jour: Steve, en parlant de Bruno, dit: « Le pruneau est un laxatif, c'est pour ça que Bruno nous fait chier ». Ceci fait référence au marché aux fétiches où Bruno s'est fait appelé « Pruneau ».

Lomé 2006 : Newsletter 8

Bonjour tout le monde,

Nous espérons que vous avez passé un bon week-end et que vous trouverez le nôtre très interessant.

Vendredi 28 juillet

Dernière journée de travail avant notre dernier week-end à Lomé. Nous avons fait des formations, rien de bien exceptionnel. L'après-midi était classé sous le signe des crêpes. Nous n'avons fait que ça tout l'après-midi et tout le début de soirée. Le repas nous a fait oublier l'après-midi aux fourneaux. Nous avons continué la soirée en boîte de nuit. Seuls Perrine, Amandine, Didier et Mathilde ne se sont pas joints à nous.

Samedi 29 juillet

5h45 du matin: retour de boîte de nuit. Ségolène, Bruno, Benoît et Steve s'allongent pour 15 min, sachant que nous partons à 6h00 pour le match de foot du samedi matin. Les plus courageux: Olivia, Serge et Patrick essaient de faire la conversation, question de ne pas s'endormir.

6h00 du matin: départ pour le foot. Tout le monde s'y rend, des fêteurs aux dormeurs. Ségoolène juge bon de prendre un oreiller. Elle le partagera sur les gradins avec Olivia. Tous nos garçons jouent dans l'équipe des « Rouges ». La présence de Benoît n'a pas produit des miracles, l'équipe des « Rouges » se fait battre 3-2 par l'équipe des « Verts ».

8h00 du matin: repas camerounais. Comme tous les samedis matin, après le foot entre camerounais, un petit repas attend les joueurs et les supporters. Nos yovohs découvriront le « mêt de pistache ». Il s'agit d'une espèce de gâteau à base de pistache. Notons que la pistache utilisée n'a rien à voir avec celui qu'on trouve en France. Accompagné de bâton de manioc, le repas a été apprécié par tout le monde.

10h00: dodo pour tous

15h00: marché et repas Ceux qui ont eu le courage de se lever se sont rendus au marché. Achat de batiks par-ci, de tissus par-là. De retour au QG, les plus affamés se jettent sur le repas. Benoît et Perrine paient leur tournée à la maison, vu qu'ils doivent rentrer en France ce soir. Nous espérons que leur avion n'aura pas 5h de retard comme celui de Jean-Sébastien.

17h00: aurevoir Accompagnés de Ségolène, Didier et Serge, Benoît et Perrine se rendent à l'aéroport. On apprendra plus tard qu'ils ne sont pas arrivés à l'aéroport en voiture car il y a eu une panne. Ils termineront le trajet en taxi, pendant que les accompagnateurs pousseront la voiture pour essayer de la ramener à la maison.

21h30: 54
Didier et Mathilde ne pourront probablement pas voyager avec nous demain, vu leur état de santé. Après plusieurs discussions et calculs pour savoir combien nous coûtera le voyage, Steve et Bruno, blasés par le prix vont dormir avant même le mot final. L'absence de 2 personnes gâchent tous nos calculs. Amandine et Olivia, initialement motivées pour se rendre au 54 (bar-resto), changent rapidement d'avis lorsqu'elles savent combien leur coûtera le voyage. Elles arriveront à convaincre Ségo et Serge de ne pas y aller parce qu'une grande pluie commence. Tous les 4 passeront tout de même une bonne soirée pendant que les autres dorment.

Dimanche 30 juillet: Dernier dimanche à Lomé

Lever à 5h30. Avant le petit déjeuner, nous nous rendons sur la plage pour voir les coureurs. Nous sommes impressionnés par le nombre élevé de personnes qui y sont réunies pour courir, marcher, faire de la gym ou même de la boxe. Sur les sentiers non goudronnés, nous sommes surpris par les flaques immenses que nous voyons, causées par la pluie de la veille.

Vers 8h, Ségo, Olivia, Amandine, Steve, Serge et Bruno partent pour le week-end. Direction Atakpamé, vers le centre du pays. On arrivera à Atakpamé vers 10h. A l'entrée de la ville, on prend un guide qui connait bien la région. La première halte fût à Ayomé où nous avons vu une belle chute, haute de 17m. Malheureusement, nous n'avons pas pu aller jusqu'en haut parce que cela ne peut se faire qu'en saison sèche. Dans le village, nous avons distribué quelques chewing-gum donnés par CADBURY aux gamins. Après la chute d'Ayomé, nous sommes allés au barrage de Nangbeto où se trouve également la marre aux hippopotames. Le plus drôle c'était de voir la réaction d'Amandine quand 2 hippopotames sortaient leurs têtes. Elle les a surnommés « Momo l'hippopotame » et « Zézette l'hippopotette ». De retour à Atakpamé, nous avons cherché un hotel où dormir. Nous constatons d'ailleurs que le guide du routard est d'une véracité et d'une précision sans pareil.

Ne voulant pas manger la pâte, nous sommes allés dans un restaurant « chic ». Chapeau au cuisinier qui était seul et nous a fait une entrée et un plat de résistance succulents. A l'hôtel, autour d'un pot, nous avons discuté encore un peu avant d'aller nous coucher.

Lundi 31 juillet

Nous nous sommes réveillés à 10h, plutôt qu'à 8h30 comme initialement prévu. Nous avons pris un petit déjeuner très copieux, avec omelettes et frites de plantain. C'était en prévision du repas de midi que nous allions sauter. Vers 12h on a pris la route, direction Anié pour visiter une sucrerie. Nous sommes arrivés vers 13h et vu que les patrons n'étaient pas là, nous avons commencé par une visite des plantations. A 14h30, lorsque les patrons chinois sont arrivés, ils nous ont fait comprendre que les machines étaient démontées pour l'entretien et que ce ne serait pas interressant pour nous de visiter. Nous rentrons donc à Lomé, déçus de ne pas avoir vu l'usine, mais contents tout de même de notre voyage riche en blagues, en jeux, en discussions.

Yaoundé 2007 : Newsletters

Ca y est nous sommes arrivés à Yaoundé après plusieurs péripéties. Nous avons cru ne pas partir de Roissy à temps car nos réservations de billets avaient été annulées et le vol surbooké donc plus de place pour nous ! Heuresement Nelly a pu faire jouer ses contacts avec le directeur de la camair (compagnie aérienne avec laquelle nous sommes partis) et des places se sont libérées pour nous ! Second problème au moment de payer chacun avec nos cartes bleues, la machine les refusaient... Nelly a donc du faire un chèque en accord avec le directeur commercial de la camair pour tout le groupe. Nous décollons enfin avec plus de 2 heures de retard !

Nous avons débarqués ce matin vers 7h avec un accueil très chaleureux de la part de nos amis camerounais.
Ce matin visite de l'ENS et des futures salles informatiques puis repas et rencontre avec le directeur. Demain 2 d'entre nous partiront au port de Douala chercher le matériel qui est arrivé par bateau samedi. Les autres resteront à l'ENS pour préparer les salles.

La suite au prochain épisode.
Toute l'équipe d'Afric'Edu 2007 (heureuse d'être arrivée !)

Yaoundé 2007 : Newsletter 2

Bonjour à tous,

Nous sommes déjà à Yaoundé depuis une semaine. Le temps passe très vite ici. La première semaine, nous avons préparés les salles infomatiques, c'est à dire mettre les tables, s'occuper de faire mettre l'électricité, sécuriser les portes... Adrien est parti une journée et demi à Douala pour faire avancer l'ouverture du container. Les ordis devraient donc passer la douane mardi ou mercredi prochain. Florian et Cédric, nos "experts informatique" y retournent donc demain pour superviser tout cela. On espère tous que les PC seront en bon état pour commencer au plus tôt les formations pratique. Depuis ce matin, le premier module théorique est commencé. Les élèves sont très motivés et assimilent très vite le cours. La plupart sont pourtant néophytes.

Samedi soir nous avons fêté l'anniversaire de Cédric et par la même occasion été initiés au danses camerounaises !
A bientôt pour la prochaine newsletter !

Yaoundé 2007 : Newsletter 3

Bonjour à tous et en particulier coucou à ma maman !!!

Quelques petites nouvelles des membres d'AFRIC'EDU en « vacances » au Cameroun. Lors de l'écriture de la dernière newsletter, nous n'avions toujours pas nos chers ordinateurs. C'est désormais chose faite. Ils sont arrivés de Douala vendredi dernier en début de soirée. A noter qu'il a fallu que nos chers responsables informatiques se donnent corps et âme à cette mission pour laquelle ils ont du faire plusieurs allés et retours de Yaoundé à Douala. Environ 3 à 4 heures de bus séparent ces deux villes.

Toute l'équipe c'est alors mise au travail pour que ces 60 machines soient prêtes à temps pour le début des formations pratiques (30 par salle, dont une seule climatisée pour l'instant; le dossier de financement étant encore à l'administration... Et moi qui trouve que l'administration est parfois lente en France, je vais réviser ma copie!).

Les machines ayant toute été installées durant le week-end, les formations pratiques ont donc commencées lundi matin pour se poursuivre jusqu'à la fin du séjour. A la suite des cours théoriques, les 300 stagiaires d'afric'edu vont maintenant suivre, en deux jours, une formation à l'utilisation des outils de traitement de texte et de tableur avant une dernière partie sur la recherche Internet. Notre formation était très attendue, en effet les élèves ont peu accès à l'outil informatique (un cyber est au sein de l'université avec 15 ordinateurs pour les 3000 étudiants). Beaucoup ne l'avaient jamais utilisé. Pour leurs rapports de stage, thèses et autres les étudiants font appel à des secrétariats informatiques.

Les deux salles informatiques sont donc en fonctionnement avec 4 formateurs d'Afric'Edu dans chacune d'elles. Autant dire que nous avons du travail et que gérer 300 élèves, plus tous les retardataires qui voudraient intégrer la formation aux cours, n'est pas de tout repos. En effet, beaucoup d'étudiants de l'ENS ne croyaient pas à ce projet mais on été forcés de constaté dès l'arrivée des ordinateurs qu'avec l'aide du groupe d'étudiants de l'ENS nous avions atteint nos objectifs. Certains nous ont même demandé si, sans avoir suivi les formations, ils pouvaient tout de même prendre un ordinateur !!! Imaginez nos réponses.

Voilà pour ce qui est du travail pour le projet.

Grâce au groupe d'étudiant avec qui nous avons correspondu toute l'année, nous restons une bande de jeune en vacances et profitons de nos rencontres et de quelques anecdotes. Mardi dernier, nous sommes allé à Kribi pour la journée. Cette station balnéaire camerounaise est à 3 heures camerounaise de car. En réalité, il faut plutôt 4 heures et le voyage... Au passage, il faut savoir éviter d'être assis sur le banc au dessus des roues, évitez les coins du van sujet à quelques fuites d'eau, avoir de bonne oreille pour supporter la musique africaine et le bruit du van durant tout le trajet, ne pas craindre le chaud, les crampes et avoir ses papiers... Nous nous sommes fait arrêter 4 fois rien que pour ce voyage... Tous ça parce qu'ils ont vu des blancs dans le bus et veulent à tout prix des sous... Mais on n'a rien payé puisque nous sommes toujours en règle !

Lorsque vous n'êtes pas en règle au Cameroun : par exemple prennons le cas d'un taxi en surcharge (soit plus de 7 ou 8 personnes dedans), l'argent à donner aux policiers est fixe et il vous laisse ensuite repartir sans soucis... Il en est de même si vous êtes plus de trois sur une moto (certain de l'assoc ont essayé et c'est assez amusant)

Revenons à notre voyage à Kribi. Une petite journée de détente qui a fait du bien à tous le monde, histoire de sortir de Yaoundé et de partager d'autres moments ensemble. D'ailleurs, tout le monde c'est baigné, sauf deux petites frileux dont je ne citerai pas le nom.

Ce week-end, nous partons dans le sud et pourrons vivre encore de nouvelles aventure dans ce pays accueillant et chaleureux.

Nous vous en parlerons plus en détail dès notre retour.

A bientôt,

L'équipe d'afric'edu.

PS : Pour rassurer ceux qui se font du souci pour nous ! Personne n'est encore vraiment malade, certain ont quelques soucis de digestions mais rien de vraiment grave. Les médicaments sont très peu utilisés, à part notre cher antipalu que nous prenons en coeur chaque soir.

Yaoundé 2007 : Newsletter 4

Bonjour à tous,
Voici encore une semaine de terminée. Les jours passent très vite ici car nous sommes tous très occupés avec les formations.
Quoi de neuf depuis la semaine dernière ?
Nous sommes partis le week-end dernier à Ebolowa dans la province sud du Cameroun. C'est notamment là qu'habitent les 2 femmes du ministre de l'enseignement supérieur que nous allons voir demain si tout se passe bien. En effet une cérémonie dédiée à notre arrivée doit avoir lieu demain.

Après deux ou trois contrôles de routine (les douaniers camerounais nous apprécient tout particulièrement!), nous avons visité les alentours d'Ebolowa et notamment le site touristique de Nkolamdom. L'acceuil y était très chaleureux et nous avons découvert les cacaoiers (et bien sûr gouté au cacao frais), les palmeraies, la fabrication de l'huile de palme, vu un singe apprivoisé. Que des bonnes choses. Nous nous sentons l'âme d'aventuriers mais quand même pas celui des otoctones : dans le bus nous avons découvert leur sucrerie préférée : les vers de palmier grillés sucrés. Personne n'a osé y goûté ! Nous sommes restés aux cacahuettes et aux bananes...
Le lendemain...
Ca y est, la cérémonie a eu lieu avec seulement le directeur de l'école normale. Le ministre viendra à la fin de notre séjour pour la remise des diplômes. Cette cérémonie a donc aussi servi de pot de départ pour Laurent qui est rentré hier soir en France avant de partir dimanche en stage en Chine !
Nous avons internet sur nos machines depuis hier. Nous allons donc pouvoir assurer la suite des formations avec notemment le module sur la recherche Internet.
Ce week end nous partirons dans l'Ouest, dans la famille de Nelly pour visiter différentes chefferies et découvrir d'autres tribus et profiter de notre dernier week-end d'excursion.
A bientôt pour de nouvelles aventures !

Yaoundé 2007 : Newsletter 5

Bonjour à tous,
Voici notre dernier jour au Cameroun. Nous prenons l'avion demain matin. Les formations se sont terminées jeudi par le module recherche Internet et la maintenance pour les plus forts. Les derniers jours sont chargés car il faut régler les derniers problèmes avant le départ , revoir tous nos amis et visiter les derniers quartiers de la ville encore inconnu pour nous ! Avec bien sûr les différentes arrestations par la police pour diverses raisons : contrôle "de routine", surcharge aggravée dans le taxi (bon d'accord... nous étions 8 pour 5 places !) ou encore pour accident ! Et tout ça le même jour...
Hier a eu lieu la cérémonie de remise des diplomes, très officielle avec le directeur de l'ENS (mais sans le ministre de l'éducation supérieure qui finalement n'a pas pu se déplacer) et la presse camerounaise. Cela fait chaud au coeur de voir toutes les personnes (environ 300) que nous avons formées durant ce mois ! Toutes étaient ravies et tenaient à faire plein de photos souvenirs de nous !
Aujourd'hui nous partons déjeuner chez le chef du département d'histoire, celui qui nous a aidé à monter le projet. Ce soir a lieu la soirée de gala pour clôturer le séjour.
Nous rentrons en France avec de la musique plein la tête, des paysages plein les yeux et le ventre bien rempli de mets délicieux !
Merci à tous de nous avoir soutenu tout au long de l'année. Que de bons souvenirs.
Bon été à tous !
Toute l'équipe d'Afric'Edu 2007.

Kaya 2008 : Newsletters

Bonjour à toutes et à tous !

Nous voilà enfin en Afrique, au Burkina-Faso dans la ville de Kaya, tous en bonne santé et ultra motivés !!!
Aymeric, Barth, Henri, Pijou (Benoît pour les autres), Cédric, Mika et Lyonel sont partis de Lyon Mardi 1er Juillet à 10h30 de la gare de la Part-Dieu. Nous avons pris le TGV pour l’aéroport CDG où nous avons retrouvé le reste de l’équipe : Kadidja, Hermann et Etienne. Après de longues heures d’attente et sûrement le sandwich le plus cher et le moins bon de France mangé, nous avons embarqué vers 17h30 dans un magnifique airbus A321 de la compagnie Air Méditerrané. Une petite escale (de 2h !!!) pour faire le plein de fioul et vers 00h30 heure locale (02h30 heure de Paris…) nous avons foulé le sol burkinabé. Après 5h30 de vol et près de 14h d’attente nous arrivons enfin dans « le pays des hommes intègres ». La première chose qui nous surprend est la chaleur lourde et imposante, l’humidité et le calme qui règne dans Ouagadougou, la capitale du Burkina-Faso. Heureusement l’orage venait de s’abattre sur la ville avant notre arrivée. Les nuages étaient partis, laissant place à un magnifique ciel étoilé. Il ne reste alors plus que la douane à traverser et les valises à récupérer.

Une fois nos affaires en main, nous traversons le « hall » (qui ressemble plus à une salle d’attente de médecin…) de l’aéroport pour retrouver notre contact sur place, Anastase. C’est un membre de l’association partenaire NTBF avec qui nous travaillons depuis 1 an sur ce projet. Son accueil est très chaleureux. Pouvoir enfin mettre un visage sur ce prénom qui a été omniprésent dans toutes nos réunions fait vraiment plaisir. Une fois les présentations effectuées, nous nous sommes dirigés vers une auberge réservée pour nous. Sur le chemin, malgré la nuit, la pauvreté du Burkina nous surprend. Nous savions que le Burkina-Faso est parmi les pays les plus pauvres du monde, mais voir tous ces gens dormir à même le sol au bord de la route… Ca fait mal au cœur. La première nuit en Afrique… Les premiers moustiques… Mais nous avons tout ce qu’il faut !! Donc pas d’inquiétude, sauf pour Etienne qui fait une fixation sur les moustiques.

Mercredi matin, 07h40 Kady réveille tout le monde. Un café et des tartines pour le petit déjeuner et nous voila reparti. Un taxi nous emmène à la « Gare Routière » de Ouaga… C’est en fait un cul de sac avec plein de bus, motos, vélos, marchandises… La nous prenons un bus pour Kaya, la ville où nous allons mener le projet. Le bus est le moyen de transport le moins cher et on comprend vite pourquoi… Ils ont un sens du rendement hors du commun en ce qui concerne les moyens de transports. Que ce soit valises, marchandises, vélos, motos ou même les voyageurs, ils entassent au maximum !!! Il faut vraiment le voir pour le croire… (Nous mettrons les photos en ligne dès que possible) Après 2 heures de routes et avoir manqué d’écraser 10 chèvres, 3 vélos et 2 piétons, nous arrivons à Kaya. Il est 11h et il fait très très chaud !! Nous commençons à ressentir les effets de la chaleur… Nous rencontrons à la descente du bus notre contact local Draman, de la NTBF. Puis direction le Lycée Provincial de Kaya où toute la direction et l’association des parents d’élèves nous attendent pour nous accueillir. Un accueil très chaleureux suivi d’un excellent repas : Poulet Frites et mangues, le tout avec une bonne bière burkinabaise bien fraîche. Une fois les présentations effectuées et les remerciements échangés, nous partons pour notre résidence à 1 km de l’école. Il s’agit de chambres appartenant à la commune qui nous sont gracieusement prêtés par le maire. En fait nous avons une « maison » de six chambres rien que pour nous dans le secteur 7, un quartier très calme de la ville. Il est 17h, nous sommes installés dans nos chambres quand le proviseur du lycée vient nous chercher pour nous faire visiter la future salle informatique et la salle actuelle. La salle qui accueillera la grosse majorité de nos ordinateurs est flambant neuve !!! Tout est parfait. Seule la connection Internet fait défaut mais elle est prévue pour 2009. La salle actuelle compte 5 pc opérationnels… Connaissant désormais les lieux et les tâches que nous auront à effectuer, nous repartons chez nous pour se changer. C’est alors que la nuit tombe. Le temps de prendre une douche et hop !! Il fait nuit. C’est vraiment surprenant. A 18h15 il fait jour mais à 18h30 c’est nuit noire. Très surprenant la première fois. Un bon repas et voila qu’on retrouve nos amis de la NTBF que nous menons dans un bar en ville. 2 km à pied…Une adresse que nous ont donné trois français en stage à l’hôpital à coté du lycée. Premier soir à Kaya et première grosse fête avec la population locale !!! Tout simplement énorme… Reste encore le retour. 3 km à pied… Pas facile après cette folle journée !

Après une bonne nuit, nous venons prendre le petit déjeuner au lycée. 8h du matin, notre « chauffeur » Pélé vient nous chercher en voiture. Nous nous mettons immédiatement au rythme africain : Doucement le matin, pas trop vite le soir… La chaleur n’aidant pas. Premier jour de travail : on réfléchit à la disposition des salles, on planifie la formation et on prie pour que la matos arrive le plus vite possible. Un petit match de foot avec les enfants du quartier, une douche bien rafraîchissante et encore un bon repas préparé par Lucienne, notre « cuisinière », la newsletter écrite et envoyé, une belle soirée nous attend, tout va bien mon ami, y’a pas de problème !!!

A bientôt pour de nouvelles aventures,

L’équipe d’Afric’Edu
Kaya 2008

Kaya 2008 : Newsletter 2

Bonsoir à tous, voici quelques nouvelles du projet depuis jeudi dernier.

Pour reprendre là où l’on s’était arrêté la dernière fois, nous voici donc vendredi matin. On termine les derniers préparatifs dans les locaux, pour accueillir la future installation, pendant que d’autres partent avec le proviseur et Draman, afin de voir le camion qui sera utilisé pour le transport du matériel entre Ouaga et Kaya. Mais la matinée est vite achevée lorsque une « petite » averse pointe le bout de son nez. C’est quand même surprenant : en deux minutes, on perd dix degrés, le vent soulève le sable au point que l’on ait du mal à ouvrir les yeux, puis c’est le déluge. Pendant deux heures, la pluie inonde littéralement la ville. L’absence de réseaux d’assainissement efficace favorise l’apparition de torrents et de flaques. Ce qui est encore plus saisissant, c’est l’effet que ce genre de pluie a sur la population : tout le reste de la journée, tout fonctionne au ralenti. Cependant, on peut travailler dans des conditions qui sont pour nous bien plus agréables. Alors que les Kayalés sont frigorifiés : les bonnets et doudounes sont de sortie (bien que la température soit au moins de 20°). Une soirée une fois de plus très enrichissante et divertissante clôture cette journée, résolument fraîche.

Pour le début de notre premier week-end, le paysage au lever est saisissant : plusieurs femmes sont déjà au travail, et certaines parcelles ont déjà été entièrement labourées (à la bêche) devant notre logement… alors qu’il est 9 heures du matin. La fraîcheur du matin explique que la plupart n’attendent que la levée du soleil (soit 5 heures) pour aller travailler la terre. De notre côté, on profite de notre temps libre pour marcher jusqu’au lycée et entendre les très jeunes enfants crier « Nasara » (comprenez « Blancs ») à notre passage. Une fois de plus, les échanges avec les locaux sont extrêmement courtois et chaleureux. Si on s’arrêtait pour discuter avec chaque Africain que l’on salue, les 500 mètres entre notre logement et le lycée prendraient certainement une matinée entière. On profite d’une belle après-midi pour aller voir le barrage, et la « campagne » burkinabaise. Il est très difficile de décrire le paysage offert, tellement c’est magnifique et dépaysant (on joindra à la prochaine Newsletter quelques photos de ce paradis). Un peu plus loin, on prend enfin de la hauteur en se promenant sur les collines environnantes afin d’admirer le panorama. Une fois de plus, extraordinaire. Le plus saisissant, c’est que les terres sont cultivées à perte de vue, au beau milieu de zones vides d’habitation.

Après une belle soirée (une fois de plus), nous nous laissons guider, dimanche matin, dans le marché par Pélé et Hermann. Il se divise en deux zones : une couverte, appelée « hall des artisans » mais que l’on peut très bien traduire par « coin des touristes ». Les produits proposés (essentiellement de la maroquinerie, des décorations et des bijoux) nous sont très gentiment proposés par les vendeurs kayalés à des prix… « légèrement » supérieurs à ceux normaux. On marchande comme on peut, mais il faut parler longtemps, très longtemps pour arriver à faire baisser les prix de quelques centaines de francs CFA (soit quelques dizaines de centimes d’euros). Même si les prix sont dérisoires, nos amis burkinabés explosent de rire quand on leur annonce les sommes auxquelles les objets nous ont été cédés… Peu importe, on reviendra ! L’après-midi, on s’échappe encore une fois de la ville pour aller admirer ces paysages grandioses et profiter du coucher de soleil. Encore une fois, un tel spectacle n’a pas de prix. Il n’y a aucun bruit, seulement les sifflements de quelques oiseaux exotiques et les cris des derniers enfants encore dans les champs.

Retour à la réalité, derniers préparatifs avant les formations théoriques qui débuteront le lendemain matin. Apparemment, les jeunes Kayalés sont venus s’inscrire en masse pour participer à nos cours… On va enfin pouvoir donner de l’aide à cette population ! Mais la matinée est surtout marquée par la visite chez le chef du canton avec le proviseur, Draman et Moussa, président de l’Association des Parents d’Elèves. Ce personnage est très certainement le plus influent sur toute la ville de Kaya : c’est le chef coutumier, celui qui fait en sorte que la culture et les coutumes burkinabaises soient respectées. C’est surtout lui que l’on vient consulter, lorsque des décisions importantes doivent être prises (même le maire s’en remet à lui pour certains domaines). Là encore, on est très impressionné dès notre entrée dans son « palais », comme il le nomme. Il est assis dans un fauteuil imposant, tout le monde a énormément de respect pour lui, même son « valet » (ou bien « premier ministre »), bien qu’âgé d’au moins quarante ans de plus et assis par terre, à côté du fauteuil. Vu d’un œil « européen », on aurait tendance à prendre cela pour de l’abus de pouvoir, et chaque « service rendu » au nom du « chef » comme une forme de corruption. Mais il faut admettre la chose suivante : cela a toujours fonctionné ainsi en Afrique, et de manière très efficace. Avant que le colonialisme n’intègre les administrations, tout fonctionnait ainsi. En voulant leur imposer notre mode de démocratie, on a déréglé pas mal de choses… Sans vouloir nous prouver que l’Afrique est en retard à cause du colonialisme, Moussa nous a ouvert les yeux, une fois de plus, sur le problème africain et notamment ses origines. C’est peut-être ça aussi, le but d’une mission humanitaire : découvrir d’autres cultures, d’autres sociétés, et gagner en ouverture d’esprit.

Et après avoir fini de préparer les cours lundi, nous sommes rentrés dans le vif du sujet mardi matin. C’est certainement par les situations les plus délicates que notre travail a démarré : faire comprendre (et surtout intéresser) à un enfant de 6ème, n’ayant jamais vu un ordinateur, ce qu’est un PC. Finalement, tout s’est très bien passé : les jeunes locaux sont très intéressés, et nous avons enfin l’impression d’avoir rendu quelque chose à la population burkinabaise, après tout ce qu’ils nous ont offert. Cela nous donne encore plus d’idées et d’entrain pour les sessions suivantes. Puis, nous allons visiter durant l’après-midi la laiterie, où trois Françaises sont également en mission. Vous vous en doutez, les travailleuses Kayalées nous accueillent une fois de plus très chaleureusement et nous font goûter les délicieux yaourts préparés avec l’aide de « nos sœurs », comme elles les appellent. Pas de doute, elles ont gagné quelques clients.

C’est ici que s’achève cette Newsletter. On en profite pour vous dire que tout va bien (santé – même si quelques mets locaux nous ont (enfin ?) donné un peu de fil à retordre – moral et motivation, tout est au top). Nous tenterons, si la connexion le permet, de vous faire parvenir quelques photos de notre périple la prochaine fois !

Bill Fou ! (A très bientôt)

L’équipe d’Afric’Edu
KAYA 2008

Kaya 2008 : Newsletter 3

Bonjour à tous,
Nous voici le mercredi 9 juillet, les cours théoriques continuent avec les nombreux motivés inscrits auparavant ou venus le jour même, de ce fait l’organisation des groupes est très compliquée. En effet, beaucoup des inscrits ne viennent pas alors que beaucoup de non inscrits se présentent.
Un autre problème, et non des moindres, vient perturber le bon déroulement de la formation, il s’agit de la ponctualité : les élèves arrivent au compte goûte de 8h00 à 11h00, Kadidja prend alors les choses en main et fait comprendre à tout le monde que les retardataires ne seront plus acceptés en cours. Etrangement, le lendemain, tout le monde est ponctuel.
Les cours se déroulent jusqu’au vendredi matin, date à laquelle 100 élèves ont suivi la formation théorique.

Pour nous détendre de cette semaine « chargée » nous décidons de nous rendre à Ouagadougou pour nous enregistrer à l’ambassade de France, visiter les locaux de NTBF (l’association partenaire sur place), effectuer une visite à l’université ayant accueilli le projet Afric’Edu de 2005 et enfin en profiter pour faire du tourisme.
Toute la petite troupe débarque à Ouagadougou vendredi. Etant habitué au calme de la ville de Kaya, la capitale nous apparaît comme une immense fourmilière remplie de vendeurs ambulants, ce qui n’est pas pour déplaire à tout le monde.
Le point intéressant de notre court séjour à Ouaga, est la visite de l’université où l’équipe d’Afric’Edu 2005 avait installé une cinquantaine d’ordinateurs. Nous avons pu constater qu’une partie des PC est toujours utilisée par les étudiants et qu’ils ne peuvent désormais plus s’en passés dans leur cursus. Cette nouvelle nous redonne un coup de motivation supplémentaire et présage un potentiel second partenariat avec l’université pour venir rééquiper leur salle informatique.
Le retour dans le Samatenga se fait comme l’aller, dans un bus roulant à 100km/h sur une route presque bien entretenu préférant l’usage du klaxon à celui du frein. :)
Nous arrivons à Kaya, samedi en début de soirée.

Dimanche, nous partons en randonnée vers une colline que nous avions repérée précédemment. Nous marchons près de 38 km à travers la savane burkinabaise rencontrant quelques villages reculés où la présence de Nasara (blancs en moré) n’est pas des plus communes. Nous subissons par la même occasion la pesante chaleur du soleil africain et la mauvaise gestion de l’eau qui vient à manquer dès la moitié de la ballade, heureusement Aymeric avait emporté quelques pilules purificatrices qui nous permet de puiser de l’eau dans l’un des rares puits que nous croisons.
Après 6H de marche et quelques erreurs d’orientation, nous retrouvons note cottage là où nous l’avions laissé.

Nous entamons aujourd’hui, mardi 15 juillet, la troisième semaine à Kaya, et malheureusement les PC ne sont toujours pas en notre possession. Nous gardons cependant le moral et tentons de nous occuper utilement.

Côté infirmerie, « lafi bébé » pour certains. « N’kiémié » pour d’autres. En français, « ça va » pour certains, pour d’autres moins. (Tourista quand tu nous tiens)

A bientôt pour de nouvelles aventures,

Kaya 2008 : Newsletter 4

Aujourd’hui, mardi 29 juillet, 22h18. L’espoir de voir les ordinateurs arriver à Kaya s’amenuise petit à petit. En effet, après deux semaines de négociation, de remplissage de papier et autres tâches administratives notre matériel était enfin prêt à partir direction le lycée. Seulement, ça aurait été trop facile et voila que ce lundi un petit souci informatique chez le transporteur chargé de notre colis bloque la transaction jusqu'à jeudi minimum. Réaction de l’équipe et de l’administration du lycée : frustration, déception en un mot : « pfffffff c’est long ! ».

Ce n’est pas pour autant qu’Afric’edu s’est relâchée !! Bien au contraire : fort d’une motivation et d’une détermination plus que certaine, nous avions décidé la semaine dernière de creuser la tranchée afin d’enterrer le câble réseau reliant le cybercafé à l’administration. Aidés par des jeunes Kayalais surentraînés, en une après-midi les 40 mètres de tranchée étaient avalés. Nous avions ensuite préparé la future salle informatique pensant que les machines arriveraient plus tôt. Il n’en fut rien. Finalement nous avons entrepris de former les élèves présents aux cours théoriques avec les quelques ordinateurs du cybercafé. Ainsi lundi, nous avons commencé les cours sur le traitement de texte en session de 2h à 20 élèves…et il faut dire que ça s’est plutôt bien déroulé, même si les niveaux sont hétérogènes. A ce jour nous avons donc formé 150 élèves à la théorie et au traitement de texte ! C’est une petite victoire dans notre lutte sans merci pour l’obtention des ordinateurs : « libérez les ordis !! libérez les ordis !! ».

Pour ce qui est de l’aspect culturel de ce séjour, certains d’entre nous ont profité de l’absence du matos pour s’évader au sud-ouest du pays plus précisément vers Bobo-dioulasso et Banfora. Nous sommes donc partis à l’aventure vendredi dernier (après avoir appris à contre cœur que le matériel serait encore bloqué jusqu'à lundi au moins) direction Ouaga puis Bobo pour 7h de trajet à 40°C ! A bord d’un bus plutôt bondé et étriqué nous avons parcours de long en large le Burkina pour atterrir en pleine nuit à Bobo, capitale culturelle. Un charmant petit hôtel pour passer la nuit et le lendemain nous visitions la ville, beaucoup moins étouffante que Ouaga il faut dire. Un tour par le marché, la mosquée et puis direction Banfora, une petite ville célèbre pour sa canne à sucre, son coton, ses cascades et ses touristes blancs ! Là-bas nous avons vécu une expérience unique : un trajet sans retour à 7 dans une Renault 21 transformée en « Taxi brousse » sur une chaussée défoncée !! Finalement plus de peur que de mal, il faut dire que le chauffeur était du genre Ari Vatanen sur le Pikes Peak : un vrai pro ! Nous avons ensuite tenté de voir des hippopotames à bord de pirogues sur le célèbre lac de Tengrela…en vain ! Nous nous sommes consolés avec une nuit dans une petite case, très pittoresque ! Le retour a été d’autant plus violent que la fatigue se faisait sentir tout au long du long, très long voyage. Finalement, dimanche nous étions de nouveau à Kaya après une pause plus que bénéfique dans un climat plutôt tendu par l’attente désespérée de 60 ordinateurs….

 

On croise donc les doigts encore et toujours, surtout Hermann et Kadidja qui partent vendredi et qui à l’heure actuelle ne sont pas sûr de voir le bout du nez d’un clavier !

 

A bientôt pour la suite et fin de nos aventures au Burkina-Faso

Kaya 2008 : Newsletter 5

 

Vendredi 1er Août

 

Enfin une bonne nouvelle !!! Le matériel est arrivé hier en milieu d'après-midi. Et première bonne surprise: il est au complet ! Rien ne manque. Dès l'arrivée du camion, une multitude de personnes du lycée (enseignants, gardien, élèves, ...) sont venus nous aider pour décharger les cartons. Ces derniers étaient dans un état lamentable: tous déchirés, évantrés, ... Malgré cela, une chaine humaine s'est faite toute seule et en moins de vingt minutes les 16 cartons étaient vidés et le matériel stocké dans une salle d'informaique flambant neuve.

 

A la fin des cours (vers 18h) l'ensemble de l'équipe s'est rendu dans la salle afin de déballer les derniers cartons et rassemblez, trier le matériel. Pendant 1 heure, nous étions comme des enfants le jour de noël (Chaque ordinateur, écran, imprimante,... étaient emballés dans des sacs poubelles afin de garantir un minimum d'étanchéité lors du transport; ces sacs poubelles étaient donc comme du papier cadeau). Nous avions tellement attendu ces cartons que les avoir enfin en face de nous était un soulagement immense. Et un bonheur certain ! Un premier inventaire effectué nous permet de conclure rapidement que l'ensemble du matériel est en bon état. Pas de casse majeure. Après avoir mangé, nous sommes retournés dans la salle afin d'installer les ordinateurs. Après 3 heures de rangements et d'installation, la salle est prête et fonctionnelle. Nous avons testé tous les ordinateurs et seulement 3 sont à réparer et tous les écrans sont fonctionnels ! A l'heure actuelle, il ne reste plus que des mises à jour à effectuer avant que la salle soit parfaitement opérationnelle.

 

Nous avions envoyé environ 70 ordinateurs. Tous fonctionnent (moyennant parfois certaines réparations basiques). Nous pourrons donc équiper une salle informatique (40 postes), un cyber café (16 postes dont 5 fournis par le lycée), l'administration (4 postes), la bibliothèque et le laboratoire de sciences (nombre de postes à déterminer). Nous avions également envoyé environ 200m de câble ethernet. Celui-ci nous permettra de relier le batiment administratif au CyberCafé du lycée et donc à internet. C'est pour cela que nous avons creusé une tranchée de 45m la semaine dernière.

 

A l'heure actuelle, seule la salle informatique est installée. Avant notre départ, nous allons finir l'installation dans l'ensemble du lycée. Une émission de radio est prévue ce Week-End. Il s'agira d'une émission spéciale concernant l'importance des logiciels libres en Afrique. Et nous en seront les protagonistes. Une cérémonie sera également organisée avec les membres du lycée, les autorités locales et quelques membres de NTBF (l'association avec qui nous travaillons depuis 1 an sur ce projet). Et la partie la plus dure: la mise en place du cyber café. Bref, un week-end chargé nous attend ! Mais la motivation étant remontée au plus haut avec l'arrivée du matériel, tout se passera bien !

 

A très bientôt,

 

Afric'Edu

Kaya 2008 : Newsletter 6

Lundi 04 Août, il est 21:20, et c'est bientôt fini. Tout le travail qu'a effectué l'équipe Afric'Edu KAYA 2008 se doit de perdurer le plus longtemps possible, mais ce soir c'est véritablement la fin d'une belle aventure qui est dans toutes les têtes.

Nous vous rassurons, nous ne sommes pas trop tristes. Non, plutôt contents. Voire ravis du travail effectué toute cette année, de l'aboutissement du projet et des perspectives, ici au lycée provincial. Mais l'échéance qui approche à grand pas ne fait qu'amplifier le pincement au coeur que chacun ressent.

Le travail effectué depuis l'arrivée du matériel a été assez monstrueux. Tout d'abord, il a fallu installer la nouvelle salle, dotée de 40 PC tous branchés sur Linux. En fait, cette étape a été même rapide, en une soirée la majorité des PC étaient en état de fonctionner. Merci à l'équipe info qui a effectué du très bon boulot dans la préparation du matériel en France. Nous avons été surpris de voir aussi peu de casse (et fiers aussi, avouons-le), seulement quelques écrans commençant à rendre l'âme, mais pratiquement aucun problème du côté des UC.
Puis nous nous sommes attelés à la salle du cyber. Là, ça a été moins évident. Beaucoup moins évident. Ubuntu est un système d'exploitation génial, grâce à sa communauté qui le rend bien plus performant qu'un Windows classique. Mais dès que l'on veut l'utiliser à des fins plus exotiques qu'un simple traitement de texte, ça se corse.
L'installation du logiciel du cybercafé a été une véritable course contre la montre. Peu de logiciels fonctionnent bien, et aucun ne fonctionne comme on l'aurait voulu. Du coup, il a fallu beaucoup chercher et travailler afin de rendre la version finale bien plus ergonomique et pratique que ce que le programme proposait initialement.
Nous pensions pouvoir ouvrir le cyber ce matin, mais il a fallu retarder d'un jour afin d'améliorer sensiblement le service rendu.
A côté de cela, il fallait aussi installer les ordinateurs de l'administration. Ou, devrait-on dire, « fournir un accès à Internet ». C'est une des tâches qui a finalement été la plus importante, d'un point de vue diplomatique :) L'attente était énorme, on a cru ressentir un soupçon d'impatience de la part de l'équipe administrative lorsqu'ils ont réalisé que non, nous ne pourrions pas leur fournir un accès au Net en seulement quelques heures. Mais on savait à quoi s'attendre :)

Hier soir a eu lieu la cérémonie d'au revoir (et non pas d'adieu, terme beaucoup trop pessimiste comme le disent les locaux). Un beau moment de convivialité et surtout d'amicalité. Même si nous n'étions pas à quelques minutes du départ, un vent de mélancolie a soufflé lorsque les discours ont été énoncés. En un mois, de véritables liens d'amitié se sont créés. Nous commencions tout juste à être vraiment habitués au climat local que déjà, il faut faire ses valises. Echanges de cadeaux, arrosés de quelques bières et accompagnés de viandes cuites au four (exquis!) ont permis à chacun de témoigner encore une fois toute la sympathie partagée. Chaque membre d'Afric'Edu a d'ailleurs reçu une magnifique serviette en cuir (une serviette pour ranger ses documents, car le cuir n'a jamais vraiment bien absorbé l'eau...) avec un logo Afric'Edu et l'inscription « Lycée Provincial de Kaya » inscrits, en teinture ! Un cadeau qui fait chaud au coeur et qui ne manquera pas d'être arboré très fièrement par chaque membre l'année prochaine :)

Les derniers perfectionnements ont lieu actuellement, demain le cyber va réouvrir, encore plus fort, encore plus beau! Le logiciel utilisé permettra une meilleure gestion des comptes d'utilisateurs, un suivi financier constant et surtout, un accès utilisateur restreint afin de préserver les PC.

Mais ce soir, c'est le mois passé ici, ainsi que tout le travail effectué en France, qui est dans les têtes. On nous avait prévenus : on a certes apporté quelque chose à l'Afrique, mais c'est aussi et surtout l'Afrique qui nous a apporté. Cette aventure nous a tous un petit peu transformés, sur le plan humain notamment. Monter un projet ici, au coeur de l'Afrique, n'a pas d'équivalent.

C'est maintenant la tête remplie d'histoires que nous allons redécoller, pour retrouver amis et famille. Pas de doute, on aura matière à alimenter les discussions... !

Bill fou ! (à très bientôt en Mooré – écriture phonétique)

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Sodoké - Kara 2009 : Newsletters

Bonjour à tous,

nous sommes actuellement au Togo pour notre mission 2009 et nous sommes déjà en train de donner des cours. Mais remontons un peu dans le temps pour vous donner une petite idée du début du séjour.

Nous avons embarqué à Paris le lundi 29 juin 2009 à 16h00 heure française direction Lomé au Togo. Après une escale à Casablanca, nous avons atterri le mardi suivant à 2h heure locale (c'est à dire 4h heure française)à l'aéroport de la capitale Togolaise, Lomé.

La première semaine se déroula à Lomé même afin de finir d'organiser notre voyage dans le reste du pays, de rencontrer notre association partenaire Togolaise "L'ONG association Amitié 2000" et de visiter aussi la capitale pour se familiariser avec le mode de vie africain. Nous en avons aussi profité pour aller visiter l'ancienne mission d'afric'edu 2006 pour voir comment se maintenait le matériel. Nous avons eu la mauvaise surprise de voir qu'un accident de réseau électrique avait réussi à détruire les 3/4 du parc que l'ancienne équipe avait monté. Mais nous avons prévu d'y revenir en fin de séjour pour réparer un maximum d'ordinateurs et de ne pas les laisser démunis.

Le samedi 4 juillet 2009, nous sommes parti en direction de Kara (la première ville à recevoir notre aide) à 400 km au nord de Lomé avec notre chargement de 52 ordinateurs. Une fois arrivé, après 7h de route plus ou moins bonne, on se dispatcha pour aller dormir dans nos familles d'accueil.

Le lendemain le gros du travail commença. Nous sommes allés visiter l'université qui devait accueillir notre don de 32 ordinateurs. La première impression fût bonne : salle climatisée, propre, surveillée et fermée. Toutes nos exigences ont été respectées. Nous avons même l'Internet haut débit !!!! L'installation commença donc illico. En deux jour toute la salle fût prête pour accueillir les élèves. La quantité d'élèves fût par contre bien différentes de celle indiqué par "amitié 2000". Nous avions tablé sur une formation de 200 élèves et on se retrouve maintenant avec 360 élèves tous avide d'apprendre l'informatique et les méandres de Linux. Il y a aussi un grand nombre de déçus que nous n'avons pas pu prendre en formation mais le temps nous manque pour aider tout le monde.

Aujourd'hui cela fait une semaine que nous donnons des cours. Tous se passe bien. Le niveau est plus bas que nous ne le pensions mais avec des cours un peu plus basiques cela ne pose aucun problème.

Sodoké - Kara 2009 : Newsletter 2

Après deux semaine bien remplie, après 360 élèves formés et prêts à devenir de petits informaticiens en herbe, nous voici en week end !!!

Aujourd'hui, première visite et surtout premier plongeon dans la culture locale. Nous sommes allés voir les Evala. Etant dans la ville de Kara, c'est à dire en pays Kabyè, nous nous devions d'aller voir cette tradition qui est le rite d'initiation des jeunes Kabyès.

L’initiation du jeune Kabyè qui se réalise entre 18 et 20 ans est l’une des étapes de la liste des phases successives de formation de la personnalité. Evala est la toute première initiation à la vie d’homme de l’adolescent Kabyè. Avant d’être soumis à ces rites, les jeunes sont longtemps préparés psychologiquement et physiquement pour y répondre.

Pour montrer leur force, les jeunes Kabyès s'affrontent dans des combats de lutte où ils doivent faire tomber leur adversaire au sol.

Pour ajouter à notre bonheur, nous avons pu avoir à quelques mètres de nous le président du Togo (Faure Gnassingbé) et sa suite de ministres qui assistaient à cet événement national.

Ce soir, la tête pleine de souvenirs et de musiques tribales, nous pensons déjà au reste du week-end. Dès demain nous partons pour deux jours dans la brousse. Tout d'abord direction le nord vers un village Tamberma appelé aussi "village Tata" qui est classé par l'UNESCO. Après une nuit à Kanté, nous irons observer le levé de soleil sur la savane africaine. Puis nous rentrerons à Kara afin de finir nos valise et de redescendre à Sokodé pour y passer le reste de notre séjour. Un week-end chargé en perspective mais qui promet de beaux souvenirs.

Sodoké - Kara 2009 : Newsletter 3

Bonjour à tous,

Voici quelques nouvelles fraîches de notre périple au Togo.

Nous avons maintenant fini le premier volet de notre voyage. Les cours d'informatique à Kara se sont fini dans la bonne humeur. Les étudiants étaient vraiment content mais déçus de ne pas pouvoir en faire plus. Nous entamons donc maintenant les préparatifs pour notre déplacement à Sokodé. Je suis parti hier en avant garde avec Baloo au lycée moderne de Sokodé est dans un cadre superbe, en pleine nature. On peut signaler le trajet dans un taxi brousse mythique: 9 places mais 16 personnes!!

Comme nous vous l'avions dit, cette semaine se sont déroulés les évalas. Nous avons pu admirer les luttes traditionnelles depuis la tribune présidentielle, à deux rangées juste derrière le président du Togo. La classe. Nous sommes passé aux infos le soir et attendons d'ailleurs avec hâte le reportage sur la remise du don d'ordinateurs à l'université de Kara.
Ce week-end, nous nous sommes mis en mode tourisme et avons visité hier les villages Tata (spéciale dédicace aux 3A) de la tribu Tamberma. Tout simplement superbe. Ce sont des sortes de grandes battisses en argile et en terre. Les tours sont surmontées de toits en paille. Vraiment spectaculaire! Autre action remarquable: nous sommes entrés à l'intérieur d'un baobab! Nous tenions dedans à 8 sans problème. Sortie en escalade par l'intérieur de l'arbre pour les grimpeurs et par une toute petite faille dans l'arbre pour les autres. Cette sortie a aussi été l'occasion de gouter le fruit du baobab qui ressemble à pas grande chose de connu pour nous mais qui est super bon.

Aujourd'hui nous avons exploré la réserve de Sarakawa. Clôturé, ce parc de 1500 hectares regorge d'animaux en tout genre comme des gnous, zèbres, autruches, crocodiles ou encore des antilopes le tout en totale liberté. Vraiment incroyable. Nous avons fini notre périple par un détour par la carcasse de l'avion du président qui s'est crashé en pleine foret. Quand on voit l'état de l'appareil, on a du mal a croire qu'il s'en est sorti indemne.

Enfin bref, ce weekend, nous en avons vraiment pris plein les yeux.

Voilà ça sera tout pour cette fois!

Bonne semaine à tous

Thibault

Sodoké - Kara 2009 : Newsletter 4

Bonjour à tous!

Quelques nouvelles fraîches du Togo:

Nous voici maintenant dans la ville de Sokodé, la deuxième ville du Togo. L'installation des 20 ordinateurs dans le lycée moderne de Sokodé s'est très bien passée mais nous attendons toujours la ventilation et la connexion internet qui nous ont été promis.

Par contre, drôle de surprise en arrivant ici, seuls 15 élèves s'étaient inscrits aux cours de cette semaine.... C'est vraiment peu à côté des 900 de l'université de Kara... Au final nous avons tout de même pu former environ 30 élèves et 10 professeurs du lycée de Sokodé pendant ces trois jours de formation. Leur motivation n'est pas non plus la même, de nombreux élèves arrivaient avec plus d'une heure de retard sans même s'excuser. Enfin bref, les cours sont maintenant finis!!

Demain, nous allons proposer notre aide à un orphelinat de Sokodé pour donner un coup de main avant de repartir pour Lomé.

Ce weekend a été plutôt reposant, nous avons fait un tour au grand marché de Tchamba à 35 km de Sokodé. Ambiance assez singulière avec ses étalages d'épices aux senteurs d'orient juste à côté des étalages de poissons pas frais à cause de la chaleur.

Petite soirée sympa à l'élection de Miss Togo (en fait les présélections pour la région centrale). Ambiance folle avec tout le public criant pour supporter leurs favorites! L'élection se déroulait en trois étapes: défilé en pagne, puis en maillot de bain (photos interdites à notre grand désespoir) et enfin il fallait réaliser une danse traditionnelle en fonction de leur village d'origine. Bref, nous avons gagné notre soirée puisque, pour une fois c'est notre favorite (soutenue par presque tout le public) qui a remporté les élections.

Au niveau du temps, on oscille entre les jours de grand beau comme hier où il faisait une chaleur étouffante et des jours comme aujourd'hui où il pleut presque toute la journée... On en a même profité avec Baloo pour prendre une petite douche en plein air pendant l'orage d'hier soir. Assez magique!!

Voilà, nous nous apprêtons maintenant à partir pour Lomé pour profiter des quelques jours qu'il nous reste au Togo.

Ciao ciao

Thibault

Sodoké - Kara 2009 : Newsletter 5

Bonjour à tous,

Après 5 semaines de périples sur les routes Togolaises, nous revoilà en France.

Le voyage de retour s'est bien passé. Juste un petit problème durant le voyage Sokodé - Lomé à cause d'une panne de minibus. Mais après 4h d'attente, un moteur démonté sur le bord de la route et la chaîne de transmission changé, nous sommes repartis comme si de rien n'était.

En ce qui concerne l'avion, nous n'avons eu aucun problème. La loi des séries qui touche les avions en ce moment ne nous a pas touchée et nous avons pu atterrir à Paris à 13h00 (heure française) le dimanche 2 août sans problème.

Chaque membre de l'équipe est reparti dans son coin de France cher à son cœur mais nous n'oublierons pas les magnifiques paysages et la population accueillante du Togo qui ont fait de cette mission 2009 un magnifique voyage.


Ciao à tous

Damien